Baron de La Biffe (Louis), 17 mars
30. De Lacroix (Jean-Guillaume), 28 septembre 1814. 3i. Grandjéan (N.), avril 181 5.
.Ce régîment est le premier des douze que le cardinal de Richelieu organisa le i6 mai i635. Il voulut en être le chef et il lui imposa le titre de Cardinal-duc. Il le composa avec de vieilles compagnies de gendarmes et de chevau-légers, et mit à sa tète le vicomte de Montbas, qui le conduisit immédiatement à Tarmée de Picardie, et plus tard en Lorraine, où il prit part au combat de Vaudrevange. Réduit en compagnies séparées le 3o juillet i636, celles-ci sont employées au siège de Corbie, et en 1637 à la prise de Landrecies^ Maubeuge et la Capelle;
Rétabli le 24 janvier i638, le régiment n'a plus eu d^intertuption dans son existence, jusqu'à la fin de i8i5.
On trouve cette année Cardinal-duc àAbrmée de Flandre, au siège de Saint-Omer et au combat de Polinkove le 8 juin, où le major, lîe MaroUes fut blessé ; le vicomte de Montbas y fut atteint au bras et au visage, et eut trois chevaux tués sous lui. En 1639, le régiment est à la prise de Lillers et d'Hesdin, et à Tattaque de trois postes retranchés entre Aire et Saint- Venant; il y arrête TefiFort de Tennemi qui voulait aller secourir un corps de Croates attaqué sous ses yeux, et donne le temps aux troupes françaises d'achever leur oeuvre. En 1640, momentanément sous les ordres du capitaine Louis de Sailly de La Mothe Saint-Cyr, en l'absence de Montbas, il est em-
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ployé au siège d'Arras, et soutient [un combat près de Bapaume le 19 Juillet.
Pendant cette absence de Montbas, des querelles, qui menaçaient de mal tourner, surgirent entre les capitaines du régiment pour le rang des compagnies. Les choses furent réglées par' cette lettre du roi.
« Monsieur le vicomte de Montbas, ayant eu « avis qu'il y a quelque difficulté entre les capi- « taines du régiment de cavalerie de mon cousin « le cardinal de Richelieu pour leur rang, même w pour celui de la compagnie du sieur de Fabert « (c'est rillustre messin, non gentj^omme, et de- « venu malgré cela maréchal de France), à la- ^* quA^^^ ^^ ^^^^ donner rang que du jour « qu'elle est entrée audit régiment. Je vous fais « cetter^jftttre pour vous dire que mon intention « est que chaque compagnie dudit régiment mar- « che selon l'ancienneté de la commission du ca- « pitaine, et non du temps qu'elle a été incorpo- « rée au régiment. Et la présente n'étant pour « autre fin, je prie Dieu qu'il vous ait, monsieur « le vicomte de Montbas, en sa sainte garde.
« Fait à Amiens, le 11 juillet 1640.
« Louis. »
Sublet,
Cardinal-dac fait en 1641 les sièges d'Aire, de la Bassée et de Bapaume. En 1642, il est à Tarmée de Flandre et à la bataille de Honnecourt^ sous le comte d'Harcourt. Richelieu meurt le 4 décembre, et lègue par testament son régiment au roi, qui n'en jouit guère, étant mort lui-même le 14 mai 1643.
Le régiment de cavalerie Cardinal-duc fut mis^ le i^^ août 1643, sous le titre de régiment Royal, qu'il a porté pendant 167 ans. Son dernier exploit sous son ancien nom fut à Rocroi. Il perça deux fois un bataillon de 3,ooo Espagnols. Le mestre de camp de Montbas y fut blessé, pris et délivré par se» soldats dans la seconde charge. Le régiment assista encore cette année à la prise ou aux affaires d'Émery, Barlemont, Maobeuge, Binch, Thionville et Sierck.
Royal est en 1644 au siège de Gravefines; en 1645, à ceux de Bourbourg et de Menin; en Ï646, à la conquête de Gourïrai, Bergues, Mardyck, Furnes et Dunkerque; en 1647, ^^^ défaîte des Lorrains et à la prise de Lens et de la Bassée, et en 1648 au siège de Fumes.
Appelé à participer au blocus de Paris dans les commencements de la Fronde, il retourne au printemps de 1 649 en Picardie, et contribue à la défaite infligée au duc de Lorraine près de Valenciennes , puis aux sièges de Cambrai, Condé et JVlaubeuge. On le rencontre ensuite à la bataille
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deRethelen i65o, à celle du faubourg Saint- Antoine en i652, et en r653 en garnison à Melun. Le vicomte de Montbas était mort en 1 652, et on ne sut pas lui trouver immédiatement un successeur. Le régiment resta pendant cet intérim sous les ordres de M. de Camférand, mestre de camplieutenant d'un autre régiment appartenant au roi, et il servit avec lui en Champagne.
Royal était à Soissons quand son nouveau mestre de camp-lieutenant, le marquis de Montpezat, vint en prendre possession le i3 janvier 1654. Il fut autorisé à le céder immédiatement à son fils, qui le conduisit à Tarmée de Flandre, où il prit part à l'attaque des lignes tfArras et à la prise du Quesnoy. On le voit en i.655 aux sièges de Landrecies et de Saint-Ghislain, et à la surprise du château de Brifeuil. Il était à cette date fort de i5 compagnies.
En i656^ après avoir contribué à faire lever le siège de Valenciennes, il partit pour le Nivernais où des troubles graves menaçaient de finir en révolte ouverte. La paix assurée de ce côté, il fut dirigé, par les mêmes motifs, sur la basse Normandie. Il y passa l'hiver et retourna ensuite à Tannée de Flandre. Le roi Louis XIV vit, pour la première fois, son régiment de cavalerie à La Fère,le u juin 1667. Royal prit, en i65g, une part brillante à la victoire remportée aux Dunes sur les Espagnols, et il fut ensuite mis en quar-
tiers dans le Boulonnais, où il demeura Jusqu'à Tannée 1666. Appelé cette année au camp de Gompiègne, il partit de là en 1667 pour la conquête de la Flandre, sous les ordres d'un nouveau chef, le prince de Marsillac, de la maison de La Rochefoucauld, et fils de l'auteur des Maximes. Après avoir passé l'hiver à Audenarde, Royal partit pour la Franche-Comté, qui fut conquise en quelques semaines.
Le roi avait rendu, 22 octobre 1664, une ordonnance portant que lorsque les compagnies du régiment Royal de cavalerie escadronneront avec d'autres compagnies de chevau-légers, elles auront la droite, à l'exception toutefois de celles du Colonel général , du Mestre de camp général et du Commissaire général de la cavalerie légère, auxquelles seules elles céderont le rang.-
On se souvient qu'en 1664, il n'existait plus que 4 régiments sur pied, et que le reste de la cavalerie était en compagnies franches, notamment les compagnies des officiers généraux de l'étatmajor. L'esprit de cette ordonnance a été maintenu dans la suite, et a déterminé le rang hiérarchique des corps de troupes à cheval.
Royal sert avec Turenne dès le début de la guerre de Hollande •, il l'accompagne ensuite dans le Brandebourg, en Alsace et dans le pays de Bade. Le mestre de camp de Chenoise a été tué en 1675 au combat d'Altenheim.
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En 1676, le régiment est à Tarmée de Flandre : il contribue à la prise de Bouchain, de Condé, d^Aire, et marche au secours de Maè'stricht. En 1677, il est devant Valenciennes et Cambrai, et combat à Cassel. Il commence la campagne de 1678 aux sièges de Gand et d'Ypres, et va la terminer en Allemagne. Au siège de Kelh, et pendant Tattaque du fort de TÉtoile, il enfonce i,5oo chevaux impériaux sortis de Strasbourg, en rejette la plus grande partie dans cette place et ramène au camp 3oo prisonniers. Il participe, en 1679, à la prise d'Hombourg et de Bitche.
On trouve Royal en 1680 à Vesoul, en 1681 au camp d'Artois, en 1682 à celui de Flandre, en i683 au siège de Gourtrai et en 1684 à celui de Luxembourg.
Appelé à faire partie de Farmée d'Allemagne en 1688, il prend part à tous les faits de guerre accomplis dans le Palatinat, se distingue en 1 692 au combat de Pforzheim, sert en 1693 à la prise d' Heidelberg, Wingenberg, Eppenheim, Weinheim, Darmstadt, et prend ses quartiers d'hiver en Alsace. Il est en 1694 au combat de Wislok, et ne quitte plus cette frontière jusqu'à la paix de Riswyck.
En 170Ï, il est envoyé dans le Luxembourg, puis sur la basse Meuse, et occupe le camp de Richel entre Liège et Maè'stricht. Rappelé sur le Rhin en 1702, il est à la canonnade d'Huningue,
à la bataille de Friediingen, où le futur maréchal de Bellisle, alors capitaine au corps, fiit blessé. On le suit en 1 708 à Fattaque des retranchements de la Kintzig, à l'attaque des lignes de Stolhofien, des retranchements de la vallée de Homberg, au combat de Munderkingen , à la première bataille d'^Hoschtedt, à la prise de Kempten et d' Augsbourg. En 1 704, il combat à Donauwerth et à la deuxième bataille d'Hochstedt, ou de Blenheim; le capitaine de Bellisle y est encore blessé. Après ce désastre, Royal est ramené sur le Rhin et la Moselle. Il demeura sur cette frontière jusqu'à la paix.
Le jeune duc de Richelieu, celui que la prise du Port-Mahon devait faire maréchal, capitaine d'emblée dans Royal, fit là ses premières armes en 171 3 aux sièges de Landau et de Fribourg.
Royal a fait partie en 1719 d'un corps d'observation sur les frontières d'Espagne.
On le voit en 1727 au camp de Richemont çntre Metz et Thion ville, et en 1732 au camp de Gray. En 1733, il revient sur le Rhin, fait le siège de Kelh et celui de Philisbourg, et assiste aux deux affaires d'Ettlingen et de Klausen. A la paix, il fut mis en garnison à Vassy.
Parti de Lauterbourg le 21 août 1741, il se rend à Pilsen en Bohême, assiste à la prise de Prague et au combat de Sahay et à toutes les opérations de la retraite vers la France, qull
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atteignit en février 1 743 . Il se refait à Colmar et il est cité la même année pour sa conduite à la bataille de Dettingen. Après avoir passé Thiver à Gisors^ il rallie l'armée de Flandre au commencement de 1 744, se trouve à la prise de Menin, d'Ypres et de Fumes; retourne en Alsace, combat à Augenheim, couvre les opérations du siège de Fribourg et revient en Flandre, où il prend ses quartiers d'hiver à Gand. Il est en
1745 à la bataille de Fontenoy, à la prise de Tournai, Audenarde, Termonde et Ath, puis en
1 746 à la bataille de Raucoux, en 1 747 à celle de Lawfeld et en 1 748 à la prise de Macstricht. La paix le fit rentrer en France, où il occupa les garnisons de Vitry en 1748, Neufchâteau en 1749, Landrecies et Avesnes en 1760, Rennes en 1751, et Sedan en 1754. Il fait cette année partie du camp d'Aimeries-sur-Sambre, qu'il quitte pour aller à Gaenet Bayeux. Il occupe en 1756 Soistons et le Quesnoy, en 1767 Maubeuge et Charleroi, et c'est de là qu'il part pour l'Allemagne. Il prend part cette année à la bataille d'Haa>tembeck et à toutes les opérations du Hanovre. Il rentra en France en mars 1758. Le capitaine de Beaujeu, plus tard colonel du corps, avait été cruellement blessé à Crefeld et y avait eu un cheval tué sous lui. Royal est revenu en Allemagne en 1759 et a fait les trois dernières campagnes de la guerre.
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Le régiment de Vogué a été incorporé en 1 76 1 dans Royal, dont la réorganisation date du 19 avril 1763.
Depuis la paix jusqu'à la Révolution, on trouve le régiment en garnison en 1 763 à Guise, en 1 764 à Verdun, en 1765 au camp de Compiègne, en 1766 à Saint-Mihiel, en 1769 à Pontivy, en 1770 à Schlestadt, en 1771 à Saint- Lô, en 1772 à Bayeux, en 1773 à Commercy, en 1775 à Metz, en 1778 à Belfort, en 1779 à Stenay, en 1780 à Ardres, Arras, Aire, Hesdin, en 1 78 1 à Béthune, en 1783 à Vesoul, en 1786 à Jussey, en 1787 à Haguenau, puis à Strasbourg, en 1791 à Lauterbourg et en 1 792 à Landau, où il était tout porté pour faire partie de Tarmée de Custine.
A partir de ce'moment, et devenu 2® régiment de cavalerie, il sert sur le Rhin jusqu'en 1799. Il est cité aux combats d'Heidenheim et de Freising en 1796 et au passage du Rhin en 1797. Appelé dans l'ouest, en 1799, il fait partie l'année suivante de l'armée de réserve, suit le premier consul en Italie et eut l'honneur de compter parmi les trois régiments qui, à la bataille de Marengo, firent la célèbre charge sur les grenadiers autrichiens.
A la paix d'Amiens, il vint occuper la garnison de Vienne en Dauphiné, et fut de là à Rambouillet et à Gaen.
Sous le titre de 2® cuirassiers, il a fait toutes
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les campagnes de la grande armée en Allemagne, en Pologne, en Russie et en France, et fut particulièrement remarqué à Smolensk, à la Moskowa, à Leipzig, Brienne, Arcis-sur-Aube et Waterloo.
Il avait un instant porté en 18 14. le titre de Cuirassiers du Dauphin.
Après le licenciement général de 181 5, le fond du régiment est entré, avec le fond du 8^, dans la composition du nouveau 3® cuirassiers, dit d'Angoulême.
Royal avait eu 8 étendards entièrement pareils, de soie bleue, semés de fleurs de lys et ornés au centre d'un soleil accompagné de la devise habituelle, le tout brodé et frangé d'or. Sa tenue avait toujours été Thabit bleu, avec parements^ revers et doublure rouge, boutons et galons d'or ou aurores. Il a pris, en 1763, les boutons blancs timbrés n^ 4 et le galon de chapeau blanc.
Clarke, duc de Feltre, a été lieutenant-colonel du régiment, du temps de Beaujeu. Parmi les chefs de brigade ou colonels qui ont commandé le régiment depuis la Révolution, nous devons citer les noms de Radal, grièvement blessé le i5 juillet 1798, de Ghouard qui eut deux chevaux tués sous lui à Wagram, et de Rolland qui, à Leipzig, eut la jambe droite emportée par un boulet.