‹ Histoire de la céramique; étude déscriptive et raisonnée des poteries de tous les temps et tous les peoplesChapitre 29 sur 145 · ASSYRIE - BABYLONIE - ASIE MINEURE · texte numérisé non relu

ASSYRIE - BABYLONIE - ASIE MINEURE

Hérodote constate qiie les murs d'Ecbalane en Médie étaient peints de sept couleurs; s'il est permis de supposer qu'il s'agit de ex)uleurs vitrifiées sur terre cuite, l'origine des revêtements polychromes remonterait à une bien haute antiquité dans l'Asie Mineure. Il ne semblerait pas impossible que cela fût, puisque Ninive et Babylone en offrent des spécimens certains dont les échantillons existent dans nos musées. En prenant pour minimum de l'âge des briques babyloniennes l'époque de la destruction de la ville par Darius, on arrive a l'an 522 avant J.-C, date fort respectable, tout inférieure qu'elle soit aux monuments de l'Egypte.

Les briques de Babylone sont en terre peu cuite, d'un blanc jaunâtre tournant au rose; les dessins qu'elles portent ne sont pas émaillé%; c'est une glaçitre composée de silicate alcalin d'alumine sans traces de plomb ni d'étain ; l'argile n'est pas recouverte partout ; réservée dans certains points, elle ajoute , par sa couleur carnée , à la variété de la peinture, où dominent le bleu turquoise des Égyptiens, un gris bleuté plus foncé que la teinte céleste, un blanc plus ou moins pur rehaussé

de quelques points jaunâtres, dus sans doute à une ocre femigineu^B Des rosaces, des palmeltes, des séries d'oves, des dispositions syméi::' ques se rapprochant de l'art grec, lel est le style général des briqu:

Briqun toiîlléci de Bilnlonr.

h omements et des fragments céramiques recueillis en Phénicie , v-^e3 Assjric, en Arménie et jusque dans la Perse antique. La réunion «^ ces débris avec des grains travaillés en émail et en verre prouve ^^ quel point d'avanœment était arrivé, dans ces contrées, Fart des vilri- (ioations.

Mais les briques ne portent pas seulement des arabesques; Gtésias et Diodore assuraient qu'on y voyait aussi des sujets de chasse. En cfTet , dans des fouilles effectuées à Khorsabad sur l'emplacement de l'ancien palais assyrien, M. Place, notre savant consul, a mis au jour, en arrière d'une colonnade, un mur encore debout de vingt et un pieds de long sur cinq de haut et entièrement revêtu de briques peintes représentant des hommes, des animaux et des arbres.

Kennet Lodus, le premier Européen qui ait visité les ruines de Warka, dans la Uésopolamie, y a trouvé aussi la terre émailléc employée aux usages civils ; voici ce qu'il dit à ce sujet : « Warka est sans aucun doute l'Erech de l'Ëcriturc , la seconde ville de Nemrod ou l'Orchoé des Chaldéens.

« Les remblais qui se voient à l'intérieur des murs offrent des objets d'un grand intérêt pour l'historien et l'antiquaire. Ces remblais se composent littéralement de cercueils empilés les uns sur les autres, à une hauteur de quarante-cinq pieds. Cette ville doit avoir été évidemment le grand cimetière des générations chaldéennes, de même que Meshad-Ali el Kerbella sont, de nos jours, les cimetières des Perses. Les cercueils sont très-étrangement construits ; ils ont généralement la forme d'une baignoire ouverte ; mais les parois en sont plus basses el

Page 1