De Lacroix (Jean-Guillaume), i3 mai i8fî
Ce régiment, depuis son institution, a toujours occupé le 3® rang.
Il a été formé par le marquis à^Esclainvilliers, qui en reçut commission le i5 octobre 1645, avec trois compagnies anciennes et trois compagnies nouvelles. Il porta d'abord le nom de son mestre de camp.
Dès Tannée 1646, il sert à Tarmée de Flandre au siège de Courtrai, et il suit le maréchal de Gramont dans sa marche sur Anvers. En 1647, il est au secours de Landrecies, à la prise de Dixmude, de la Knoque, de Nieudam, de T Écluse et de Lens; en 1648, au siège dTpres et à la bataille de Lens. Il met en déroute la cavalerie lorraine les 10 et 23 juin 1649, ^^^^ ^^ ^iége de Cambrai et contribue à la prise de Condé et de Maubeuge. En i65o, il marche au secours de Guise*, il se signale au siège et à la bataille de
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Rethel. Employé en Flandre en i65 1 , il se trouve au combat de cavalerie livré entre Cambrai et Douai, et au secours>de Dunkerque et de Vervins. En i652, il est au combat d'Étampes et à celui du faubourg Saint-Antoine. Il charge dans la rue de ce nom, franchit les barricades, se trouve enveloppé et se dégage. Après la défaite des-rebelles, il va finir la campagne en Lorraine. En i653, il assiste au siège de Bellegarde en Bourgogne, puis à ceux dolllethel, de Mouzon et de Sàinte-Ménehould en Champagne.
Un brevet du 25 mai 1654 établit le marquis d'Esclainvilliers commissaire général de la cavalerie, à titre provisoire et sans préjudice de Tavenir. Le régiment se trouve cette année au siège de Stenay, à Tattaque des retranchements d'Arras et à la prise du Quesnoy. Il est en i655 au siège de Landrecies. Dans un fourrage, le i®*" juillet, il défait quatre escadrons croates et leur enlève 80 prisonniers •, dans un autre combat, le 5 juillet, il met en déroute 800 chevaux et ramène 200 prisonniers. Il achève cette campagne aux sièges de Condé et de Saint-Ghislain , et le marquis d'Esclainvilliers devient commissaire général définitif par brevet d'avril i656 érigeant cette charge en office de la couronne oomme celles du colonel général et du mestre de camp général. D'Esclainvilliers mourut en décembre, perdu de débauche, de pin et de femmes, prétend Bussy-Rabutin, et
il fut remplacé le 7 février 1657 par La Cardonnière, une créature du cardinal Maiaritt, toujours d'après le même témoignage. Il ne faisait pas bon dans ce temps-là plus qu'aujourd'hui se trouver sur le chemin de certains ambitieux 'atrabilaires. Le fait est que d'Esclainvilliers avait perdu une jambe au service de son pays et n'en montait pas moins à cheval, et que La Cardonnière était un excellent officier de fortune, qui était à ce moment mestre de camp lieutenant durégiment -de cavalerie de Son Éminence, et qui commandait en chef la cavalerie de l'armée employée en Italie.
Il n'y eut donc pas ici changement de régiment en même temps que de titulaire de la charge. La Cardonnière n'avait pas un régiment dont il fût le propriétaire. Mazarin paya probablement le régiment d'Esclainvilliers aux héritiers du défunt Q jant au régiment de Son Eminence, il fut donné au comte de La Feuillade, et il continua de servir en Italie, sans changer le titre sous lequel il était connu.
Commissaire général a fait les campagnes de i656 et 1657 en Flandre et Champagne. On le trouve aux sièges de Condé et de Saint-Ghislain, à ceux de Montmédy et de Saint- Venant, au secours d'Ardrcs et à la reprise de Mardyck. En i658, il est à la bataille des Dunes, et il contribue à la conquête de Dunkerque, Bergues, Fumes, Audenarde, Menin etYpres.
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Commissaire général subit comme les autres les vicissitudes par lesquelles passèrent les corps de la cavalerie depuis la paix des Pyrénées jusqu'à la guerre de Hollande.
Rétabli momentanément le 5 décembre i665, il prit part en 1667 à la conquête de Bergues, Fumes, Armentières, Courtrai et Audenarde.
Rétabli définitivement au 3® rang et sur le pied de six compagnies le 4 février 1672, on le voit cette année à la prise de Wesel et d'Emerick, au passage du Rhin, à la reddition d'Arnheim, Nimègue et Crèvecœur. En 1673, il fait le siège de Maëstricht. En 1674, il participe à la conquête de la Franche-Comté et combat à Séneff avec le prince de Condé. En 1675, il est à la prise de Dinant et de Limbourg et au combat de Consaarbriick. On le voit en 1676 aux sièges de Condé et de Bouchain, à la prise du château de Bouillon et à la levée du siège de Deux-Ponts. En 1677, il fait le siège de Valenciennes et se distingue à Cassel. Il y culbute Taile gauche de l'ennemi. Il se trouve encore cette année au secours de Charleroi et à la prise de Saint-Ghislain. Il commence la campagne de 1678 en Flandre, à la prise de Gand et d^Ypres, et la termine en Allemagne aux combats de Rheinfeld et d'Ortenberg.
En 1684, il est au siège de Luxembourg, et en i685 au camp de la Saône. Il fait la campagne de 1688. en Flandre, les trois suivantes sur la II. 2.
3o Histoire de la Cavalerie.
Moselle. Revenu en Flandre en 1693, il prend part à la bataille de Neerwinden et au siège de Charleroi. Il passe les années 1694 et 1695 sur la Meuse et la Moselle, revient en Flandre en 1696 et achève la guerre en 1697 sur la Meuse. Il avait alors pour chef celui qui fut le maréchal de Villars, et qui avait payé 5 0,000 écus en 1688 la charge de commissaire général.
Le régiment part pour l'Italie en 1701 et se trouve la même année au combat de Ghiarî. Il est à la^ bataille de Luzzara en 1702, à la défaite du général Visconti en 1708, aux sièges de Verceil, dlvrée et de Verrue en 1704, à la bataille de Cassano en 1 705 et à celles de Calcinato, de Castiglione et de Turin en 1706. II fait la campagne de 1707 en Savoie et sur le Rhin, celle de 1708 en Flandre, et assiste successivement aux deux désastres d'Audenarde et de Malplaquet.
En 1712, il aide Villars à prendre sa revanche à Denain, et il assiste à la capitulation de Douai^ du Quesnoy et de Bouchain. II achève cette guerre en 171 3 devant Landau.
Son cinquième mestre de camp, le comte de Verrue, un piémontais, s'était fait tuer en 1 704 à la bataille d'Hochstedt, où il servait comme officier général.
Commissaire général a fait la courte campagne de 1 7 1 9 en Espagne.
Dans la guerre de 1733, le régiment servit sur
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le Rhin, et prit part au siège de Kelh, à Pattaque des lignes d'Ettlingen et à la réduction de Philisbourg et de Worms. A la paix, il tint garnison à Landrecies^puis^ à Thionville.
Dans la gu^Rfe de la succession d'Autriche, il fait partie de l'armée de la Meuse, sous le maréchal de Maillebois. Il se rend en Westphalie à la fin de 1741, passe la campagne de 1742 en Bavière, au camp de Nieder Altach, contribue à la levée du siège de Braunau, protège la retraite de. Farmée de Bohême, et rentre en France en juillet 1743. Après avoir achevé cette campagne et hiverné dans la basse Alsace, il fut envoyé en 1 744 à Parmée d'Italie, sous les ordres du prince de Conti. Il franchit le Var le i®^ avril, et se trouva à la reddition des châteaux d'Aspremont, d'Utelle, de Nice, de Castelnuovo, de Lescarena, de Peglio, de Castillon et de la Turbie •, aux combats de Villefranche et de la vallée de la Stura; au siège et à la bataille de Coni. Il revint en 1746 sur le Rhin, passa en 1746 à l'armée de Flandre, où il contribua à la prise de Mons et de Charjeroi, et au gain de- la bataille de Raucoux. En 1747, on l'envoya au camp de Valence, réuni pour la protecrion de la Provence. Apre» la levée de ce camp^ il fut mis en garnison aai Puy , où il demeura jusqu'à la paix. A la fin de 1749, il se rendit à Verdun, puis à Charmes en 1762, à Gharleville et Mézières la même année, à Chau-
3n Histoire de la Cavalerie.
mont en i753, à Lille en 1755, à Maubeuge, puis à Bitche en lySy.
Commissaire général a fait les cinq premières campagnes de la guerre de Sept ans en Allemagne. Il combattit bravement en 1760 à Corbach et à Warbourg. Il était presque détruit , et on l'envoya achever la guerre à la défense des côtes de la Manche.
On versa dans ses compagnies ruinées celles du régiment de Beauvilliers réformé. Cette réorganisation a été effectuée le i®' avril 1763 à Saint-Lô.
On lé trouve depuis cette époque en garnison à Sens en 1762, à Caen en 1763, à Hesdin en 1764, à Falaise en 1766, à Strasbourg en 1768, à Argentan en 1769, à Laon en 1770, à Guise et Soissonsen i77i,à Verdun en 1772, à Limoges en 1774, à Condom en 1775, à Haguenau en 1776, à Fougères en 1778, à Metz en 1779, à Falaise et Argentan en 1780, à Valenciennes en 1 78 1 , à Sedan en 1 783, à Bayeux en 1 784, à Abbeville en 1785. Il se rend en 1788 au camp de Saint-Omer, puis à Abbeville et Mantes en 1 789, à Falaise, puis à Maubeuge en 1790 et à Douai en 1792.
Appelé cette année, sous le titre de 3® régiment de cavalerie, à Tarmée du Nord, il prit une part brillante à la victoire de Jemmapes, et alla occuper Anvers où il passa Thiver.
Il a fait encore les campagnes de 1793 et 1794
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à Tarmée du Nord, celle de 1 796 à Tarmée de Sambre-et-Meuse, celles de 1 796 à 1 799 aux armées de Rhin et Moselle, de Mayence, d'Allemagne et d'Hetvétie. A partir de Tannée 1799, il est resté en Italie jusqu'à la paix d'Amiens, en garnison à Asti et Pignerol. En 1802, il vint à Lyon, fut rétabli à son effectif normal par l'incorporation du 2® escadron du 2 5^ de cavalerie, et se rendit en 1804 à Saint-Germain.
Devenu 3® régiment de cuirassiers, il a fait la campagne de i8o5 au corps de réserve de cavalerie, les trois suivantes aux i«' et 4® corps de réserve, celles de 1809 et 1810 à l'armée du Rhin, celles de 181 1 et 18 12 au corps d'observation de l'Elbe et en Russie. Après la retraite de Russie il a fait partie du i®' corps de cavalerie à Hambourg, et, à sa rentrée en France en 18 14, il fut établi à Sarreguemines et prit le titre du Dauphin.
Appelé pendant les Cent-jours à la 2® division de cavalerie de l'armée du Nord, il termina sa carrière à Waterloo. Son dernier colonel , Lacroix, fut mortellement blessé en menant une dernière et furieuse charge.
Les débris du régiment ont été licenciés sur la Loire, et le fond a été versé, au commencement de 18 16, dans le 6® cuirassiers de nouvelle formation, connu d'abord sous le titre de Condé, ou de Colonel général des cuirassiers et des dragons.
Ce nouveau 6® de cuirassiers reçut aussi le fond de l'ancien 9®, ex-régiment d'Artois.
Commissaire général avait eu 8 étendards : un bleu, semé de fleurs de lys d'or porté par la compagnie du chef titulaire, et sept rouges ornés d'un côté du soleil avec la devise royale, et de l'autre par la figure 'd'une écrevisse sur terre avec ces mots : Rétrocédera nescity le tout brodé et frangé d'or.
Sa tenue avait d'abord été celle-ci : habit, manteau et doublure gris blanc, parements et revers de panne noire, boutons de cuivre, chapeau bordé d'or, équipage rouge bordé d'un galon cramoisi et orné d'une fleur de lys blanche encadrée dans un large ovale blanc. En 1763, il prit l'habit bleu, avec revers et parements noirs, la doublure chamois, avec boutonnières et galon de chapeau aurores.