ANGLETERRE
es débuts de l'Angleterre dans la fabrication des poteries de tous ri wes sont encore entourés d'une grande obscurité ; ce qui parait res- ' tir des travaux récents de MM. Marryat et Chaffers, c'est que la céique à pâte dure a particulièrement préoccupé les artistes et que rès communs ou fins, les cailloutages et autres compositions se raphant de la porcelaine, ont précédé celle-ci de beaucoup. Staflfordshire est, dans tous les cas, le berceau de l'art de terre ; * l'année 1581, un certain William Simpson sollicite l'autorisation ^•siblir une fabrique de grès [stone ware) pour faire concurrence aux ^€3uits importés de Cologne; à Burslem, vers le milieu du dix-sep- ^^Xie siècle, Thomas Toft, Ralph Toft son fils, et un nommé Thomas ^^^s font des grès à reliefs d'un aspect primitif et sauvage. • Quant à la faïence émaillée, appelée Delft par nos voisins, elle se
montre à l'ctat d'industrie importée; ce sont des Hollandais qui l'auraient établie à Fulham et Lambeth ; vers 1640, on fabriquait dans cette dernière localité des vases de pharmacie et des carreaux de revêtement à paysages en bleu ; certaines bouteilles à vin où sont inscrits les noms de Sack^ Claret et Whit et datées de 1642 à 1659, sont considérées comme d'origine anglaise ; il ne serait pourtant pas impossible qu'elles eussent été faites dans les pays de production des vins.
Une faïence sigillée coloriée en jaune, bleu, brun et vert, dans le genre de Palissy, apparaît plus tard ; des spécimens à sujets saints datés de 1660, un portrait de Charles II fait en 1668 et des plats portant des armoiries de corporation forment le contingent de cette industrie éphémère.
Vers la même époque, l'Angleterre s'essaye dans les terres vernissées à engobes et graffiti. Wrotham, dans le Kent, est le centre de cette production ; un plat, daté de 1660, porte sur une terre brune à glaçure jaune des dessins géométriques ; une autre pièce de même genre vernissée en brun est inscrite : Wrotham, 1699.
Bradwell. — C'est dans ce lieu que commence à se manifester la fabrication commerciale et suivie, en 1690. John Philip Elers, originaire de la Saxe, était venu en xVngleterre, accompagnant le prince d'Orange lorsqu'il y vint prendre possession du trône. Aidé de ses frères, et ayant découvert une argile propre à donner une poterie rouge et dure voisine des boccaros chinois , ils l'exploitèrent concurremment à une sorle de grès blanc grisâtre, dont le grain fin se prêtait au moulage des reliefs les plus délicats. Cette fabrication nouvelle eut un légitime succès, et presque toujours le nom : Elers imprimé en creux sous les pièces en consacrait la perfection. Pour conserver le fruit de leurs V;^. beurs, les associés s'entouraient du mystère le plus absolu, et ne p^^. naient pour les aider dans les plus rudes travaux que des hommes g^^ossiers, inintelligents, incapables en un mot de chercher à voir au ^^^c\^ de leurs manipulations quotidiennes ; ils les choisissaient mêm^^^ de préférence dans la classe des malheureux frappés d'idiotisme.
Un certain Astbury, désireux de pénétrer le secret de cette fîfc^ Ancation, entra comme ouvrier dans la manufacture en contrefaits»/// l'idiot ; il eut le courage de poursuivre ce rôle pendant plusieurs sn* nées, et parvint ainsi à son but. Possesseur des notions nécessaires S h création d'une usine, il s'enfuit de Bradwel et alla fonder à Shclton,
ainsi : porphyre ; ba$alte ou biscuii <lc porcelaine noir ; bitcuit de porcelaine blanc; jaspe à reliefs blancs : bitcuit couleur de bambou ; bis
cuit de porcelaine propre aux appareils chimi- *
ques. I>a vogue de ces élégants travaux donna ''
bientôt à l'établissement un développement con- ^ ** sidérable. ^
En 1770, un village entier, appelé Etruria,^ ,j^^ fut fondé pour contenir la fabrique et ses em-.»-^..^ ployés; le célèbre Flaiman composait les sujet» ^»—^ et modelait les plus importants ouvrages. D ^H^^h. reste, les poteries de Wedgwood devinrent f /g
type des fabrications générales, et à câté d» ^^^B<s objets inscrits en creux du nom de l'invente)^*- ^^ur on trouve une foule d'imitations dont les autcu -^^c=jrs sont à peine connus.
'^ En 1770, Enoch Wood, sculpteur, étab-^^HJii
une poterie à fiursiem : il y faisait des bustes ea
creatn icares. Ses successeurs, Wood et Ca^^^^dwell, continuèrent le genre jusqu'aux temps modernes,
LivERPooL. — Dès l'année 1674, on trouve trace, dans lesdccume^^^Bols officiels, des fabrications de cette ville; mais les premiers spwrin»^ '.nt connus sont signés, en 1716, par Alderman Thomas Shaw ; d'aut j^ktis s'échelonnent jusqu'à 1 756. Cette fabrique de Delft siégeait Date strc^ ^i. Richard Gbaffers, élève de Shan, créa une autre usine place Sha ^^ ^'s Brow, en 1752 ; il eut bienlât un formidable rival dans la personne ^ Wedgwood et travailla activement pour se maintenir à un niveau it<ce^jpectable. Il y parvint, et son établissement fut bientôt le plus imp<z=wtant de Liverpool. Sa principale fabrication consistait en faïence blanc^^ tt décorée en camaïeu bleu qu'il exportait par masses considérables pc^ ur les colonies anglaises d'Amérique, II est une pièce de ce genre <jia îs pris une sorte de célébrité; c'est une poivrière en cylindre rcssertww vers le milieu et percée en dessus de nombreux trous ; des bordi» »« 1 in quadrillées ornent les deux bords, et le nom de Richard Cbaffcrs sk.~^fe l»iitt la date est inscrit au milieu ; on avait coutume de dire proverbialemcnl |il7' en Amérique, d'une personne emportée : Elle eU brûlante comm,c la iMio; poimière à Dicte. Dick, on le sait, est l'abréviation familière du pré- I i^r nom Richard. f g^^i
n trouve le nom de Richard Ghaffers avec la date de 1769 cœur traversé de deux traits sur une pièce conservée en ]^L Ax^^l^terre.
<John Sadler fonda en 1756, dans Harrington street, un établisset pour la fabrication de la poterie ; il était fils d'Adam Sadler, imixâeur, et avait étudié non-seulement les procédés de Tindustrie paie 1^1:1 elle, mais encore la gravure sur métal. Aidé de ces connaissances aies, il inventa un procédé d'impression qui permettait de transsur l'émail de la faïence les épreuves d'une planche de cuivre ; donner à cette invention les développements industriels dont elle étsiit, susceptible, il forma une association avec M. Guy Green.
El in 1756 même, une patente leur fut offerte pour leur assurer le ^^i^efice de leur découverte; mais ils préférèrent garder l'invention
en l'exploitant avec les précautions nécessaires, connait plusieurs pièces signées, notamment un portrait de Fré- "^^*ic3 II, roi de Prusse, inscrit des mots : /. Sadler^ Liverp^ enamef ; "*^ '■^ortrait de George II porte simplement : Sadler 1156 ; sur d'autres âges on lit : Sadler et Green.
ohn Pennington posséda, de 1760 à 1780, une usine ommée pour ses vases, bols à punch, etc. Sa marque J? "P en or ou en couleurs :
îiarnes (Zachariah), né en 1745 et mort en 1820, a été le dernier ^^^ potiers de Liverpool.
Shelton. — En 1685, Thomas Miles y a fait des grès bruns et blancs ^Xii sont marqués de la lettre M, parfois accompagnée de numéro de ^ries.
Astbury s'établit en ce lieu lorsqu'il eut acquis les connaissances tiécessaires chez les frères Elers. Il y fit des grès rouges et blancs et \ mourut en 1743: son fils Thomas avait commencé en 1725 à tra-
Tailler le creamœloured ware^ et il fut l'introducteur des cailloux calcinés dans ce genre de poterie.
Samuel HoUins établit à Shelton, vers 1760, une manufacture de services à thé en fine poterie rouge ; lorsqu'il se retira pour se joindre, en 1777, à la New Hall compagnie , il eut pour successeurs T. et J. HoUins; ceux-ci ont imité Wedgv^ood.
LiTTLE FENTON — Whcildou, OU 1740, y faisait le même genre. Hanley. — Elijah Mayer, contemporain de Wedgwood, imitait ses
produits, et faisait aussi des terres sans glaçure à reliefs colorés ; ver^ 1700, M. Miles fabriquait des grès bruns et Henri Palmer, en 1760 imitait les ouvrages de Wedgwood.
Job Meigh et ses fils possédaient en ce lieu une fabrique de grès vernis alcalin.
TuNSTALL. — Vers 1770, Benjamin Adams y fut un des nombre imitateurs de Wedgwood.
Lane end now Longton. — Turner y établit, en 1762, une usine po la fabrication des mêmes ouvrages ; et l'on peut dire que ses imitati tiennent le premier rang après les originaux. Nous avons vu de 1 chez madame la baronne Salomon de Rothschild, une garniture trois pièces d'une extrême élégance et d'une exécution parfaite ; le v du milieu, en pyramide renversée et tronquée, supportée par qu griffes de lions reposant sur un socle , avait ses angles supérie chargés de bustes drapés dans des voiles légers ; sur le fond gris bl^ des quatre faces ressortaient en bas-relief des figures allégoriq^ d'une élégance exquise ; des perles, des fleurons et des frises ornen:»^ taies servent d'ailleurs de cadre aux principaux motifs. Certes, s.^ nom de l'auteur n'eût été gravé dans la pâte, nous eussions attrL ce remarquable travail à Wedgwood lui-même.
LoNGPORT. — John Davenport établit en ce lieu, en 1793, un brique de faïence fine qui était marquée de son nom, quelquefoi compagne d'une ancre ; plus tard il fit de la porcelaine dure.
Stoke upon Trent. — Spode l'ancien, élève de Wheildon, y {(^wida, vers 1784, une usine pour la production des mêmes poteries, ety iwifroduisit les impressions en bleu; à sa mort en 1798, son fils se livra àh fabrication de la porcelaine.
Minton père établit au même lieu, en 1791, les ateliers que son fi/s devait placer au premier rang de ceux de l'Angleterre.
Bristol. — Un Allemand, nommé Wrede ou Reed,y fit d'abord de la poterie de grès; puis, en 1703, il en sortit des faïences fines signées SMB.
Jackfield. — Cette manufacture est la plus ancienne du Shrospire; on possède un spécimen en poterie brune daté de 1634; en 1713, l'établissement fut repris par Richard Thursfield, qui y produisait Vearthen ware; à sa mort, survenue en 1751, son fils lui succéda et travailla jusqu'en 1777. Vers 1780, la fabrique fut acquise par M. John Rose.
camaïeu violet, soit en couleurs où dominent le manganèse et un jaune citrin. Voici quelques-unes des signatures de ces pièces :
faut-il voir dans les lettres du second rang la marque du directeur? ^"^ \e&
autres signes sont-ils ceux des peintres? Nous *^^^L^* rignorons. De très-belles œuvres de même origine, j^
j l'une à bouquets fins comme ceux d'Aprey, portaient :
Rorstrand étendu devint bientôt un quartier de la capitale, et af la fabrique prit le nom de celle-ci ; on doit croire STOCKO
que ce changement de nom remonte assez haut; A
une pièce de la collection Gasnault porte en des- Hakan Arig sous: 1757.
Au Musée de Sèvres un bol à punch est signé : Stockholm^ i 'a^^ ^/, D. P. Une inscription ajoute : A la santé de toutes les belles fiL JMes! Le décor de ce bol et de la plupart des pièces de Stockholm. est
en camaïeu bleu un peu pâle, sur émail bleuté relevé parfois de ^:M ^. sins d'émail blanc; il y a souvent une tendance à l'imitation du ^&jle rouennais.
Une jolie jardinière chantournée ornée de sujets d'i:»^ té- •;— rieur, la Musique et la Danse, porte les signes ci-coa*^«^î
Fjîxètr ^^^^ n'osons affirmer l'origine de cette pièce, mais tm^^^ la croyons suédoise.
Marieberg, près Stockholm. — Établie en 1750 par une so^^i^^ patronnée par le comte Scheffer, cette fabrique fit concurren<?^^ ^ l'usine royale, et lorsque le privilège de celle-ci expira, Eberb^*'^"' Erenreeich obtint, en 1759, la protection souveraine. La beac^**^ des produits méritait cet encouragement. Une marque fréquente
U^.u/ ^.. celle aux trois couronnes; on Tavuesui
yJCTp ""T^BIB ^^ assiettes armoriées jayant Tait partie
X A\/^JLfj> ^^ service du baron de Breteuil , am-
jttp '^ basisadeur de France à la cour de Suède;
^ous l'avons retrouvée modifiée comme ci-contre, sur un plateau ^ bord quadrillé chargé, aux intersections, de fleu- u-ru/ l'eues en relief; ce genre de décor, imité de Nieder -r— — • k^iller, est presque un caractère pour distinguer les pro- ^^
uits de Marieberg ; ainsi des potiches réticulées à médaillons peints
de fruits et de fleurs, et ayant une rose violette pour T ou J^ bouton; des plats à bouquets, à bord ajouré, marqués
seulement M ou MB réunis en monogramme, n'ont isé aucun doute pour leur attribution. Le premier signe existait s un vase en forme de mitre.
^ous attribuons également à Marieberg une autre marque d'origine 3L Idique, relevée sur des pièces réticulées et à bouquets polychromes ;
. une belle soupière, dont le couvercle est surmonté de
^^ ç - trois roses groupées, nous a même montré la valeur
^" *7^ -£- de ces signes; quatre médaillons à encadrement ro-
caille, réservés dans le réseau extérieur, portaient i armoirie d'argent à trois croissants figurés de sable, surmontée Lti casque à lambrequins, à cimier accoté de deux autres croissants; îessous et le dedans de la pièce reproduisaient la marque aux trois ►issants avec un E. Est-ce l'initiale d'Erenreeich ? Un grand plat décoré en camaïeu bleu de guirlandes, oiseaux et in- -tes d'un bon dessin, et ayant au centre un gros œillet semblable à VL-f ^^' ^^^ ^^ Moustiers, nous a paru d'origine suédoise ; sa marque est MJJ.
KcjNERSBERG. — Ce uom écrit en toutes lettres se rencontre sous des
plateaux et corbeilles à bouquets où le manganèse, «JCtncrsoKCa» le bleu pâle et le jaune dominent; quelques pièces
sont ornées en camaïeu violet ; deux de celles-ci t^nt un écu chargé d'un bœuf (coll. Paul Gasnault et Ed. Pascal).
A la même fabrique semblent appartenir des sur- ^ -7- \f/ touts, des assiettes et un pot à décor voisin, mar- — ^ *^^ ques comme ci-contre.