FRANCHE -COMTÉ
Cette contrée, peu cérainique, ne nous arrêtera pas longtemps; d'après la liste de Glot, Besançon avait trois fabriques en activité en 1791 ; l'une d'elles faisait probablement de la porcelaine.
A Rioz, près Besançon, un cordonnier s'avisa de se créer faïencier; quelques pièces de lui, conservées par M. Francis Wey, sont d'autant plus curieuses qu'elles montrent la justesse de ce dicton antique : « !Sc sutor ultra crepidam : Cordonnier, ne te risque pas au delti de la chaussure. »
Atifiois, dans le Jura. M. le comte de Liesville possède le plus ancien spécimen connu de cette fabrique : c'est une assiette décorée en bleu dans le genre de Moustiers, plus large d'exécution et un peu sommaire ; au centre est la patronne de la destinataire avec le nom, l'indication du lieu et la date de 1746.
L'Almanach de Gournay mentionne, en 1788, l'usine d'Arbois el nous apprend qu'elle était dirigée par un sieur Giroulet ; à ce moment, elle devait déchoir si nous en jugeons d'après une pièce de 1787 classée aussi dans la collection de M. de Liesville; ce tonnelet à boire porte en effet une décoration polychrome très-vulgaire pour le style el pour les émaux.
arts^ d'une notice sur les faïences du Midi, où nous mentionnioDS ces pièces, suscita des explications de M. Etienne Milliet, dans le Journal de PAiUj et, dès lors, l'histoire de Meillonas fut éclairée.
Entre 1740 et 1750, madame de Marron, baronne de Meillonas, établit dans son château le fourneau qui devait acquérir du renom. Amie des lettres et des arts, cette dame, née Carrelet de Loisy , de Dijon, ne se contenta pas de peindre elle-même les ouvrages qu'elle voulait offrir en cadeau, et dont bon nombre allèrent dans sa ville natale; elle appela des artistes du dehors. Pidoux fut certainement Tun d'eux. Le souvenir de Meillonas est resté dans la Bourgogne avec quelquesuns des chefs-d'œuvre de l'usine. M. Baux, de Bourg, possède deux remarquables vases finement peints. M. Phil. Le Duc conserve aussi de curieux spécimens de même origine ; enfin M. de Surigny a eu par succession des pièces peintes par madame de Meillonas pour son /p\^ arrière-grand'mère ; ces faïences fond jaune à réserves ornées de bouquets sont toutes marquées de ce chiffre :
La manufacture de Meillonas a passé en différentes mains, et elle ne produit plus que de la faïence usuelle d'excellente qualité. M. Joly, le possesseur actuel, voudrait lui rendre son ancienne splendeur artistique.
La décoration habituelle des pièces créées sous l'inspiration de madame de Marron consiste en gracieuses guirlandes de fleurs, reliées et entrelacées par des rubans aux couleurs brillantes; au centre, des paysages finement peints appellent plus particulièrement Tattention. Presque toujours ces ouvrages sont sans marques; les jardinières de Pidoux ont permis de déterminer l'origine d'un magnifique plat anonyme du Musée de Cluny.
Pont*de-Vaux (Ain). Léonard Racle, architecte de Voltaire, avait fondé à Versoix, près de Genève, une fabrique de poterie qu'il transporta ensuite à Pont-de-Vaux. C'était surtout à la production des grandes pièces, propres à l'embellissement des intérieurs somptueux, qu^ou s'appliquait dans cet établissement. Presque toujours les œuvres monu* mentales ne se recommandaient que par la forme et ne recherchaient pas l'éclat des couleurs ; il se faisait pourtant de la faïence blanche à rehauts d*or.
Notre ami Tainturier possédait les manuscrits relatifs à cette fabrique et il projetait d'en publier ce qui eût pu intéresser les curieux.
Bourg. Ce chef-lieu du déparlemeni de l'Ain a eu aussi sa faïencerie; la liste de Glot nous prouve qu'on y exerçait encore en 1791, mais nous ne savons à quelle époque remontait rétablissement, ni quelle était la nature de ses produits.