A PARIS
DILH ET GUERHARD MANUFACT"^»^
GUERHARD ET DILH DE DILH ET
A PARIS A PARIS GUERHARD
M. Marryat et, après lui, M. Chaffers, ont donné une lettre tracée en bleu sous couverte comme la marque d'une fabrique qui aurait existé à Paris rue de Clicliy ; c'est simplement l'initiale du nom du duc d'Angouléme, protecteur de Dihl. Nous M*" de
avons trouvé cet A sous une fort belle tasse à fond noir Guerhard avec une bordure réservée ornée d'arabesques d'or; la et Dihl soucoupe portait à la vignette : Paris
Sceaux. Nous mettons ici à tout hasard et à son ordre de probabilité le seul spécimen en pâte dure de Sceaux que nous ayons rencontré jusqu'ici ; c'est une grande tasse à bouillon, dite trembleuse, ornée de filets d'or et de bouquets de fleurs fort bien peints dans le genre de Sèvres et en émaux bien glacés. En dessous est la marque SP, Sceaux-Penthièvre, que nous avons déjà signalée sur des faïences C D particulières ou porcelaines tendres un peu jaunes.
Paris, rue de Popincourt, 1780. Fondée par le sieur Le Maire, cette
usine fut achetée en 1783 par M. Nast père et transférée ensuite rue des Amandiers, où elle fut exploitée par MM. Nast frères.
On y a fait des biscuits remarquables et des pièces d'un très-riche décor. La seule marque 'que nous connaissions est le nom NAST, im- ^
primé à la vignette.
Tours, 1 782. Noël Sailly, aîné et jeune, ont exploité tour à tour cette ^^ usine, qui a peu produit. Nous ne connaissons aucun de ses ouvrages. ^ Lille, 1784. Leperre Duroo ouvrit cet établissement en vertu d'un ^^ ..
arrêt du 13 janvier qui lui permettait de tirer en franchise de l'étran- ^~^
ger les matières nécessaires pour alimenter le travail. En 1786, il ob- — ^^^.^^ tenait de le placer sous le patronage du dauphin, et M. de Galonné le^^ jg couvrait de sa protection spéciale. Ce qui attirait ces faveurs au nouvel^ :-:;j»] industriel, c'est qu'il avait imaginé de se servir de la houille pour lar^ ^^ cuisson. Une pièce du Musée céramique en fait foi ; elle porte : Fait c^ ^ Lille, en Flandre^ cuit au charbon de terre, en 1785. Le Perre fut ap-^::^ pelé à Paris pour enseigner ses procédés ; mais les expériences qu'i^ ^i| tenta échouèrent par le mauvais vouloir des porcelainiers de la capi^ «ijtale. La porcelaine de Lille est belle, très-translucide et bien décorce ^^»e;
les seul mots : à Lille, tracés au pinceau, sont de la prcE^ — emière époque; plus tard on y imprime avec une vignet*^ jMie la figure d'un dauphin couronné. Dans certains serviœ&-î!Ljes, les deux marques sont employées simultanément avec ui"»- jne autre composée d'un W. Le dauphin en bleu sous couver ^r^ie existe dans la collection Gasnault. A Leperre ont succédé Roger, Grair ^indorge et G'* et Renaud.
FjC Musée de Sèvres possède une pièce signée en rouge des lettr""^«t;s L. D. cursives entrelacées, près desquelles est une ancre. M. Riocre»' ux y voyait le chiffre de Leperre Duroo; nous n'osons accepter sans r n^ serves cette attribution.
Paris, Pont-aux-Giioux, 1784. Fondée d'abord rue des Roulets, fa«/- ^ bourg Saint-Antoine, par Louis-Honoré de la Marre de Yilliers^ fTJl cette usine produisit une poterie assez fine et bien décorée dont la marque est ci-contre. Mais les sieurs Jean-Baptiste Outrequin de Montarey et Edme Toulouse, l'ayant acquise, la transférèrent rue Amelot, au Pont-aux-Ghoux, et la placèrent sous le patronage de Louis-Philippe-Joseph, duc d'Orléans, le 6 août 1786; le chiffre adopté alors fut LP.
A partir de 1793, on mit simplement sons les pièces : Fabrique du Pont-aux-Chovx.
Les produits de cette fabrique sont assez recommandables. Outrequin et Toulouse cédèrent à un nommé Werstock, bientôt remplacé par Lemaire, qui eut pour successeur Caron et Lefebvrc.
Il parait y avoir eu au Pont-aux-Choux une autre fabrique exploitée successivement par Mignon, Kroel etDeuster. Elle existait antérieurement à 1784.
Paris, barrière de Reuilly, 1784. Henri Florentin Chanon, en établissant cette fabrique, déclara vouloir signer des lettres C H entrelacées. Le Musée céramique possède une pièce à décor d'arabesques marquée en rouge G II; un autre spécimen, existant en Angleterre, porte les mêmes lettre réunies en chiffre.
Saint-Brice, 1784. MM. Gomon et Groasmen possédaient là une manufacture de porcelaine et cristaux, dont les produits nous sont inconnus.
Saint-Denis en Poitou, 1784. Nous ne connaissons pas davantage les porcelaines que le marquis de Torcy demandait à fabriquer dans sa terre de Saint-Denis de la Chevasse, près Montaigu.
Valengiennes, 1785. Fauquez, propriétaire de la faïencerie deSaint- Amand, avait sollicité, dès 1771, l'autorisation de fonder une manufacture de porcelaine à Valenciennes ; malgré le refus qu'il éprouva, il fit, en 1775, quelques essais en camaïeu, en vertu des autorisations générales. Enfin, le 24 mai 1785, il obtint une permission sous la réserve de cuire au charbon de terre ; il s'associa alors un sieur Vannier et les travaux furent commencés. En 1787, la propriété de l'usine avait passé de Fauquez à Lamoninary, son beau-frère.
L'importance de l'établissement vient d'être révélée par une intérjessante monographie de M. le docleur Lejeal ; on y voit que Verboeckoven, dit Fickaert, sculpteur de premier ordre, y exécuta bon nombre de biscuits, dont une Descente de croix, excessivement remarquable. Parmi les autres collaborateurs de Lamoninary on peut citer Ânstctt, de Strasbourg; Joseph Fernig, peintre et chimiste; Gelez, Mester et Poinbœuf.
M. Lejeal considère comme de l'origine de la fabrique les ,jiO rares pièces portant VALENCIEN; la seconde période est ca- Jj^ ractérisée par le chiffre composé des initiales de Fauquez, La-
moninary et Vannier ou Valenciennes. EnGn les lettres L\, ^jT) Lamoninary Valenciennes ou Lamoninary Vannier, sont les *^ plus fréquentes et se rencontrent sous cette forme : CiioisY, 1 785. Fondée par un sieur Clément, cette usine appartenait, en 1786, à M. Lefèvre; nous ne connaissons pas ses ouvrages.
ViNCENNES, 1786. Cette fabrique, qui paraît avoir appartenu dans le principe à M. Lcmaire, fut protégée par liOuis-Philippe, duc de Chartres (plus tard roi des Français), et dirigée par Ilannong. Dès 1785, celui-ci, sans emploi et demeurant au château de Verneuil, à Dormans, avait demandé, par lettre du 28 juillet, l'autorisation de faire des essais de cuisson au charbon de terre ; on lui répondit que le gouvernement ne pouvait s'opposer à des tentatives utiles, et qu'il était libre de faire telles expériences qu'il jugerait convenables. Cette réponse n'était pas ce qu'il attendait, et c'est alors sans doute qu'il se mit au ser- ^^^ vice de la nouvelle fabrique de Vincennes. On
>/ML /\ ^^^^^^ de lui, en effet, des pièces portant cette sin-
gulière marque, où ûgure l'h déjà employé au fau- — bourg Saint-Lazare avec les pipes croisées. Ces signes sont sous une?^ tasse et soucoupe d'essai, jaunie comme si elle avait cuit au charbonr:^ de terre. Cette curieuse pièce, appartenant à Jules Vallet, est décorée d'or, de guirlandes de feuillage et de fleurs détachées tout à fait dan?
le style du temps ; les pipes seules sont sous la tasse, l'h est sous: Xy^ '^ soucoupe; or ce premier signe est expliqué par celui-ci pla sous une tasse de même style, appartenant à la collection Re^ nolds, et qui est accompagné au pinceau du chiffre L. P., première m^ nifestation de l'ingérence du duc de Chartres dans les travaux, et de protection qu'il allait accorder au nomade de la porcelaine. Ainsi, p ^
déduction logique, l'h du faubourg Sai Lazare conduit à celui de Vincennes, et la gnature d'Hannong mène, par la transiti indiquée sur la pièce de M. Reynolds, chiffre du duc de Chartres, tracé sur une cclainequi a, en effet, tous les caractères celle d'IIannong.
Les produits en sont très-feldspathiques décorés souvent en couleurs pâles ; des guirlandes de fleurs enla de rubans, des bouquets et fleurettes et des bordures d'or dent— ^^^
m ce
Poi-celaine du duc de Chartres.
(Collcclion A. J.)
on au
-or- (le
et
sont ce que Ton rencontre habituellement. La marque en
bleu sous couverte, toujours très-négligéc, est le chiffre cou- ,,^^
ronné du prince :
Paris, petite rue Saint-Gilles. Messire François-Maurice Honoré, escuyer, conseiller du Roy, quartenier de la ville de Paris, y fonda, vers la fln du siècle, une manufacture dont le jardin donnait sur le boulevard en face du parc et de l'hôtel Beaumarchais. L'établissement fut transféré plus tard à la Seinie près Saint-Yrieix. Le fils de M. Honoré s'adonna aussi à la fabrication de la porcelaine et s'associa à Dagoty.
Paris, rue de Grussol, 1789. L'Anglais Potter forma, rue de Grussol, cet établissement, dit du Prince de Galles; il y introduisit le système des impressions céramiques, depuis longtemps essayé ailleurs, et la municipalité de Paris, émerveillée du prétendu progrès, réclama, par l'intermédiaire de Bailly, un privilège en faveur de l'étranger; les événements firent oublier la demande; le temps des privilèges était passé. Potter a signé en toutes lettres tantôt en or, tantôt en bleu, ses plus remarquables produits.
PoNTENxou Ponteinx (Laudcs), 1790. Nous plaçons ici à une date probablement postérieure à sa fondation un établissement fort intéressant dont l'existence nous avait été vaguement indiquée par la liste nécrologique des fabriques de porcelaine conservée dans les Archives Je Sèvres; on y lisait : « Pontens (Landes), n'existe plus. » Geci était 5crit vers 1810 et pouvait être vrai ; mais l'importance de l'usine nous Bst révélée par de précieux spécimens qu'a bien voulu nous communiquer M. Henri Brochon, de Bordeaux. Ge sont quatre petits bustes représentant les Quatre Saisons ; la porcelaine en est blanche, fine, serrée de grain et l'émail, très-vitreux, est assez mince pour ne point engluer les reliefs. L'Hiver est un vieillard barbu, à la tête chauve, qui s'abrite sous une ample draperie; le Printemps, gracieuse jeune fille à peine drapée d'une étoffe légère soutenue par une bandelette, est couronné de roses; l'Eté, les seins découverts, les cheveux retroussés sur un bandeau d'épis, sourit aux moissons dorées ; quant à l'Automne, l'auteur lui a donné cette physionomie faunesque, pleine de malice et de gaieté, qui convient pour exprimer l'effet des pampres qui surchargent son front. Ges petits bustes sont savamment modelés, d'un bon style et pleins d'animation. Sous les socles le sculpteur a mis son
nom et la date de son travail : Ponteinx, Ce 10 Juin (ou Jouin) 1790. Klein. Le nom est accompagné d'un paraphe.
Klein était-il le directeur de l'établissement ou l'un des artistes qui y étaient attachés? Peu importe ; l'usine montée pour produire des ouvrages de ce genre devait avoir une certaine importance et il est plu que probable que la plupart de ses produits passent inaperçus qu'on les attribue à la fabrique centrale de la Gironde.
Cette longue énumération comprend-elle tous les établissement français? Non évidemment, et tous les jours on découvre des dont l'origine reste indéterminée, bien que leur création touche po ainsi dire aux temps actuels.
Chiffre en rouge sur des porcelaines courantes à fleu fonds de couleurs et camaïeux. La plupart des spécimens vie nent du Midi.
Chiffra imprimé en rouge et se rapprochant de celui ^^^^ ^i/P' Deruelle. 11 sort certainement d'une usine parisienne. No-^jas ^^ nous sommes même demandé s'il ne serait pas la marque c3c Tun des membres de la famille Nast; mais la multiplicité des inscriptions en caractères courants semblerait indiquer que les habitudes de la famille ne la portaient pas au genre des chiffres. L'une des pB. us curieuses pièces signées du JNC est datée par son décor : des rub^ians tricolores enlacés à des lauriers forment des médaillons dans lesqurn^eis j
Marque en rouge au pinceau ; belle porcelaine à dessins «3 or j bruni.
on a écrit en or : la Nation^ la loy, le Roy,
E B Pot à bouquets et bordure d'or, genre Sèvres.
^/l^ Porcelaine du genre des petites fabriques de Paris.
AoM. En creux dans la pâte; soucoupe à fond rouge avec réserves ornées d'insectes ; au pourtour des feuilles d'acanthe sur fon^ vert — fabrication récente; la pièce a cuit suspendue.
CZ) Assiette découpée au pourtour, et à bouquets dans le O^ de la Saxe.
L <3 Marque en creux sous une tasse décorée de papillons.
^ 6t C"' Tasse à lustre cantharide avec réserve peinte d'un paysage a Paris avec un pont. Dans une partie sombre l'artiste a gravé son initiale à la pointe : M. Sur le pont est écrit : Near her J am happi.
T y^ • ^ Pot à eau et sa cuvetle à guirlandes et fleurettes, ^ même genre.
Assiettes à riches bordures, avec paysage et animaux dans le style de Berghem. M. Riocreux attribuait cette marque à la fabrique <ie Fontainebleau ; il y voyait une allusion aux carpes historiques de la pièce d'eau du château.
Tête- à- tète en belle porcelaine genre Sèvres, renfermé dans
JM|^ une boîte à compartiments; on annonce qu'il a appartenu à
la reine Marie-Antoinette ; il est accompagné d'accessoires en
orfèvrerie. Nous avons retrouvé cette marque accompagnée d'un crois-
a^ sant renversé sur des pièces assez remarquables : ^^^ enfin le croissant seul figure sur un sucrier en ^"^^ porcelaine courante qui nous appartient, et dont
le décor consiste en une bordure d'or et en bouquets détachés.
Service en belle porcelaine décorée d'une bordure et W d'armoiries en or qui ont été usées à la Révolution (famille Le Noir). La marque est peinte en beau bleu. Nous l'avons retrouvée en or sous une petite figurine coloriée que son aspect eût pu faire attribuer à l'Allemagne.
Pièces à guirlandes, bouquets et rubans : M. Ch. Davillier, leur ^ï^ trouvant d'étroites analogies avec la porcelaine de Marseille, les a attribuées à ce centre. Le fait ne nous parait pas démontré.
f%^ Porcelaine à bouquets, genre à la Reine : marque en rouge. ^ Faut-il y voir un C, ou ne serait-ce pas plutôt le croissant renversé figuré plus haut?
T LU Porcelaine à bluets genre de la porcelaine à la Reine.
H & G En rouge à la vignette ; décor de bouquets détachés.
Soucoupe à décor bleu imitant la porcelaine commune de
ni s
Tournay.
Q. --^ Tasse et soucoupe fond rose à bordures de fleurs : porcelaiiv^i commune, de la fin du siècle.
y/ Porcelaine française à bouquets de fleurs genre Saxe. Essa ^.
Nous devons indiquer ici quelques fabriques modernes, ressortant d^^ès lors du cadre que nous nous sommes tracé, mais dont il importe aF.^au moins de signaler l'existence.
Paris, faubourg Saint-Denis, 92, Bernard et C'% Le Coinlre et C-i^*, Lefèvre, Lebourgeois.
Paris, faubourg Saint-Denis, i68,Latourvilleet C*%Fleury, Flamc,ai3D> fleury.
Paris, rue de la Pépinière, 16, Chevalier frères. Marchand, Fourn»r-r3), Polteret C'% TregcnL
Paris, rue de Charonne, Lévy et C'% Pressinger, Massonnet, Dar»^ -tes frères, ceux-ci transportent l'établissement de la Roquette, 90.
Paris, rue de la Roquette, 98, Robillard.
Paris, Montparnasse, rue Notre-Dame-des-Champs, P. L. Dag»--^otj 12, Roger, Dagoty, Dagoty et Honoré. On trouve des &
pièces marquées : E. Honor^^vre
et d'autres signées cursivement : Ed. Honoré & C"' a Paris ,^
à Paris.
Paris, Petite-Pologne, rue du Rocher, 12, Belzet C'% Nicole t et (i^JGreder, Réville, Pérès.
Paris, Butle de Belleville, Pétrj-, Guy, Desfossés.
Paris, rue de Popincourt, 58, Cœur d'Acier, Dartes aîné. On tro» -^"vc des pièces de Cœur d'Acier, marquées d'un cœur.
Paris, rue Baffroy, Dubois-Hannong.
Paris, rue Baflroy, 52, L'Hote.
Paris, rue Neuve Saint-Gilles, Lortz, Rouget, Savoie, Le Bor^, Honoré.
Paris, rue, des Marais, Toulouse, Mercier.
Paris, rue Folie-Méricourt, Crémière, Freund.
Paris, rue des Récollels, 2, Després, camées.
Paris, rue Ménilmontant, Cossart.
Paris, rue de Crussol, Constant, fabrique debucuit.
Versailles (Seine-et-Oise), Panckoucke, Roger, Teingoul.
TEMPS MODKRNKS. 671
Châtillon (Seine). Roussel et G'% Loi Iz, Rouget.
Choisy-le-Roi (Seine). Leilletz, marque à la vignette :
Fontainebleau (Seine-et-Oise), Benjamin, Baruchweil ; \;^ M. Riocreux attribue à cette usine la marque au poisson figurée plus haut.
Montereau (Seine-et-Marne), Hall.
Lorient (Morbihan), Hervé, Sauvageau.
Bourbonnais, Sinetti, Deruelle fils.
Valognes (Manche), Lemarrons et G'*", Joachim, Langlois ; celui-ci a transféré son établissement à Bayeux.
Caen (Calvados), Mallet, Thierry. La marque est le nom de la ville à la vignette.
Gournay (Seine-Inférieure), Wood.
Nantes (Loire-Inférieure), Decaen.
Vierzon (Cher) , Klein, Pétri etRonsse.
CoLMAii (Haut-Rhin). Les almanachs de commerce mentionnent dans cette localité une manufoclure de poêles en faïence ; mais on y a fait de Ja porcelaine, ce que démontre un charmant pot à crème de la collection Gasnault signé en or : Calmar.
IHHICEL.UNE DUKE Th.VNGËllfc:
ALLEMAGNI
MeissëiN en Saxe. — Concilier l'ordre et la logique des faits, c'est ce cju'il y a de difficile dans un travail du genre de celui-ci ; prendre pour base de classification la date des usines allemandes ou leur position géographique, ce serait ouvrir un chaos où le chercheur se perdrait infailliblement. Qu'on nous permette donc d'adopler un moyen terme, et, en conservant les groupes nationaux, de débuter par l'invenlion réelle de Ja poterie kaolinique.
L'Allemagne, comme la France, rêvait porcelaine ; seulement là-bas ee n'étaient pas les céramistes qui cherchaient, mais les alchimistes ; Jean-Frédéric Bottger, fils de l'un d'eux, travaillait si ardemment, que le bruit de ses découvertes supposées parvint jusqu'à Frédéric-Auguste I", électeur de Saxe qui le fit enlever et détenir près de lui.
Bottger manipulait, et si l'or n'arrivait pas, la crainte et le découragement approchaient à grands pas : en effet, l'électeur croyait avoir
été pris pour dupe, cl afin de s'assurer de la valeur réelle de son adepte, il lui donna pour adjoint el surveillant Ehrenfried-Walther de Tscliirnliaus. Ce savant distingué avait aussi cherche l'or ; donc il ne croyait plus aux arcanes ; mais frappé de la bonne foi de son compagnon, il voulut l'aider par tous les moyens possibles. Celui-ci se plaignait de n'avoir pas de creusets assez rcfractaires ; Tschirnhaus mît à sa disposition une argile rouge d'Okrilla, dont il fit bientôt une poterie rouge ou brune charmante, résistante, et dont le seul défaut était d'exiger un polissage à la meule ou l'adjonction d'une couverte. L'élecleur fut si enchanté decetle découverte, qu'il oublia l'or et fit qualifier la nouvelle poterie du nom de porcelaine rouge.
En même temps il voulut que tous les efforts fussent dirigés vers la recherche de la poterie chinoise.
Là encore le hasard devait servir le progrès. Un jour Botlger sentant que sa perruque avait un poids plus qu'ordinaire, examina la poudre qui la couvrait et vit qu'on avait substitué une poussière minérale à la fécule ordinaire; ayantappelé son valet de chambre, il ap- - prit que, depuis peu, un certain Schnorr Pot imurri, porcebjiir <ic saïc avait trouvé ccttc Doudrc dans les envi-
(UUcc^.on dell. le ducdeHiniiu.) ^ '
rons d'Aue et la faisait vendre partout. Essayée uu laboratoire, elle fut reconnue par Bottger pour le kaolin; la porcelaine dure était trouvée.
Ceci se passait en 1 709 ; rélectcur prit immédiatement possession du gisement kaolinique ; l'usine renfermée dans l'Albrecbtsburg de Meissen dévint une forteresse oii personne ne pouvait pénétrer ; les ouvriers devaient jiirer de ijarder jnsqu' au tombeau les secrels qu'ils auraient pu découvrir.
La grande préoccupation de Bottger, c'était d'obtenir une pâte aussi blanche et aussi parfaite que celle de la Corée ; il y parvint du premier coup et produisit des pièces à décor archaïque si exactement imitées qu'on hésite souvent à les déclarer européennes. En 1719, ce céramiste
PLANCHE Xll