RUE SAINT-JULIEN
Pinon, 1722.
Maugard ou Maugras, 1722.
Guillaume-François Heugue, 1740, venu de la rue du Pré.
François-Henri Heugue.
François-Philippe Heugue.
Nicolas-Louis-François Macarel, 1740.
Pierre-Michel Macarel, 1749.
Nicolas-Roch Macarel, 1774.
Pierre-Nicolas-Robert Macarel.
as Maletra, 1 740 ; veuve Maletra, i 749. cirt-Thomas Pavie, 1754, mort en 1777.
VYlîamSturgeon, 1770.
liste n'est pas complète car nous n'avons su où placer Gabriel
i, établi en 1759, auquel sa veuve succéda, ni Bréard, dont nous
^ons trace dès 1720. Il est évident, d'ailleurs, que plusieurs noms
^^^ivent se grouper autour d'une même usine et que chacun ne repré-
^^^■^ t<î pas une entreprise nouvelle. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple,
^i^^olaè Fouquay parait avoir repris, en 1720, l'établissement fondé
P^^^K* Louis Poterat rue du Pré et exploité ensuite par sa veuve. Guillaume
tf ^^i-igue le père, mentionné pour la première fois dans un état de
1 "3^ 7^-4, semble, d'après d'autres documents, avoir fondé sa fabrique en
1 *7S^; ou l'obligea même, en 1754, à démolir un four qu'il avait
é mri ^5^c dans des proportions plus vastes que celles permises par les rè-
çl^3m:»ents.
UTn arrêt du conseil du 7 juillet 1781 autorisa les sieurs Macnemara, W^il liam Stui^eon, Simon de Suzay et Letellier à établir une mami- /cxcrCiire royale^ à charge d'effectuer leurs cuissons à la houille; des ^^3c:p>«riences furent faites en 1785; mais les protestations des autres najf ^3iiciers arrêtèrent le développement de cette entreprise.
EZn définitive, et quel que soit le nombre des noms relevés plus t» î3i.iJi.t, on sait que les usines ne dépassèrent jamais le chiffre de dixt^^xit, dont quelques-unes possédaient jusqu'à trois fours; que l'on Icîule ce qu'il fallait déjà de tourneurs, de sculpteui*s et de peintres r satisfaire aux nécessités de cette énorme production et l'on com- Ï^T-endra combien peu de noms dans cette foule ont acquis assez de ^^lébrité pour arriver jusqu'à nous. Nous allons donc mentionner ici ^^^3[ qui ont fait en quelque sorte école.
Le premier en date est Pierre Chapelle; il signait, en 1725, les
dfcux sphères monumentales qu'on a vues à l'Exposition universelle et
S}^^ avaient primitivement décoré le vestibule du château de Choisy-le-
ï^^^* Chefs-d'œuvre de la fabrique de madame de Villeray, ces sphères
s^nt supportées par des piédestaux élégants où figurent les Quatre Élé-
fneulset les Quatre Saisons entourés de guirlandes de fleurs, d'attributs
savamment composés et peints en émaux harmonieux et chauds. Ces
spécimens montrent l'art à son apogée; comme dessinateur, Pierre
Chapelle y est au moins égal aux derniers adeptes de la majolique. mourut en 1760, âge de 75 ans; il eut un frère, un fils et un nevt qui peignirent aussi la faïence, sans s'élever au même niveau q~ lui.
Vers la même époque, il sortait des ateliers de Levavasseur cm d'après M. Thaurin, de ceux d'un nommé Lambert, cinq bustes rep ^ sentant les Quatre Saisons et le Temps, de dimensions colossales, ayant pour supports des gaines de la plus riche ornementation. N^ avons pu en admirer la série complète chez le regrettable duc Hamilton. Une autre série, moins importante par les proportions moins parfaite dans l'exécution, existe encore à Paris, décorant façade d'un magasin de faïences du faubourg Saint-Germain. N< ignorons à quel artiste il faut les attribuer.
En 1756-1738, Claude Borne signe de grands plats à bordures fleurs du style de l'émaillerie, et qui couvrent tout lemarly; le fo est occupé par le groupe des Quatre Saisons et par une scène mythoï gique : Vénus endormie; dans cette vaisselle, le camaïeu bleu domin* les accessoires seuls offrent des teintes jaunes et vertes élendues sur^ dessin bleu. En 1745, Claude Borne travaillait chez Dionis; de 175» à 1757, on le retrouve chez François Heugue aîné.
Un autre peintre, Leleu, était attaché en 1742, à la fabrique de Fouquay; on connaît de lui deux plais représentant Judith qu' vient de couper la tête d'Holopherne, et Jésus et la Samaritaine; le sujets sont entourés d'une bordure de fleurs et d'arabesques sur foni pointillé. Nous croyons pouvoir attribuer au même artiste une bannett appartenant à M. Gustave Gouellain, où l'on voit Achille à la cour di roi de Scyros, se coiffant du casque et saisissant l'épée; le sa.vant pos sesseur, en nous annonçant qu'il avait rencontré la médiocre gravur de cette scène, exécutée par L. Surugue, d'après M. Vleughels, non faisait remarquer qu'elle avait les proportions exactes du plateau, t que tout semblait prouver qu'elle y avait été reproduite par 1 poncis.
Tel est, en effet, le motif de peu de durée des velléités artistique de nos faïenceries dans le genre à sujets; on donnait la plupart d temps, aux dessinateurs, des modèles sans valeur, achetés à vil pris et ces images, piquées par des apprentis, étaient reportées tant bie que mal sur le vernis el enluminées sans émulation par des peintn
que parait être la belle pièce de la collection Dutuit, et qui porte sur un manteau de pair les écussons accolés du duc de Rouvroy Saint- Simon et de sa femme issue de la maison de Durfort de Lorges. Un ^ autre surtout lobe appartenant à M. Leroux est aussi chargé des armoi-^^ ries de M, de Forbin de Janson, surmontées du chapeau d'évêquc entourées du collier de l'ordre du Saint-Esprit.
En voyant toute cette efilorescence on s'est demandé s'il ne falb pas en chercher la cause dans un fait politique plutôt que commerci^ les désastres de la fin du règne de Louis XIV avaient ruiné l'État 7 bout de ressources, environné d'armées ennemies, le roi, selon Tei pression de Saint-Simon, délibéra de se metlre en faïence; les grands^^ portèrent leur argenterie à la monnaie et y substituèrent la vaisselle peinte. Il fallait donc que la poterie fût digne des autres splendeui's de l'ameublement, et les recherches de la couleur et du dessin n'étaient pas de trop pour affronter le voisinage des meubles de Boule, des tapisseries des Gobelins et des bronzes de haut style.
La mise en faïence a peut-être contribué au développement de l'art céramique, mais on ne saurait la considérer comme la cause première du mouvement; antérieurement à 1713 on trouve déjà quantité de services armoriés et l'on doit remarquer que ces services, de même que ceux fabriqués pour la noblesse aux époques postérieures, ne diffèrent pas, par le décor, de la vaisselle destinée à tout le monde; le luxe des objets eéramiques s'infiltrait peu à peu dans la riche bourgeoisie et même dans les classes populaires; nul blason ne spécialise l'usage de l'un des plus brillants services rouennais, où des fonds chamois damasquinés de délicieuses arabesques noires servent de l'epoussoir à des rondes d'enfants en camaïeu bleu ; rien de plus richement relevé d'arabesques et de fleurs que les pichets à cidre, les vases de mariage où, près de leur saint patron, les destinataires, bourgeois des villes, cultivateurs des champs, font écrire ^^leur nom et une date :
Mauguehitë Liteau. 1736.
PiERiiE Cause. 1738.
Marie Caillot. 1775.
Julie Le Roux* 1778.
Dans les siècles qui ont précédé le nôtre, l'industrie éljBiit soumise à
^^ conditions particulières; les rapports de consommateurs à fabri-
^uis étaient presque immédiats ; l'intermédiaire semble à peine avoir
existé. C'est donc particulièrement dans les choses d'usage populaire
^uon pouvait rencontrer l'expression exacte des tendances du moment;
Un grand seigneur commandant sa vaisselle pouvait, en payant bien,
i/fiposer tel décor de son choix; le bourgeois, l'artisan qui désirait voir
son nom ou l'ariette à la mode sur le milieu d'une assiette, qui
voulait que son patron eût la place d'honneur sur son dressoir, accep-
tait^ quant au reste, les habitudes de l'atelier. Nous attachons donc
un^^ grande valeur à ces pièces où les baldaquins, les rocailles, les
ciii fiMoiseries ou les compositions à carquois et à cornes d'abondance,
p<3«T:Mmettentde suivre pas à pas, par régions et par dates, les fluctuations
du eoût.
uant aux noms des peintres, chercher à en reconstituer la liste Tioyen des monogrammes, c'est, pour une localité comme Rouen, ^^ entreprise insensée. Le nombre des individus de la même famille, émigrations de fabrique à fabrique, de province à province, fent de cette tentative un moyen infaillible de jeter une inextricable Wusion là où déjà régnent de regrettables ténèbres. Nous avons cité, r les décorations importantes à ligures, les artistes les plus émifc ts, ajoutons quelques-unes des individualités caractérisées qui ont ^?aillé dans le genre ornemental. Cardin, employé chez les frères îeten 1757, a signé de son nom entier des ouvrages à la corne et caitjuois; tous sont soignés de faire, mais les uns sont exécutés en ^ vifs et chauds, les autres en couleurs pales glacées et comme ^es sous un émail fluide. Pourquoi cette différence? est-ce un chaulent de méthode, un signe d'époque? y avait-il deux Cardin travail- • chacun dans un genre particulier ? On voit combien ces questions ^délicates. Dieul, attaché en 1756 et 1757 à cette même usine des Het, cultivait aussi le genre à la corne avec une vigueur remar- .ble.
[. Pottier ne fait, d'ailleurs, qu'une seule et même catégorie des dé-
iteurs rouennais ; ce sont les mêmes mains qui tracent les arabes-
-^ hardies, les patientes dentelles et ces figures tâtonnées, parfois
ormes, dues au défaut d'habitude et surtout aux mauvais modèles.
^^^ssi, parmi les pièces de commande à ligures patronales, voit-on les
<V*^ins de peintres se multiplier; en 1777^ un broc à rocailles, fleurs et
oiseaux entourant la figure de saint Jean, souscrite du nom de Jean de Haïe, porte en dessous : Fedt Petrus Masse ^ etc., ano 1777; Simon Amel fils signe, en 1782, unautrebroc au nom de Julie Le Roux, où des ornements à la corne encadrent une Sainte en extase, agenouillée près d'une pierre, sur laquelle est écrit : Mon cœur voile verre le ciel. Saint François, détaché sur un décor de fleurs, ressort, avec le vocable François Goujon^ sur un pichet inscrit ainsi : Fait par moi Gabriel-Antoine Delisle^ 1785. Une canette à simples bouquets a été faille par Louis Cornu^ le 6 août 1779, à Roiien^ chez M. Levavasseur.
Du reste, à part les légendes nominales et quelques objurgations comme celle de sainte Julie, les faïences rouennaises sont peu parlantes : quelques couplets joyeux, des invitations à boire, souvent d'une orthographe des plus fantaisistes, voilà tout. Citons ce quatrain qui fait exception; il est écrit sur un broc daté de i 731 :
Je suis un autidotte, et je suis un poison, Je réveille les sens et j'endors la raison, J'avance le trépas et prolonge la vie.
Et je sème la guerre où la paix me convie.
Les signatures des tourneurs modeleure sont encore plus rares que celles des peintres. Voici une de ces pièces hydrauliques, à jet intermittent, dites fontaines de Héron. Sous le pied Fauteur a gravé : Fedt anno 1744, par moi Marsollet; Noyon^ en 1761, signe un broc destiné à Catherine Catel, et à rocailles entourant sainte Catherine; n'estil que le tourneur, et ne peut-on pas supposer que, comme Pierre Masse, il est l'auteur de la pièce, pâte et décor? /. Guillaume grave son nom sous un cartel ou porte-montre rocaille dont la facture implique au moins une certaine difficulté. Voici un grand pied de croix remarquable à plus d'un titre; en dessous on lit : Modelé par Henry — 1 779. La terre, finement travaillée, est glacée par une couverte transparente, décorée sur certaines parties d'emblèmes colorés, d'attributs de la passion et d'un écusson royal. Morlait le jeune signe, en 1781 , un Christ assez passable d'exécution, mais qu'il a eu le tort de vouloir émailler, malgré son inexpérience de l'emploi des couleurs; enfin, on lit le nom de Pierre Omon — 1789, sous le pied d'une croix peinte en 1790 par un décorateur dont le chiffre est composé de deux P et un C entrelacés.
Style rmiennais rayonnant ^ à lambrequins et corbeilleSj gxiirlande% de fleura, etc: hleu^ bleu et rou^e et polychrome simple.
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Sfy/e rœiennais à lambreguim^ guirlandes et corbeilles, en bleu rehaussé de noir ,
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Style rouennais, même décor polychrome^ avec du vert de ettinre nmporé par le feu.
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Style orientai rouennaii à la corne, polychrome vif.
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style, décor où domine le jaune dtrin et où se confondent les its de Rouen et de Sinceny.
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C^^ tte dernière marque est sur une plaque à mascaron en relief d'un teai^m modelé, portant un bras de torchère.
^ ^=>ur compléter ces renseignements, donnons ici la liste des centres
ç^\ ^3nt imité plus ou moins habituellement le décor normand; ce
^oi^^ :Dangu, Lille, Paris, Sinceny, Desvres, Bailleul, la Nocle, Ma-
^^i^^, Nantes, Marseille, Moustiers et Nevers, dans quelques spécimens
ITiciles à déterminer. A l'étranger, ce sont Bruxelles, Ansctc.
s chercherons, en parlant de chacune de ces fabriques, les cajs qui peuvent permettre de distinguer leurs produits, i la fin du siècle dernier, il s'est établi à Rouen une usine toute e destinée à produire des faïences peintes au moufle, en imigrossière de la porcelaine ; deux pièces excessivement curieuses Lire à l'Exposition universelle; toutes deux étaient des jardinières rocaille divisées par une cloison longitudinale. La pâte en était , bien travaillée, l'émail beaucoup plus blanc que celui des spé- 5 anciens; des bordures déchiquetées, bleu ou rouge vifs, cntouun décor plein à paysage avec figures, d'un mauvais dessin et în couleurs crues où domine un rouge d'or un peu brun , rapcclui des vases de Vaucouleurs et de quelques autres centres lorde menues arabesques rouges sur les cloisons, de légers rehauts )mplétaient la décoration. Derrière on lisait : VavasseuràRouan. itre jardinière, évidemment de la même main, fait partie de la ion du Musée de Cluny. Nul ne prétendra faire remonter ces m delà de l'époque que nous leur avons assignée ; le style, les cherchent à rivaliser avec les ouvrages de Sceaux ou mieux avec celaine. La découverte de Dorio n'avait donc eu, comme nous s avancé, aucun effet en 1708, et c'est au moment de la déca qu'il était réservé à Vavasseur d'opposer son genre bâtard a its expirants de la plus illustre faïencerie française. «T'Adrien. — On trouve dans les Annonces et affiches de ISorm 785, p. 183 : « 11 sera vendu, par décret du baillage de Rou lanufacture de faïence à Saint-Adrien, paroisse de Belbeuf... ellement sur la dame veuve Druault. » En citant ce passo dré Pottier ne donne aucun renseignement ni sur la date de i { de l'usine, ni sur la nature de ses travaux. [Ges-les-Eaux. — Cet établissement, fondé vers 1798, avait j> [le faire de la faïence façon anglaise.
Havre. — Celte ville a eu des usines dont les produits sont iconnus sans doute parce qu'ils se confondent avec ceux de Rots 88, Gournay en faisait mention dans son Almanmh générai eixe et deux chefs d'élablissemenls signaient encore, en 1 791 lente réclamation contre le traité de commerce avec TAngletc?