C. FAMILLE KOSE
C'est aussi à son aspect général que cette famille doit son nom ; elle a pour base décorante un rouge carminé dégradé jusqu'au rose pâle et obtenu de l'or ; c'est ce qu'on appelle en Europe pourpre de Cassius ou rouge d'or.
Toujours mêlée à un véhicule abondant, cette couleur forme relief sur la couverte ; le même caractère se rencontre dans la plupart des teintes douces qui l'accompagnent ; la porcelaine rose est donc émaillée par excellence et ce caractère frappant lui a valu, dans le commerce, la dénomination spéciale de porcelaine de Chine, bien qu'ailleurs, au Japon surtout, on ait peint en émaux de relief.
Au point de vue de la fabrication, la famille rose se compose do pièces parfaites, blanches, et parfois si minces qu'on leur a donné en Chine le nom de porcelaine sans embryon^ et ici celui de vases coquille (Tomf. Les matières décorantes sont toutes celles dont dispose la ctframique orientale ; les peintres y ont épuisé les ressources complètes de leur palette, et les ont souvent combinées avec bonheur. La famille rose semblerait donc devoir fournir aux Chinois leurs vases de prédilection ; il n'en est point ainsi : le plus grand nombre des pièces brille d'une fantaisie annonçant l'emploi purement décoratif. Une bordure richement motivée, à pendentifs arabesques, à coins gracieusement repliés sur eux-mêmes, à compartiments diversement coloriés, entoure un bouquet de fleurs ou une terrasse plantureuse sur laquelle courent des cailles, des oies ou des chevaux singulièrement enluminés. Lorsque
houng-lchy (de 1488 à 1505), la famille rose ehinoise a fourni des coupes de la plus admirable pâte el représentant avec la plus grande perfection des oiseaux, desfleui's et des insectes. Les nombreuses coupes des grands lettrés^ souvent doublées de rouge d'or, qui se rapprochent du même faire, doivent êt»e d'une époque voisine, probablement du seizième siècle. Cela repousse évidemment les pièces vertes de style archaïque vers la première moitié du quinzième siècle. Ajoutons une dernière remarque; c'est que les porcelaines envoyées par les missionnaires et fabriquées sous leurs yeux n'avaient plus rien de commun même avec les pièces de famille rose considérées comme les moins anciennes.