POTERIES A PATE DURE TRANSLUCIDE
Le septième ordre comprend la porcelaine dure. Sa pâte fine est essentiellement composée de deux éléments principaux : l'un argileux infusible, c'est le kaolin seul ou associé soit avec de l'argile plastique, soit avec de la magnésite; l'autre, aride, infusible est donné par le
feldspath ou d'autres minéraux pierreux tels que le sable siliceux, la craie, le gypse, ou pris séparément, ou réunis de diverses manières.
La glaçure, nommée couverte, consiste en feldspath quartzeux, tantôt seul, tantôt mêlé avec du gypse.
La température de cuisson monte jusqu'à 140® de Wedgwood. La pâte se ramollissant à cette température, l'encastage exige d'excessives précautions.
Le huitième ordre est formé de la porcelaine tendre naturelle ou anglaise ; l'épithète de naturelle lui a été appliquée parce qu'il entre dans sa pâte du kaolin argileux, du kaolin caillouteux ou pegmatite altérée ; les autres éléments sont les os, donnant le phosphate de chaux, l'argile plastique, le silex pyromaque calciné et le sable quartzeux. La glaçure est composée de borax, de minium, de carbonate de soude et de flint-gla^ ou verre cristallin plombiiere. La cuisson du biscuit dure environ cinquante heures, celle du vernis se fait en dix-sept ou vingt heures.
La porcelaine tendre anglaise a la plus grande analogie avec la faïence fine ; les biscuits de Wedgwood, qu'on a qualifiés de grès, sont en pâte de porcelaine tendre.
Le neuvième ordre comprend la porcelaine tendre artificielle ou française. Cette porcelaine est l'une des plus ingénieuses inventions de la céramique; sa pâte marneuse, fine, dense, à texture presque vitreuse, dure et translucide, est complètement fusible à une haute température ; c'est en approchant de cette température qu'elle prend la translucidité charmante qui lui lui a valu son nom générique quoiqu'elle n'ait rien de commun dans ses éléments avec la poterie chinoise.
Son vernis, vitreux, transparent, plombifère, est assez dur; c'est un cristal composé de silice, d'alcali et de plomb. Il se pose par arrosage.
Comme pour la faïence fine , la cuisson a lieu d'abord en biscuit, mais comme on va jusqu'au ramollissement, l'encastage des pièces exige de minutieuses précautions et certaines doivent être mises sur des noyaux qu'on nomme renversoirs. Ces noyaux , destinés à conserver la forme des vases doivent leur permettre de prendre leur retraite sans obstacle. Cette cuisson exige de soixante-quinze à cent heures; le vernis peut cuire en trente heures.
On remarquera qu'en donnant les caractères des septième, huitième
et neuvième ordres, nous n'avons rien dit du décor qui peut être appliqué aux porcelaines. Il fallait, en effet, traiter cette question d'ensemble, car, sous un nom commun, la classe trois renferme des poteries fort différentes. Il y a déjà une distinction à établir entre les couleurs de grand feu et celles de moufle, suivant qu'il s'agit de porcîçlaine dure ou de porcelaine tendre ; dans cette dernière espèce, des tons susceptibles de supporter le grand feu seraient classés parmi les couleurs de moufle s'il s'agissait de porcelaine dure.
Posons d'abord ce principe essentiel à connaître : les décors des poteries translucides dures sont généralement posés sur la couverte, ils y adhèrent sans s'y incorporer ; il n'y a d'exception que pour les couleurs de grand feu qui vont, ou sous la glaçure, ou dedans, et qui doivent dès lors subir, sans altération, la haute température de 140^ de VVedgwood .
J^a couverte, ou glaçure des pâtes tendres, étant au contraire ramollîssable à une température assez basse, les couleurs s'y incorporent et prennent une douceur et un gras qu'on ne saurait obtenir dans les poteries du septième ordre.
^ous ne parlerons pas ici des fondants, matières vitrifiables qu'on » joute aux oxydes métalliques et aux métaux pour les faire adhérer î^'ix: excipients; ce sont là des questions qu'il faut étudier dans les »ivt*es spéciaux.
Les couleurs de grand feu pour les porcelaines dures sont : le bleu ^^ cobalt ; le vert de chrome ; les bruns de fer, de manganèse et de
^^^i*omatede fer; les jaunes obtenus avec l'oxyde de titane; les noirs
il*
^ >^rane.
On peut ajouter comme couleurs de grand feu, mais de seconde ^^ïipérature pour la porcelaine tendre, les violets, rouges et bruns de '^^nganèse, de cuivre et de fer qui décorent quelques pièces de la ''Hine.
Sj&è couleurs de moufle qui doivent être cuites ou parfondues à une '^^ïînpérature dont le maximum n'atteint pas le degré de fusion de l'ar- S^ïit fin* sont les couleurs de moufle; on distingue les dures ou cou- '^Urs de demi-grand feu ; elles se glacent à la moufle à une tempéra- ^^re bien plus élevée que les couleurs à peindre^ soit 290 à 300** du
* Entre 300 et 525 du pyromètre ou i ,000 du thermomètre centigrade à mercure.
pyromètre d'argent, et elles peuvent recevoir d'autres couleurs, la dorure brunie et le platinage.
Les couleurs à peindre sont désignées sous le nom de couleurs de moufles tendres.
Les métaux employés à enrichir les porcelaines sont l'or, l'argent et le platine.
Les lustres métalliques sont un genre de décoration dans lequel les couleurs souvent irisées participent un peu de l'éclat métallique, ou dans lequel les métaux, extrêmement divisés et mis à la manière des couleurs, doivent prendre leur éclat par la cuisson sans avoir besoin d'être soumis à l'opération du brunissage.