WURTEMBERG
LouisBOURG. Fondée en 1758 par Ringler, transfuge de la manufacture de Vienne, cette fabrique fut encouragée par Charles-Eugène, duc de Wurtemberg. Elle produisit des ouvrages soignés, quoiqu'un peu moins blancs que ceux de Meissen et de Vienne, et qui se recommandent par un décor sage et bien composé. Elle fit aussi des groupes et figures en porcelaine peinte qui n'ont rien à envier à la plupart des produits similaires de la Saxe. La marque habituelle est formée d'un double C surmonté de la couronne fermée et qui se ^— . distingue ainsi du chiffre du comte Custine, de Niederviller. Oo C'est cette marque qui a valu, dans le commerce, le nom de Kronenburg, ville de la couronne aux porcelaines de Louisbourg. Mais le Wurtemberg n'a pas eu que cette seule marque. Nous avons ^J^ rencontré de fines tasses à fleurs portant en bleu un L ^^^; o/7. couronné ou l'L seul, initiale du nom de la ville. ^^*^^
Une autre marque consiste dans un écusson chargé de trois ramures de cerf, ou dans une ramure seule, quel- ^^*^ ques pièces ne portent que celle-ci ; sur d'autres Técu marque la soucoupe et la ramure la tasse. M. Ghaffers pense que ces divers signes appartiennent à la dernière époque de la manufacture. Nous les avons rencontrés sur de fort beaux spécimens bien caractérisés pour être du siècle dernier.
Bien que Charles-Eugène fût mort en 1793, les deux C croisés ont été en usage jusqu'en 1806 ; plus tard on y a substitué le chiffre TR et en 1818 WR, toujours sous la couronne.
branches intérieures sont prolongées afin d'imiter grossièrement les deux épées de la Saxe. Il ne faut pas confondre ce signe avec les pipes de la Thuringe, les produits aux deux pipes sont plus gris de pâte el moins finement décorés que ceux de Berlin.
La seconde usine a une marque unique, le sceptre qui, comme nous ^ le fait observer M. Ernest Lehr, est emprunté aux anciennes armes
Îdu Brandebourg ; l'électeur, et plus tard les rois de Prusse, eurent cet insigne comme emblème de leur dignité d'archichambellans du saint-empire. Là, comme à Sèvres, alors qu'elle était encore une propriété particulière, la fabrique jouissait donc déjà de la protection souveraine. Les porcelaines au sceptre ont une pâte flne, très-blanche, à reliefs remarquables; leur décoration est peinte en couleurs pures et bien glacées.
On cite parmi les artistes saxons transplantés à Berlin, Meyer, Klipsel et Bohme. Nous avons vu une pie délicatement modelée -et peinte, signée Efster.
Vers 1830, des établissements vulgaires ayant imité grossièrement la marque prussienne, on ajouta sous le sceptre les lettres K.P.M. Kmigliche Preussùche Manufactura ou bien une contre-marque en rouge consistant dans le globe crucigère avec les mêmes initiales.