Bouquerot des Essarts (Jean- Baptiste), 23 octobre
Levé par ordre du 8 juillet 1667, ce régiment de cavalerie a fait sa première campagne en Franche-Comté sous les ordres de Jacques-Fran-
cois, marquis de Choiseul-Beaupré, son premier mestre de camp. Après la rapide conquête de cette province, il a été licencié le 24 mai 1668, à Texceptipn de la compagnie mestre de camp, qui figure dans la liste des 66 compagnies, qui ont servi de noyaux à autant de régiments de cavalerie mis sur pied Pe 9 août 1671 .
Il a fait la campagne de 1672 en Hollande et s'est trouvé à la prise d'Orsoy, de Rheimberg, de Doësbourg, au passage du Rhin et aux sièges de Nimègue et de Bommel. En 1673 il est employé sous Turenne à Toccupation de Pélectorat de Brandebourg. En 1674-75 il combat en Alsace et dans le pays de Bade, à Sintzheim, Einsheim, Mulhausen, Turkheim, Altenheim, Saverne et Haguenau. En 1676 on le voit au combat de Kokersberg, où lé mestre de camp a un cheval tué sous lui. Il passe le quartier d'hiver à Schlestadt et Belfort, et en 1677 il fait le siège de Fribourg, hiverne en Lorraine et contribue en 1678 à la .défaite du prince Charles, à la prise de Kelh et du château de Lichtemberg. Il campe sur la Sarre en 1679. Le régiment de Villars, qui est devenu plus tard Aquitaine-Cavalerie, a été incorporé dans ses rangs de 1679 à 1784.
Choiseul-Beaupré, après avoir passé Tannée 1681 au camp de la basse Alsace et Tannée i683 au camp de la Saône, devint le 1 8 février 1 684 la propriété de Philippe d'Orléans, duc de Chartres,
Centi. 385
plus tard Régent du royaume. Ce changement le fit monter au 1 5® rang parmi les régiments de cavalerie.
Sous le titre de Chartres, il a fait toutes les campagnes pendant lesquelles son chef a servi ; avec le premier duc de Chartres, il a fait partie de Tarmée de Flandre pendant Is^guerre de 1688 et s^est trouvé en 1690 à la bataille de Fleurus, où fut tué le mestre de camp-lieutenant de Fontangeî, frère de la belle Fontanges, en 1692 au siège de Namur et à la bataille de Steenkerque, où le duc reçut une légère blessure, à la victoire de Neerwinden et au siège de Charleroi.
En 1701, à la mort du duc d'Orléans, frère de Louis XIV, son fils lui succédant dans la propriété des régiments d'Orléans, celui-ci échut au deuxième ^uc de Chartres, Louis d'Orléans. Il a servi en Flandre pendant les deux premières campagnes delà guerre de 1701, et a rallié Tarmée du Rhin au milieu de lyoS. En 1706 il est envoyé à l'armée d'Italie, partage les disgrâces de cette armée en 1706, fait la campagne de 1707 dans les Alpes, . revient en Flandre en 1 708 et sert sur cette frontière jusqu'à la revanche de 1712a Denain. Après cette victoire, il contribue à la reprise de Douai et du Quesnoy, et, passé en 1713 sur le Rhin, il assiste aux sièges de Landau et de Fribourg. Les restes du régiment de Simiane sont versés dans Chartres le i5 août 17 14.
En 1719, il était à Tannée d'Espagne et à la réduction de Fontarabie et de Saint-Sébastien.
A la mort du régent, son fils ayant monté au régiment d'Orléans, celui qu'il quittait fut donné le 5 >anvier 1724 à Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont. Il prit alors le titre de Clermont-prince, et recula au 22® rang et plus tard au 23®. Il reçut en 1730 le versement de 2 compagnies du régiment de Gossé.
Sous le titre de Glermont-prince, il a servi en 1733 à l'occupation de la Lorraine et sur le Rhin pendant la guerre de la succession de Pologne. Il s'est trouvé au siège de Philisbourg, et aux combats d'Ettlingen et de Klausen. A la paix, il eut ses quartiers à Limoges.
A l'ouverture de la guerre de 1741, il occupe les places de la Flandre,, marche sur le Rhin aprèâ les désastres de la Bohême, et rentre en France. Parti de Sedan le 17 avril 1743 pour rallier l'armée du maréchal de Noailles, il subit le sort de cette armée à Dettingen. Il retourne en Flandre , se rétablit à Douai et Saint-Omer et sert en 1 744 aux sièges de Menin, d'Ypres et de Furnes, achève la campagne en Alsace et passe l'hiver suivant au camp de Courtrai. En 1743, il est à la bataille de Fontenoy, à la prise de Tournai, d'Audenarde, de Termonde et d'Ath.
En 1746, après avoir hiverné à Bar-sur- Aube, il rallie l'armée et prend part aux sièges de la cita-
Conti, 387 '
délie d'Anvers^ de Mons, de Charleroi, de Na-^ mur, et à la bataille de Raucoux. En 1747 il est à Lawfeld, et en 1748 au siège de Maëstricht. Les hostilités ayant cessé, il est envoyé à Abbeville. En 1749 il séjourne successivement à Rouen et Neufchâtel, à Condé et au Quesnoy, passe en 1760 à Pont-à-Mousson, en 1752 à Stenai, en 1753 au camp de Sarrelouis et à Beauvais, en 1755 à Stenai, en 1756 à Chaumont, en 1767 à Maubeuge et Avesnes, d'où il part le 2 1 avril pour l'armée. Il suit les maréchaux d'Estrées et de Richelieu dans le Hanovre, et se trouve ainsi à Haastembeck, et après la retraite en 1 758 à Créfeld. C'était son chef, le comte de Clermont, qui avait le commandement supérieur de l'armée à Créfeld, Il fut surpris et battu, et comme il était abbé de Saint-Germain des Prés, et que les Français se consolent de leurs disgrâces avec des chansons, on fit sur lui le quatrain suivant :
Moitié plumet, moitié rabat, Tout aussi propre à l'un qu'à Tautre, Clermont se bat comme un apôtre.
Et sert son Dieu comme il se bat.
Malice à part, le comte de Clermont était un abbé et un général comme il y en avait tant d'autres au XVIII® siècle, mais il était très-brave de sa personne, et le dilettantisme français n'a pas le droit
de se plaindre, car il n^ estime que le brillant de la bravoure, et ne fait qu'un médiocre cas de ce que nou3 appellerons le reste.
Le régiment, après un court séjour en France, n'en reparut pas moins en 1768 en Allemagne. Il se trouva en 1769 à la bataille de Minden, et cette fois il fut fait presque en entier prisonnier. Il n'en réchappa que 17 officiers, 167 hommes et 1 1 5 chevaux qui furent rassemblés à Metz, et allèrent passer l'hiver à Dijon pour se refaire. En 1 760 ce régiment est aux combats de Corbach et de Warbourg, où il formait brigade avec le régiment du Roi -cavalerie. Rentré en France en février 1761, il acheva la campagne sur les côtes.
A la paix, Clermont-prince vint tenir garnison à Metz, où il fut réorganisé le 23 mars 1763. Il est allé depuis à Saint-Lô en 1 764, à Joinville en 1765, à Saint-Omer en 1766, à Béthune en 1767, à Saintes en 1769 et à Limoges en 1770. II prit là, le 25 juin, à la mort du comte de Glermont, le titre de La Marche-prince^ du nom de son nouveau propriétaire, Louis- François- Joseph de Bourbon-Conti, comte de La Marche, titrequ'il échangea le 12 septembre 1776 pour celui de Conti, quand son chef devint prince de Conti par la mort de son père.
En quittant Limoges, La Marche se rendit en novembre 1771 à Metz, en 1772 à Salins et en
'ili. 391
iTicile, et ils servaient et cnce. Il y a là un côté histoire militaire, dont e autre époqucj et sur liions de tous ceux qui
igons fit partie en 1792 . et se distingua à Taf- >uite les campagnes de : et 1793, et passa à la Rhin. Attaché en 1795.
■selle, il se signala au au combat de Mosack avalerie ennemie jusn 1798, il est à Carannées suivantes en gallo-batave. A la Saint-Domingue, et
dans Beauffremont-dragons. Il y était nommé cornette la même année, lieutenant en 1747, capitaine en 1761, et major en 1769. Il obtenait le rang de lieutenant-colonel en 1774. Ses services lui avaient valu la croix de Saint-Louis dès Pannée 1760. Il avait combattu à Prague, à Lintz, à Dettingen, à Fontenoy, Raucoux et Lawfeld, et avait fait trois campagnes en Hesse, où il s'était fait remarquer par de nombreux exploits dans la guerre de partisans autour de Dusseldorf. En 1761, à la tête de 40 chevaux, il franchit le parapet d'une redoute gardée par 80 honrmies d'infanterie. Son cheval est tué sur le parapet même. Cette action audacieuse terrifia à tel point les défenseurs de la redoute qu'ils l'abandonnèrent. Ce fait d'armes, qui fit beaucoup de bruit en son temps, s'est passé à Beverhougen, sur la rive gauche du Wéser, que Migot avait dû d'abord franchir à la nage.
Nous n'avons point le désir de faire la guerre à la grande noblesse. Elle a montré dans tous les temps combien elle était vaillante ; mais elle avait, depuis que les ministres de la guerre ne s'appelaient plus Richelieu ou Louvois, un grand défaut : elle n'avait rien à faire pour arriver, elle atteignait le but de l'ambition de tout militaire avant d'être partie ; ses membres étaient colonels à vingt ans et quelquefois plus tôt. Les fils de la noblesse campagnarde et de la bourgeoisie savaient que la
Conti. 391
route serait pour eux difficile, et ils servaient et travaillaient en conséquence. Il y a là un côté philosophique de notre histoire militaire, dont rétude m'eût tenté à une autre époque-, et sur lequel j'appelle les méditations de tous ceux qui s'intéressent à l'armée.
Le 4® régiment de dragons fit partie en 1792 de l'armée des Ardennes, et se distingua à l'affaire de Fontoy. Il fit ensuite les campagnes de l'armée du Nord en 1792 et 1793, et passa à la fin de 1793 à l'armée du Rhin. Attaché en 1795. à l'armée de Rhin et Moselle, il se signala au deuxième passage du Rhin, au combat de Mosack et dans la poursuite de la cavalerie ennemie jusqu'aux portes de Munich. En 1798, il est à l'armée de l'Ouest, et les deux années suivantes en Hollande avec l'armée dite gallo-batave. A la paix, il avait un escadron à Saint-Domingue, et le reste du corps occupait Amiens et Abbeville. Il fut en 1804 appelé au camp de Boulogne; il était destiné à être embarqué sur la flottille. En i8o5, il fait partie de la grande armée, prend part aux campagnes d'Autriche, de Prusse et de Pologne; de 1808 à 18 12 il sert en Espagne et en Portugal, se signale à la bataille de Talaveyra, devant Lisbonne et à Alméida. En 181 3, il retourne en Allemagne au 3^ corps de cavalerie de la grande armée et combat à Leipzig. Il fait la campagne de France au 6® corps de cavalerie, et
celle de Belgique à la 6* division de réserve de cavalerie.
Il avait pris, le i®' juillet 18 14 à Moulins, le n° 2 desr régiments de dragons et le titre de la Reine. Il reprend en 1 8 1 5 le n<* 4, et, licencié après Waterloo, il a versé son fond dans le 6* chasseurs de la Charente, qui est devenu en i83i le i®*" régiment de Parme.
Les étendards de ce régiment, au temps où il se nommait Clermont-prince, étaient rouges. Ils portaient d'un côté le soleil et la devise du roi, et quatre iBieurs de lys aux coins, et au re^^rs une campagne et un petit soleil avec ces mots : Spes altéra mertis, le tout brodé et frangé d'or.