EN COULEURS
Assiettes pour service, la douzaine. 8 liv.
Id. ii soupe ou de dessert. 8 liv,
ft'nitiers formant un bouquet de roses. 2 liv. 8 s.
Id. à ornements, i Ht. A s.
Cafetières du contenu de 12 tasses à pieds, 2 liv. 10 s.
Cabarets garnis de 6 lasses, soucoupes, sucrier, cafetière, pot au hiil. 15 liv .
Écritoire à coffre sur un plateau. 5 liv.
Idem, cylindrique. 2 liv. 10 s.
Idem, à mosaïques découpées à jour, 7 liv. 10 s.
TouL. — Ici nous nous bornons à copier la réclame de Gournay, dans son Almanach général du commerce : « Les ouvrages qui sorlent de cette manufacture consistent en tout ce qu'il est possible de fabriquer en faïence fine et commune, en faïence blanche et peinte à Tinstar du Japon, en terre de pipe cmaillée et blanc de porcelaine, tant en uni, en blanc doré qu'en peinture fine aussi à l'instar des porcelaines de France. On y fait aussi des vases antiques et modernes en blanc, richement dores et peints en couleur; des camaïeux bleu fin, aussi richement dorés ; différents ouvrages en beau biscuit, tels que groupes* figures, bustes, vases, médaillons d'hommes illustres, etc., d'après W dessins des plus grands maîtres.
c< La solidilé, la blancheur, la beauté de l'émail, la finesse ^^ la
variété des couleurs, distinguent les ouvrages de cette manufactu^Hk^ '■^«i
qu'on peut dire en général être un bel établissement. On y pto» r mj^te
toutes les demandes possibles, on y peint en couleurs ou en or ton armoiries ou chiffres sur toutes sortes de pièces indifféremment.
« Les ouvrages de cette manufacture jouissent d'une modération droit de trois livres par quintal dans tous les bureaux des cinq gro5 fermes.
« Propriétaires : MM. Bayard père et fils. »
Cette dernière indication nous semble avoir une importance particulière; en 1788, Charles B ayard avait quitté Bellevue, et, dès lors, c'est à Toul que paraît s'appliquer le tarif de figures et groupes, donné ci-dessus. >
Moyen, dans le pays messin, à trois lieues de Lunéville ; c'est encore Gournay qui parle : a Manufacture considérable de faïence fine ; la solidité, la blancheur, la beauté de l'émail, le goût, la finesse et la variété des dessins font distinguer les ouvrages qui en sortent : ils ont en outre l'avantage d'aller au feu. Entrepreneurs : MM. Chambretlc cl C'*. » La fabrique de Moyen exerçait encore en 17fll .
Nancy. Le 11 janvier 1774, le sieur Nicolas Lelong était autorisé a
Monter une faïencerie dans le faubourg de Saint-Pierre ; voici les lettres
patentes du 24 avril suivant, qui fixaient le droit auquel il était imposé :
^^ Sur la requête présentée au roy, etc., par le sieur Nicolas Lelong,
Wirgeois de Nancy, contenant qu'il a obtenu, le 11 janvier dernier,
^ti arrest du Conseil qui lui permet d'établir au fauxbourg Saint-Pierre
de ladite ville une manufacture de fayance, et que cet arrest doit être
revota de lettres patentes qui ne peuvent être scellées sans payer le
droit de marc d'or ordonné par l'édit du mois de décembre 1770.
Pourquoy il supplie Sa Majesté vouloir bien en fixer le montant, etc..
Ordonne que le sieur Lelong payera 500 livres... »
Si c'est à Nicolas Lelong que nous devons attribuer une grande ton-
tair^e à six pans décorée d'arabesques de style rouennais et dont la
vasque, ornée d'un médaillon chantourné entouré de fleurs et rinceaux
rfc l)on goût, renferme cette inscription : À. Majorelle dDyon, nous
po^jB. -^ons dire que sa fabrication était fort remarquable. Le nom Nancy
<?cri:*i t sur cette pièce constate son origine. On a fait à Nancy un biscuit
P^^x^Eiculier, dit biscuit de Nancy.
^ÎMoNTENOY, à deux lieues de Nancy; cette fabrique est citée sans autres ** ^ t-xmils dans l'Almanach de Gournay.
aint-Clément. Sa fondation remonte, dit-on, à 1750. Le propriétaire <îette usine s'associait, en 1791, aux réclamations des céramistes *re le traité avec l'Angleterre. En 1835, M. Sigisbert Aubry la di- ^*^^«^*ïait et la quitta pour Bellevue.
IpiNAL (Vosges). Cette fabrique est encore une de celles que Gournay rationne sans commentaires.
lAHBERViLLERs. A l'égard de ce centre, le même auteur est moins îrvé ; il écrit : « Ses faïences tiennent le feu, elles ont une blancheur ^^ ^^^:^ne beauté qui approchent de l'émail ; on les orne de peintures fines, ^c:^ Entrepreneur, M. Gérard. »
XJne pièce charmante, répondant au signalement de Gournay, existe A^^s la collection de M. le docteur Guérard ; elle porte précisément en A^^sous la marque G.
Vaucouleurs (Meuse). Cette fabrique a dû être fondée par un sieur Oirault de Berinqueville en vertu d'un arrêt du conseil du 16 dé- ^mbre 1758, dont il sera question plus loin; le désordre de nos archives, en ce qui touche les manufactures, ne nous permet d'acquérir aucune certitude à cet égard.
Le genre des produits de Vaucouleurs est le même que celui -autres centres lorrains : faïence mince, bien travaillée, blanche d'ém; h peinture vive jusqu'à la crudité ; faïence fine remarquable, d'un àSc:^^ riche et cherché. j<
Sur de jolies jardinières à reliefs rocaille rehaussés de jaune, (^'^^ rouge d'or et de vert vifs, nous avons vu des chinois style de Strasbourg^ > une écritoire charmante, appartenant h madame Furtado, offrait, avec les mômes rocailles, des guirlandes de fleurs, et en relief des flambeaux et personnages vigoureusement coloriés.
Mais les pièces capitales et certaines qui ont figuré à l'Exposition universelle sont plus curieuses encore : c'est un grand vase pot |K)urri à couvercle, surmonté d'un bouquet en relief, et à anses formées de groupes de fleurs; ce sont deux autres vases couverts, à anses cordées semées de points rouges, à culots de feuilles d'acanthe d'un vert vif rehaussé de noir; puis des bouquets jetés entre des zones et bordures roses, brodées d'un travail enlevé à la pointe. Ce genre de décor, tout à fait semblable à celui appliqué dans la fabrique moderne de Pesaro, nous fait penser que des artistes italiens avaient été appelés à Vaucouleurs.
MoNTiGNY, près Vaucouleurs : deux fabriques. Voici le document qui nous a permis de jeter quelque lumière sur les fabrications céramiques de la Meuse :
« Louis, par la grâce de Dieu, etc.. Nos amés Mansuy Pierrot el François Cartier, marchands fayenciers, demeurants à MontigTiy, près Vaucouleurs, nous ont fait exposer que, dans l'instance pendante en notre Conseil, tant pour raison de l'opposition par eux formée h l'arrel rendu en notre dit Conseil, le 16 décembre 1738, sur la requête du sieur Jacques-Antoine Girault, sieur de Bérinqueville, et à l'enregistrement des lettres patentes du 18 septembre 1739, par lesquelles nous avons confirmé l'établissement fait par les auteurs du dit sieur Girault de Berinqueville, et nous avons fait défense h tous ceux qui ont fait de pareils établissements sans permission, de continuer leur travail jusqu'à ce que par nous il en ait été autrement ordonné, et ce aux peines portées par ledit arrêt; que de celle pareillement formée par ledit siour Girault à l'arrêt rendu en notre Conseil le 28 novembre 1 741 , sur la requête des exposants, tendant à ce que, pour les causes y portées, il nous plftt leur accorder la permission de continuer l'usage
des manufactures de fayance qu'ils ont établies depuis dix ans dans le (lit lieu dcMonligny et en conséquence faire défense au dit sieur Girault et à tous autres de les troubler, et leurs ouvriers. — Il est intervenu un arrêt en notre dit Conseil le 25 décembre 1742, sur les productions respectives des parties et sur l'avis du sieur intendant de Champagne, pour l'exécution duquel arrêt nous avons ordonné que toutes lettres patentes seraient expédiées. A ces causes, de l'avis de notre Conseil qui a vu le dit arrêt du 25 décembre dernier dont extrait est ci-attaché, etc.. faisant droit sur l'instance, nous avons, conformément au dît arrêt, donné et donnons acte au sieur Girault et aux dits sieurs Pierrot et Cartier de leur désistement des demandes en opposition par eux réciproquement formées aux arrêts de notre Conseil des 16 décembre 1738 et 28 novembre 1741, ce ftûsant par grâce et sans tirer à conséquence, nous avons, de notre pleine puissance et autorité royale, confirmé l'établissement, par les dits Pierrot et Cartier, de ieux manufactures de fayance situées dans la paroisse de Montigny et leur avons permis et permettons d'en user comme par le passé, etc. » Cet arrêt, rendu le 29 janvier 1743, était enregistré le 4 août 1745 seulement. En 1788, Gournay ne citait qu'une usine à Montigny. Nous n'en connaissons ni la marque, ni les produits.
^^lermont-en-Argonne. Tout ce que nous savons de cet établissement, c'est qu'il travaillait encore en 1791.
W'^LY. Cette petite fabrique, qui a produit des faïences à fleurs, est P^i^ticulièrement réputée, dans le pays, pour la pureté de son bleu; pour qualifier une belle nuance de ce ton, on dit proverbialement bleu c^ïinniQe la faïence de Waly.
I-»b:s Islettes. En 1737, l'usine des Islettes, dont l'établissement remoTit^ît peut-être à une date très-antérieure, était sous la direction à iXTx nommé Bernard. Ce qui semblerait indiquer une fabrication d'une c^^^^^ine importance, c'est qu'à la date indiquée plus haut, un peintre d^ ronom, Joseph Le Cerf, émigra de la Meuse dans l'Aisne, et vint tra- ^ wler à Sinceny. Les produits connus des Islettes sont d'une date assez f^^c^^tite et d'une médiocre décoration. On se rappelle l'assiette envoyée çaT M. Maze-Sencier à l'Exposition universelle; d'assez jolies déchiquelures roses descendaient du bord ; au centre, dans un médaillon entouré de laurier, un buste de femme en bonnet rond, porte celte lérrende : Épome du philosophe républkain français. Il y a mieux encore :
sur certains services, un Grenadier, coiffé du bonnel à poil, (ombe aux genoux d'une femme vêtue du plus simple costume.
On a iiiit aussi aux Islettes des terres à feu doublées de bnm ayant une bordure losangée et, au centre, une corbeille dans le style
rouennais.
TmoNviLLE (Moselle). C'est sous la rubrique de cette ville que signe, en 1791, l'un des céramistes réclamant contre le traité avec l'Angleterre. Est-ce à dire que la fabrique fût à Thionville même? Nous ne le pensons pas, et voici les renseignements que nous fournit, à cet égard, M. Durand, de Distroff. En 1756, le département de Metz, par Stemer, contient cette phrase : « La Grange, à une demi-lieue de Thionville, il y a une belle fayancerie. » C'est donc là le vrai centre de la fabrique, et Thionville était probablement le lieu de débit; toujours d'après Stemer, la Grange et Niederviller se distinguaient par leurs beaux vernis.
Sarreguemines. — On sait l'immense développement qu'a pris, dans les temps modernes, ce magnifique établissement fondé vers 1770. C'est particulièrement dans la faïence fine et les cailloutages qu'il s'est distingué, dès avant la révolution. Ses décors en brun sont de bon goût; quant aux vases imitant les marbres, le jaspe et le porphyre, on ne peut rien rêver de plus parliiit et de plus surprenant.