‹ Histoire de la céramique; étude déscriptive et raisonnée des poteries de tous les temps et tous les peoplesChapitre 13 sur 145 · B. FAMILLE VERTE · texte numérisé non relu

B. FAMILLE VERTE

Son nom n'a pas besoin d'être expliqué ; il est basé sur un fait ostensible et frappant. Toutes les pièces de cette famille brillent lie l*éclat d'un vert de cuivre tellement dominant qu'il absorbe et efface les autres couleurs.

On a vu que le vert, l'une des cinq couleurs primordiales, correspond à l'élément du bois et à l'est, et qu'il a été adopté comme livrée par les Ming, maîtres de la Chine de 1368 à 1615. On doit donc croire qu^on faisant prédominer à ce point une couleur significative dans une série de vases aussi nombreuse qu'homogène , les artistes ont cédé à une intention religieuse ou politique. L'examen du décor confirme cette supposition ; presque toutes les scènes représentées <^nt un caractère hiératique ou historique, et Ton peut même dis- ^^'^g'iier les compositions émanant de la secte des Tao-sse de celles ^•^loptées par les Lettrés.

li€ plus fréquent de tous les sujets sacrés représente la théorie des

"^ît immortels; parfois chacun d'eux est isolé, posé sur un nuage,

^'^^ feuille, un animal symbolique, et n'a par conséquent que sa va-

^^^K* individuelle; assez souvent tous sont réunis sur une montagne

este, le Li'chan^ peut-être, et ils rendent hommage à un être supé-

•^^Ur, tranquillement assis sur une grue qui plane dans l'empyrée : h

attribut aussi bien qu'à sa physionomie, il est facile de reconnaître

cJieu suprême pour Cheou-lao ; nous sommes donc en présence d'une

^^ ^xiposition de l'école du Tao, laquelle identifie le philosophe avec le

*^^ng-ti. Cette secte, cultivant les sciences occultes et la magie, nous

ntrera plus souvent le ciel que la terre ; ses tableaux offriront des

^"^nnages nimbés, entourés de flammes fulgurantes, concourant à

actes surnaturels ; s'ils combattent , les éléments fourniront les

es et, comme dans les récits homériques, les vaincus succomberont

gloulis sous des amas de nuages, entraînés par des flots tumul-

U IIISTOIRK DE LA CERAMIQUE.

lueux, ('crascs sous les conpsdu tonnerre. lorsque le peintre abandonni! les hautes régions pour s'occuper de la terre et qu'il emprunte à l'ancienne histoire quelque épisode digne d'i^tre offert en exemple aux siècles à venir, il aime encore à y faire sentir Tint er>'ent ion céleste; les dieux apparaissent dans les nues prêts à dominer les événemenis et à faire pencher la balance du sort en faveur de leurs élus.

Les lettrés, maintenus par Gonfucius dans le sentier de la philosophie, seront bien autrement réservés dans leurs figurations. Sans discuter sur la nature et sur le rôle de la Divinité, ils se bornent à lui rendre hommage selon les rites anciens ; le respect de la tradition leur tient lieu de foi, et s'ils ont àmanifiisler l'intervention céleste dans les événements humains, ils l'expriment par l'apparition des dragons, du Ki-lin et du fong-hoang, conformément à la doctrine deslivressainte. Uurs sujets de prédilection seront donc tirés de l'histoire des anciens empereurs on de celle des hommes illustres ; on leur devra la plupart (les coupes des grands lettrés.

L'une des sources les plus fécondes de la iK-inture chinoise est le san-Koue-tcby ; le livre qui iwrtece titre est, en effet, l'un des plus attachants qu'on puisse lire-, il retrace l'his^ loire des trois royaumes alors que la Chine, divisée par les intérêts d'une foule de seigneurs féodaux, cherchait à retrouver le calme sous le sceptre d'un souverain unique. Ces luttes ont nécessairement donné lieu à une foule de traits héroïques; elles ont permis à tons les hommes doues de mérite et de courage de se faire i-emarquer et d'arriver au premier rang; il n'est doncpas élon- ^ -^ nant que les scènes du San-Koue-tchy,

la représentation des grands hommes v»M! t. Hujci iiisioniuc. jp pgjj^ époque reculée, qui s'étend de

220 à 618, soient bien accueillies chez les dignitaires et dans les palais.

La plupart des ]dantes, à part certains décors agrestes où des rochers sont chargés et entourés de tiges Qeuries d'œillets, de marguerites OH de graminées légères autour desquelles voltigent des papillons

Page 1