UÉGIOS DU CENTRE ORLÉANAIS
Orlé.vks (liOiret). — L'histoire céramique'd'Orléans est pleine d'incerlitudes et de contradictions; le premier établissement dont on trouve 'îi trace est celui dont M. Piot a retrouvé, dans les archives de la ville, Varrêl constitutif; le voici :
Arresl du Conseil (Testât du roy portant privilège exclusif en faveur au sieur Jacques-Etienne Dessaux de Romilly^ pour la manufacture f^yaie de fayance de terre blanche^ purifiée^ établie à Orléans, du \'^niars 1753.
« Sur la requête présentée au roy, en son Conseil , par Jacques- Etienne Dessaux de Romilly, directeur de la manufacture royale des glaces de Saint-Gobain ; contenant qu^après Un travail et des recherches depuis près de dix ans et des dépenses considérables, il est parvenu à trouver le secret de composer une fayance dont la blancheur et Ja qualité sont supérieures à tout ce qui s'est fait jusqu'à présent; qu'il
est en état d'en faire avec succès, non-seulement toutes sortes HT ouvrages de fayancerie, et autres d'usage et d'agrément, mais enc::==^rc d'autres pièces extraordinaires, comme vases à fleurs, figures pour — 'es jardins et surtouts pour les desserts ; que celte fayance est, dans 1*^ ^^' térieur comme à la superficie, d'un très-beau blanc, exempte des SI na* pressions du chaud et du froid, de l'air et de l'humidité, qualités «:^^^ en rendront l'usage aussi utile qu'agréable pour le public, ce qui a ^«^Ic reconnu par les essais qu'il en a faits, lesquels ont élé examinés ^^'^ le sieur Hellot, de l'académie des sciences ; que dans la vue de se ren«:=J ^ utile à l'État et au public, il désirerait établir dans le royaume, une ^u
plusieurs manufactures, mais que, pour former de pareils établi ments, il a besoin, avant de faire de nouvelles dépenses, d'y être a risé, pour empêcher que les ouvriers auxquels il sera obligé de con son secret, ne puissent lui causer aucun préjudice : Pourquoi requ le suppliant qu'il plaise à Sa Majesté : 1^ lui accorder, et à ses hoi ayants cause, un privilège exclusif pendant trente ans pour for soit à Orléans, ou dans toute autre ville du royaume qu'il trouv dans la suite, plus convennble au bien du public, une ou plusi manufactures dans lesquelles il fera fabriquer toutes sortes d'ouv de fayance de sa composition, avec permission de les faire vend débiter dans la ville et faubourgs de Paris, et dans toute l'élenduo du lm\ royaume, avec défenses à toutes personnes de quelque qualité et Gon- /-^ < dilions qu'elles soient, de faire aucun pareil établissement ni de cou- r;^ trefaire lesdits ouvrages, lesquels seront marqués d'une nnarque panî- l^n eulière, à peine de confiscation des marchandises, ustensiles cl 1''®* matériaux au profit du suppliant, et de la somme de quatre mi ^^^ y^ livres d'amende; S^'nue ledit établissement aura le titre de MaiiurS»'^- 1 lure royale et, en conséquence, qu'il sera permis au suppliant mettre sur la principale porte d'entrée une inscription avec ces raol?^^ c< Manufacture royale de fayance de terre blanche purifiée^ » u^ -^ d'avoir un portier à la livrée de Sa Majesté ; 3" l'exempter, lui, ses hoin^^^\e et ayants cause, de toutes charges publiques, comme tutelle, curatelle ^^ ^^ et garde, et, tant pour eux que pour ses commis et ouvriers, de paie- «
ment de taille , taillon , tirage à la milice et logement de gens de guerre; 4° défense à tous propriétaires de manufactures de porcelaines et de fayances d'employer, dans leurs ateliere, aucuns des ouvriers qui auront travaillé dans la manufacture du suppliant, sans i\ui\ leur soit
apparu d'un billet de congé, daté de deux mois avant le jour qu'ils se présenteront, à peine de mille livres d'amende ; 5° commettre le sieur Intendant et commissaire départi du lieu où sera ledit établisse^ nient, pour connaître et juger toutes les contestations qui pourraient survenir entre le suppliant et les ouvriers de ladite Manufacture, circonstances et dépendances, pour tout ce qui pourra concerner l'exécution dudit privilège ; 6^ ordonner au surplus que, sur l'arrêt qui interviendra, il sera expédié des lettres patentes.
«( Vu ladite requête, ensemble l'avis du sieur Intendant et commissaire départi en la généralité d'Orléans : Ouy le rapport, le roy étant en son Conseil, a permis et permet audit sieur Dessaux de Romilly, ses hoirs et ayants cause, d'établir dans la ville d'Orléans unç manufacture pour y fabriquer, exclusivement à tous autres, pendant l'espace de vingt années, toutes sortes d'ouvrages de fayance, en terre blanche de sa cx>mposition, aux conditions par lui de mettre dans un an ladite manufacture en état de travail, et que les fayances qui s'y fabriqueront seront marquées de la lettre 0, couronnée et peinte en bleu de saffre, sous couverte. Lui permet-de faire vendre et débiter lesdites fayances dans la ville et faubourgs de Paris, ainsi que dans toute l'étendue du royaume, avec défenses à toutes personnes, de quelque qualité et condition que ce puisse être, de former pendant la durée dudit privilège, de pareils établissements dans l'étendue de dix lieues aux environs de ladite ville d'Orléans, et de contrefaire lesdits ouvrages à peine de confiscation des marchandises, ustensiles et matériaux, de quatre mille livres d'amende et de tous dépens, dommages et intérêts. Veut Sa Majesté que ledit établissement ait le titre de Manufacture royale ; permet en conséquence audit entrepreneur de faire mettre sur sa principale porte, un tableau avec une inscription portant ces mots : « Manufacture royale de fayance en terre blanche purifiée » et d'y avoir un portier à la livré de Sa Majesté. Ordonne en outre que, tant ledit sieur de Romilly, ses hoirs et ayants cause, que les commis et ouvriers principaux employés dans ladite manufacture, seront taxés d'office modérément par une seule et même cote, au rôle de la capitation de la ville d'Orléans, à l'exception de ceux qui, par eux ou par leurs femmes, feront quelque autre commerce, auquel cas, lesdits commis et ouvriers seront imposés à la capitation pour raison dudit seulement. Veut pareillement qu'ils soient exempts de logement de gens de guerre, même les commis et ouvriers mariés,
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pourvu qu'ils ne fassent point d'autre commerce, que tous ceux
seront garçons que ceux qui seront mariés au-dessous de l'âge de
20 ans, jouissent de l'exemption de la milice. Fait Sa Majesté très- t'x^
presses inhibitions et défenses à tous propriétaires de manufactures Je
porcelaines et de fayance, de recevoir et d'employer dans leurs ateli -^«^^rs aucun des ouvriers qui auraient été employés dans la minufirti ^il dudit sieur de Romilly, sans qu'il leur soit apparu d'un billet de i m ^ gé signé de lui ou du Directeur de ladite manufacture, daté de deux n^. m li avant le jour auquel ils se seront présentés, sous les peines portées ^ ^nr le règlement du 2 janvier 1749. Sera tenu le Directeur de ladite w ^nnufacture de dresser, chaque année, un état des commis et ouvri ^L^^rs principaux y travaillant, lequel état sera représenté au sieur Intend^s^^ ni et Commissaire départi en la généralité d'Orléans que Sa Majest^^^ a commis et commet pour connaître et juger, sauf l'appel au Cons^ ^1, toutes les contestations qui pourront survenir tant entre ledit S. ^e Romilly et les commis et ouvriers que toutes autres circonstances el dépendances pour raison de l'exécution dudit privilège : faisant défe jl:^ se aux parties de se pourvoir ailleurs et à toutes ses cours et juges d^^^n connaître à peine de nullité, de cassation de procédure et de tous cV epens, dommages et intérêts. Enjoint Sa Majesté audit sieur Intenda^^Hil de tenir la main à l'exécution du présent arrêt sur lequel toutes letti nécessaires seront expédiées.
c( Fait au Conseil d'Etat du roy, Sa Majesté y étant, tenu pour I finances à Versailles le treize mars mil sept cent quarante trois.
« Signé : Rouillé. »
c< Charles-Amable-Honoré Barentin , chevalier d'Hardivilliers , les fiellerneries et autres lieux, conseiller du roy, etc., ordonnons que le présent arrêt sera exécuté, etc., 30 septembre 1753.
« Registréaugreffede l'hôtel de ville d'Orléans, 21 novembre 1755.»
Cet arrêt fut suivi d'effet; en 1755, un sieur Leroy était directeur de la manufacture ; mais en 1757, Charles-^Claude Gérault-Daraubert ayant racheté les actions des divers intéressés, se trouva seul propriétaire de l'établissement, et lui donna une impulsion extraordinaire, joignant bientôt la porcelaine à ses autres fabrications.
La marque mentionnée dans Tarrêt , et qui semblerait devoir être fort répandue, est au contraire d'une excessive rareté ; nous ne con-
aissons encore qu'une seule pièce qui la porte ; c'est un Chinois assis aeorochant des deux mains aux branches divergentes d'un arbre, 3issé malheureusement, et qui devait se terminer par des ornements panouis en bobèches ; en d'autres termes, c'est un de ces flambeaux à [eux branches dans le goût de la Saxe. Ce précieux spécimen, classé à Liixerre dans la collection de M, Durut, nous a permis de reconnaître 'origine de quelques autres objets non marqués, notamment des fîguines de la collection Paul Gasnault, qui semblaient se rapprocher des >oteries tendres italiennes par la couleur de la pâte et du vernis. / siuteur de ces figurines est un nommé Jean Louis qui , certes , ne nanque pas de talent ; pourtant il survint enti*e lui et Gérault-Darau- »ert des contestations qui exigèrent l'intervention de l'autorité; la upplique de l'artiste est des plus curieuses, d'abord parce qu'elle nous ait connaître ses pérégrinations industrielles et qu'elle nous initie, insuite, aux habitudes des ateliers et à la vie intime des artistes d'alors ; ^oîci cette supplique :
ce Supplie humblement le sieur Louis, ouvrier sculpteur, dans la manufacture de fayance, à Orléans, et représente à votre grandeur, qu'il ^ui appelé de Strasbourg par l'entrepreneur de la manufacture de Sceaux, d'où les intéressés, qui établirent celle d'Orléans, pénétrés des injustices qu'il y essuyait, le tirèrent et convinrent avec lui, aux clauses et conditions portées au contrat dont la copie est ci-jointe.
« Ces conditions furent dictées par une bonne foy réciproque, et ^'après la connoissance certaine des talents du suppliant, dont les ^^vrages ont été honorés de la présence de Monseigneur, qui daigna 'Ur donner quelque prix par ses éloges.
« Alors le sieur Leroy, directeur de cette manufacture, était religieux aservaleur du traité fait avec le suppliant; il avait quelques égards ^^r lui ; un cabinet séparé pour exercer tranquillement ses talents, ^elque indulgence pour les heures du délassement, qui est absoluf^^ut nécessaire à l'ouvrier qui invente, médite et opère en même IBmps, tout était alors conseillé par la justice et l'humanité.
« Aujourd'hui le sieur Gérault, acquéreur des a>ctions des dif)erB inté-
f cs«é«, et guidé par un système d'économie, prétend l'étendre sur les
appointements du suppliant; les 1248 livres dont il jouit par année,
au^ termes du susdit contrat, lui semblent un fardeau dont il veut se
débarrasser ; en conséquence, il ne cesse de vexer le sieur Louis par
toules sortes de voyes : plus d'égards, plus de cabinet séparé ; confoi avec (outes sortes de manœuvres, distrait par leurs criaiileries, il qu'il redouble de tension d'esprit pour que ses ouvrages ne s'en sentent pas ; le délassement en est plus nécessaire, et le suppliant e^.^ d'autant plus lésé, que suivant le contrat, il luy est fait, par chaquef ^^ jour de vacance, un rabais plus fort que ne le portent ses appointements; savoir de quatre livres dix soh. . ^
c( A ces vexations ont succédé des imputations et des propositions injustes et captieuses ; le sieur Gérault a divulgué que le sieur Louis était devenu infirme, il a avancé qu'il ne remplissait pas son devoir, il propose de mettre le suppliant à ses pièces , d'être estimateur arbitraire de ses ouvrages et d'annuUer ainsi un contrat qu'il a dicté et signé luy même; enfin, sans respecter aucune justice, il veut asservir et avilir un ouvrier qu'il a sollicité cy-devant et le frustrer de ce qui luy est assuré par écrit, comme on l'a frustré des promesses verbales.
a II s'est flatté, Monseigneur, de surprendre votre religion par des exposés sans fondement, mais l'équité de votre grandeur d'accord avec la supériorité de ses lumières , et la protection qu'elle daigne accorder aux talents appelés en France, luy ont fait suspendre son jugement; elle a fait attention à la foy due à un contrat passé librement et authentiquement ; elle s'est réservé de prononcer après que le suppliant aurait éclairé les imputations qui luy sont faites.
a  ces causes, le sieur Louis supplie humblement Monseigneur qu'il luy plaise l'admettre en sa présence pour écouter sa justification, el contredire ce que le sieur Gérault pourrait avoir avancé de contraire aux intérêts el à la réputation du suppliant, etc. »
Cette contestation n'est pas la seule qui s'éleva dons la manufactui-e d'Orléans; l'intendant de la généralité reçut une plainte d'un autre sculpteur, Bernard Huet, qui réclamait le payement de certains ouvrages exécutés à prix convenu et qu'il cotait ainsi :
Figure de huit pieds, cent livres ;
Deux figures de quatre pieds, cent livres ;
Deux modèles, trente-six livres.
Le sieur Gérault, de son côté, prétendait que le prix fixé pour une figure de huit pieds avait été de trente-six livres : que, pendant une absence qu'il avait dû faire, madame Gérault avait fait prix avec le plaignant, savoir :
5(8 HISTOIKb; DE LA CitRAHIQUB.
dans cft lieu, en 1788, une usine dont le directeur et les correspond-» ^~ dants étaient les sieurs Leroy-Dequoy et Goullu^Duplessis.
GiEH (Loiret) . — Ce nom, avec une date illisible, acte relevé sousuk^~ plateau en faïence assez commune, omë de fleurs polychromes de stj ~^^^ marseillais.
Saikt-Dié (Loir-et-Cher), — Encore en exercice en 1791, selon liste de Glot. ^
Chadhokt-sor-Loihe . — Nous n'avons à signaler ce lieu que comw^ ^^ résidence de Jean-Baptiste Nini, auteurd'une scrieinléressante de me- -^ \. dallions en terre cuite d'une extrême finesse. On en a vu flgurerla ^ plus grande partie à l'Exposition universelle, en même temps que l'un des moules qui servaient à les produire.
Chateaudun (Eure-el-Loir). — Le duc de Chevreuse avait obtenu un privilège pour la création d'une usine dans cette ville ; en 1 755, les sieurs Pierre Brémoat et Gabriel Jouvet, directeurs, mettaient opposition à ce que la manufacture d'Orléans enlevât des ai^iles à Mamers, où l'établissement s'alimentait. En 1788, Goumay mentionnait encore ChâtcauduD, dont les ouvrages sont à chercher.
Nevehs (Nièvre). — Cette localité céramique appelle de sérieuses études, car elle a eu ta plus grande inQuence sur la fabrication française; elle méritait une histoire spéciale, qui a été faite par M. du Broc de Séganges, et nous y renverrons le lecteur curieux de détails précis et de renseignements sûrs. M. du Broc a-l-il tout dit ? Non, évidemment, car la science marche vite par le temps où nous vivons; d'ailleurs, la vérité est toujours difficile à découvrir là où des fables ont pris cours de longue date, en s'appuyant sur des faits d'apparence réelle.
L'accession de Louis de Gonzague au duché de
Nevers, par son mariage avec Henriette de Clèves,
■■-" l'aînée des trois Grâces, fut un signal d'épanouisse-
Nïien. Cent* iiiiinn. mcut Dour Ics arts ct Ics scieuces dans celte contrée.
{limée de Ni'ïsrï.) ^
Là, comme dans quelques autres centres, des Italiens furent appelés, et, leurs ouvraf;cs servant de types, on vit se manifester des industries nouvelles
TEMPS MODERNES. 5i9
Nous ne chercherons pas quels ont pu êlre les premiers travaux
exécutés à Nevers par les étrangers, ce serait chose trop délicate ; nous
3)rendrons la fabrication céramique au moment surtout où elle se sta-
"bilise entre les mains de quelques gentilshommes venus d^Albissola,
dans la rivière de Gênes; ce sont les Conrade.
Mais avant de fixer la part individuelle qu'ils ont pu avoir dans le développement de l'industrie nivernaise, faisons apprécier l'importance de la fabrication par un tableau chronologique de l'établissement des usines.
1608. Rue Saint-Genest, 12. I^es frères Conrade, associés, dont les travaux remontent à 1602; successeurs : Garilland, Nicolas Rudes, la ^euve de celui-ci, de Champroud.
1632. Rue delà Tartre, 4.Barthélemi Bourcier, émailleur; Pierre 3foreau, en 1749, puis Jean Champesle.
1652. UEcce Homo^ rue Saint-Genest, 20. Nicolas Estienne, Louis Thonnelier de Mambret, Jean Chevalier Lestang.
1652. U Autruche^ rue Saint-Genest, 11. Pierre Custode, associé à JKsme Godin, puis seul ; Enfert.
1716. Rue de la Cathédrale, 1 . Gounot. 1725. Place Mossé. Prysie de Chazelles, de Bonnaire. 1749. Rue de la Tartre, 14. Pierre-Charles Boizeau-Deville. 475? Le Bovt du Monde^ rue du Croux, 10. Perrony, Petit Enfert. 1760. Bethléem^ rue de la Tartre, 16. Michel Prou, Jolly, Claude X-évesque, Jacques Serizier en 1772.
4760. La Royale, rue du Singe, 13. Gautheron et Mottret. » ? Rue de la Tartre . 1 2 . Halle .
4761 . Rue de la Tartre, 26. Mathurin Ollivier.
Ces dates, tirées du livre de M. du Broc, ne semblent pas toutes *3c dictes; en effet, en 1745, il existait déjà onze fabriques à Nevers, et *ri arrêt du 29 mai décidait qu'il n'en serait plus créé, la production 'éf>assant les besoins, et le bois augmentant de prix par l'excès de la '^*^ sommation; cet arrêt fixait même à huit, pour l'avenir, les usines ^ da province du Nivernais .
IL« premier sentiment du curieux, après l'examen de ce tableau, se- ^^ t de chercher les produits de chaque établissement; cela n'est pas ^^^^ible. A Nevers, les signatures et les marques sont une exception, *- '■nous allons citer d'abord celles que nous avons recueillies en trop
petit nombre. lie plus ancien spécimen connu est une Vierge vue pai^^ M. B, Fillon ; elle est sortie de l'atelier des Gonrade et porte au revers ^
•r|\ ^C^ est la signature de Denis Lefebvre, employé par les ménk^ ^ ci=î>^ fabricants ; elle est à Tinlérieur du socle d^une stat\)^ ^ ^ de la Vierge qui offre un fruit à son divin Fils ; sur It^
socle on lit : Sancta Maria ora pro nobis, et la date 1636.
Jacques Bourdu , qui travaillait chez Antoine, a employé ce y^
monogramme : y\l
«- « senties initiales d'Henri Borne, auquel on doit des
•*^ ^ if^ statuettes d'assez bon style, notamment celle de Jv oy ^ saint Henri, son patron.
Un Saint Etienne de la même date porte la signa- tt* "R Q-p n6 ture d'Etienne Borne : T/'XQ
-• F.R-^734 indique un ouvrage de François Rodrigues.
En 1734 aussi se place la figure équestre de Saint Hubert, donnée au musée de Varzy par M. Grasset aîné, conservateur de ce musée. Elle est signée : F. Haly, 1734.
En 1764, Henri Marais signait en toutes lettres un pot trompeur. Quant au chiffre qu'on voit sur un vase annulaire du Musée ^'jZ de Sèvres, et qu'on a donné à Jacques Seigne, nous pensons que c'est le possesseur qui l'a fait mettre et qu'il n'indique point le nom de l'artiste. Le signe N où l'on a vu l'initiale de Nevers et le nom de Nicolas Viodé, ne nous parait pas non plus expliqué f^ irréfutablement. Un petit plat de forme italienne, à décor sinofrançais, en bleu chatironné de manganèse, nous a offert les lettres PC. Sous un autre grand plat assez grossier, à décor primitif bleu, composé de groupes épars sans aucun lien de style ni T^,r^ d'époques, tels qu'une Femme drapée à l'antique, une Paysanne près de son âne, un Homme à cheval, Gguraient trois molettes d'éperons. Il en existe deux dans l'écu des Conrade, et Ton peut considérer, dès lors, les trois molettes comme équivalant à une signature. Enfin le nom de Haly se rencontre sur des plats à bouquets charges d'œufs, d'olives et autres fruits; ce
luge, elle suffirait seule à prouver qu'au milieu du dix-septième siècl cette prétendue famille d'initiateurs était au-dessous du niveau d'un production commerciale acceptable.
Cela dit, essayons à notre tour une classification rationnelle et log que des œuvres nivernaises.
Première époque. Style franco-urbinien à sujets mythologiques ornements inspirés de l'antique et de la Renaissance ; influence rieure aux Conrade.
— Style italo-chinois ; vases de forme italienne à sujets chinois o familiers italiens, ornements orientaux déviés : camaïeu bleu rehau»= de manganèse, aspect rappelant les majoliques do Savone. Influen directe des Conrade.
Deuxième époque. Style italo-nivernais ; sujets mythologiques et fi miiiers associés ou séparés; ornements italiens et orientaux mêlés guirlandes de fleurs du genre de l'émaillcrie. Influence de cet art et ( celui des étoffes.
— Faïences à fonds colorés et surtout bleus; dessins en blan jaune pâle et jaune foncé, style des étoffes perses et de Témaill rie.
Troisième époque. Style franco -ni vernais. Imitation de la décorati rouennaise. Dégénérescence du genre italien et du décor à fleurs pe sur fonds bleus. La fabrication devient commerciale et cesse d'êt intéressante au poirit de vue de l'art.
La Charité. — Cette fabrique, qui devait travailler dans le genre Nevers, est mentionnée parGournay en 1788. M. Grasset nie qu'elle ait jamais existé.
La Nocle. — En 1741, Savary des Brûlons dit, dans son Dictionnaire universel de commerce : « La meilleure (argile) se trouve dans les terres du marquisat de la Nocle, appartenant au duc de Villars. On y a établi depuis peu une excellente fayancerie, où l'on fabrique des ouvrages de toutes espèces, de meilleure qualité que celles de Nevers, et aussi belles que celles de Rouen, qui ont passé jusqu'ici pour les plus parfaites. »
Bois-LE-CoMTE. — Un document des archives de Sèvres constate qu'il existait à Bois-le-Comte, en 1768, une manufacture de faïence.
Saint-Vérain. — Edme Brion y possédait, en 1642, une fabrique de
frnàc
RZY. — C'est dans ce lieu que Rollin transféra, en 1793, Tusine itivement établie à Auxerre.