‹ Histoire de la cavalerie françaiseChapitre 66 sur 68 · Baron Sourd (Jean-Baptiste- Joseph), 9 octobre · texte numérisé non relu

Baron Sourd (Jean-Baptiste- Joseph), 9 octobre

Ce régiment, qui n'est devenu dragons que le 25 mars 1776 comme le précédent, a été levé sous le nom d'Enghien, le 17 janvier 1649, P^^^ Henri-Jules de Bourbon, fils du grand Condé. Il a suivi pendant la Fronde toutes les vicissitudes des régiments de sa maison, c'est-à-dire qu'il a été rayé des contrôles de Tarmée royale le 20 janvier i65o, rétabli le 26 février i65i, rayé de nouveau le i3 septembre suivant, et réintégré enfin le 7 novembre 1659, après avoir combattu

Bourbon. 3jj

pendant huit ans dans les rangs des ennemis de la France.

Après la paix des Pyrénées, il a suivi le sort commun et il a été réduit à une compagnie le 12 avril i66t. Il était alors en garnison dans diverses places de la Picardie.

Rétabli le 7 décembre 166 5, il a passé Tannée 1666 au camp de Gompiègne, a fait en 1667 la campagne de Flandre et les sièges de Tournai^ de Douai et de Lille. Au commencement de 1 668 il est à la conquête de la Franche-Comté. Réduit encore à i compagnie le 24 mai, il va prendre possession de Marsal et est employé en 1669 et 1 670 à l'occupation de la Lorraine. Il fait partie des 66 escadrons dressés par le marquis de Fourilles, et le 9 août 167 1 il est définitivement constitué sur le pied de régiment.

A Touverture de la guerre de Hollande, il marche avec le corps commandé par le prince de Condé ; il assiste à la prise d'Orsoy et d'Émerick, et au passage du Rhin. Il reste dans les Pays- Bas pendant toute Tannée 1673. En 1674 il marche à la seconde conquête de la Franche- Comté, sert aux sièges de Besançon et de Dole, retourne en Flandre et combat à Sénefif sous les ordres de son chef le duc d'Enghien qui y est blessé à la jambe. En 1675, après la prise de Limbourg, il va achever la campagne sur la frontière d'Allemagne. En 1676, il est avec le duc

d'Orléans à la prise de Condé, de Bouchain et d'Aire. En 1677, à Tarmée du roi, il sert aux sièges de Valenciennes et de Cambrai, et se trouve plus tard au combat de Kokersberg. En 1678, il fait le siège de Gand, repasse comme Tannée précédente en Allemagne et se trouve à l'attaque d'Orteberg.

En 1684 il couvre les opérations du siège de Luxembourg, et, le 11 décembre 1686, il prend le nom de Bourbon, en devenant la propriété de Louis-Henri, duc de Bourbon. Il a conservé ce nom sous tous les princes qui se sont succédé à sa tête, Louis*-Henri, duc de Bourbon le ï5 septembre

1709, Charles, comte de Charolais le 21 mars

17 10, et Louis-Joseph-Henri, duc de Bourbon en

Pendant la guerre de 1688, Bourbon a servi sur le Rhin. Il était cette année aux sièges de Philisbourg, de Mannheim et de Frankenthal. Il était en Flandre en 1692. Le comte de La Chapelle, en chargeant au combat du 12 juin devant Namur, reçut un coup de feu dont il mourut. Il se trouve en 1693 à la prise et à la bataille de Neerwinden, et il achève la guerre sur cette frontière. Pendant la guerre de la succession d'Espagne, Bourbon a servi en Italie et dans le Tyrol, de 170 1 à 1706. Il a fait dans le Dauphiné la [ campagne de 1707, celles de 1708, 1709 et 17 13

f sur le Rhin, et celles de 1 709 à 1 7 1 2 en Flandre.

Bourbon, 379

En 1727 il étah au camp de la Meuse, il y était encore en 1730, et en 1733 il fait partie de Tarmée du Rhin, avec laquelle il assiste aux sièges de Kelh et de Phîlisbourg. Il eut ensuite ses quartiers à Évreux.

En 1741, il passe en Westphalie, prend ses quartiers d'hiver à Paderborn, marche en août 1 742 vers la frontière de Bohême, se trouve aux affaires d'EUenbogen, Caaden, Braunau, Egra et Schmidmulh et passe Thiver à Frontenhausen en Bavière. Rentré en France en juillet 1743, il défend TAlsace à Rheinweiler, à Weissembourg et aux lignes de la Lauter. Appelé en juin 1 745 à Parmée de Flandre, il séjourne d'abord au camp de Maubeuge, puis au camp de Ghièvres, et il termine cette campagne au siège d'Ath. En 1746, il est à l'occupation de Bruxelles et à la bataille de Raucoux ; Tannée suivante on le voit à la bataille de Lawfeld et au siège de Berg-op-Zoom, et en 1748 au siège de Maëstricht. Il occupe cette année Stenai et Mouzon, puis Gray, en 1751 Vervins. En 1754 Bourbon est au camp de Gray: après la levée du camp il va à Stenai , puis à Longwy en 1757 et la même année il joint à Neuss Tarmée du Hanovre, avec laquelle il combat à Haastembeck et Rosbach. Ruiné par ces deux batailles, il rentre en France en janvier 1767. Revenu en Allemagne en 1759, il combat à Sundershausem où le lieutenant Houchard, le

38o Histoire de la .Cavalerie.

futur vainqueur d'Hondschotte, reçoit trois coups de sabre à la tête. Il combat encore cette année à Minden et à Gassel et en 1760 à Corbach, à Warbourg et à Clostercamp. A sa rentrée en France, il occuprf d'abord la garnison de Metz où il fut réorganisé le 22 mars 1763.

Il est allé depuis à Stenai en 1763, à Nîmes en 1764, au Puy en 1765, à Alby en 1766 et à Besançon en 1767. Pendant le séjour du régiment à Besançon, une partie de ses escadrons fiit détachée en Corse et contribua à la pacification de cette île. C'est dans un combat livré en 1 770 que le lieutenant Houchard reçut un coup de feu qui lui fracassa la mâchoire et lui laissa Pétonnant visage que l'on connaît. Pendant cette expédition, le dépôt du corps occupa Lons-le-Saulnier en 1 769 et Schlestadt en 1770. Le régiment fut réuni à Neufbrisach en 1 77 1 . Il est allé depuis à Charleville en 1772, à Gray en 1773 et à Besançon en 1775.

C'est à Besançon qu'il est devenu le 12® régiment de dragons et qu'il a été augmenté d'un escadron par l'incorporation du 4® escadron de chasseurs de la légion de Lorraine.

En quittant Besançon, Bourbon-dragons s'est rendu en 1776 à Gray et ensuite au Puy, en 1777 à Joinville, en 1778 à Besançon, en 1780 à Vesoul et à Metz, en 178 1 à Guingamp et Lanaballe, en 1782 à Evreux et à Charleville, et en 1 788 à Ardres, et au camp de Saint-Omer.

Bourbon. 38 i

Devenu le 3® régiment de dragons en 1791, il a fait partie de Tarmée du Nord, a contribué à la conquête de la Belgique, et a fait partie de la garnison de Bruxelles. Il a continué de servir à Tarmée du Nord jusqu'en 1795, se distingua au combat de Sprimont le 18 décembre 1794, et fit les glorieuses campagnes d'Italie, d'Helvétie et d'Orient de 1796 à iSoi. Il était à la bataille d'Aboukir et à celle d'Alexandrie. Le colonel Fiteau avait été blessé d'un coup de feu au bras quelques jours avant cette dernière affaire.

A son retour d'Egypte en janvier 1 801, le régiment rallia son dépôt à Tarascon, occupa en 1802 les quartiers d'Avignon et de Marseille, et en i8o3 et 1804 ceux de Versailles et Chantilly. Il était attaché â la première division de réserve de cavalerie de l'armée d'Angleterre. Il a fait avec la grande armée les campagnes d'Autriche, de Prusse et de Pologne. Les 2 premières pièces de canon prises à Friedland furent enlevées par l'escadron du capitaine Barbut. Attaché à la fin de 1807 au corps d'observation de la Gironde, le régiment servit en Portugal en 1808, en Espagne en 1809 et 18 10, en Portugal en 181 1. Il était à Badajoz, quand le décret du 18 juin de cette année le transforma en régiment de chevaulégers lanciers avec le numéro 2 de cette nouvelle arme.

Il a quitté la Péninsule pour venir se cons-

tituer en France et rejoignit la grande armée, avec laquelle il a fait les campagnes de Russie, d'Allemagne et de France. Le procès-verbal de réorganisation du régiment en lanciers est du 4 février 1812. Le 5 mai 18 14, le 2® chevaulégers, devenu régiment des lanciers de la Reine, reçut rincorporation des débris du 7® qui était polonais. Le 7® avait lui-même recule i®' janvier précédent les débris du 8® régiment, également polonais ; ils provenaient tous les deux de Tancienne légion de la Vistule.

Le régiment a fait la campagne de 181 5 et s'est distingué à Waterloo aux cotés du i«' régiment de chevau-légers. Licencié après ce fait d'armes, il a versé ses débris dans le nouveau 12® de chasseurs, formé sous le titre de chasseurs de la Marne, devenu en 1 83 1 le 7® chasseurs actuel.

Bourbon avait eu des éttadards bleus, avec le soleil et la devise du roi et quatre fleurs de lys dans les coins, brodés et frangés d'or.

Page 1