‹ Histoire de la céramique; étude déscriptive et raisonnée des poteries de tous les temps et tous les peoplesChapitre 96 sur 145 · TOURAINE · texte numérisé non relu

TOURAINE

*est à ÂMBOiSE (Indre-et-Loire), que Jérôme Solobrin établit, de ^ -^ ^^ à 1502, le premier centre céramique de la Touraine.

Tours. — En août 1770, un habitant de cette ville, Thomas Sailly, ^^^l^lîcïitait, sous les auspices de l'archevêque, Tautorisation d'élever une '^^■^^xxcerie; nous devons croire que la demande fut accueillie, puis-

1788 Gournay mentionne la fabrique de Tours. No5l Sailly, sueur de Thomas, avait, dès 1782, réclamé les secours nécessaires ajouter la porcelaine à ses produits ; il succomba bientôt à la P^*ï^eet fut remplacé par son jeune frère.

Clî^s renseignements, recueillis par nous aux archives , ne semblent

V^Çi i-enfermer l'histoire complète «le la faïencerie tourangelle; il sem-

"■^^ï^ait y avoir eu un établissement antérieur à celui de Thomas Sailly

c^ dirigé par M. Épron (Mathurin), fayencier et officier de bourgeoisie

4^ la paroisse de Saint-Pierre-des-Gorps. M. Épron avait épousé, à Ne-

^^ï^, Antoinette Gautheron, le 7 novembre 1776.

Il existe de lui, au Musée de Tours, deux Sphinx en faïence portant $ur la base : DUPONT 1797; ces pièces proviennent de Dupont luitnème, ouvrier attaché à la fabrique de M. Épron.

On peut voir au Musée de Sèvres une gourde grossière décorée en couleurs polychromes d'un saint Louis entouré de fleurs de lis ; sous la pièce on lit : Fait à Tours, le 21 man 1782. Louis Liante. Ce nom nous parait être celui d'un destinataire ou tout au plus d'un

peintre ; mais si c'e3t là ce qu'on faisait alors au faubourg de Sainl- Pierre-des-Gorps, c'était une fabrication bien peu distinguée.

OOMTAT D'AVIGNON

Avignon (Vaucluse). — Centre intellectuel important, cet ancien refuge de la papauté n'avait pas perdu le goût des élégances de la vie; aussi ses potiers avaient trouvé moyen de créer, avec une terre rougeâtre simplement vernissée en brun, des vases de forme délicate enrichis de moulures savantes et rehaussés souvent d'ornements engobés d'un ton d'or patiné. Ces vases, chacun les a vus à Sèvres, au Louvre, à Cluny; et ce qui prouve leur mérite, c'est qu'on hésite parfois à distinguer ceux d'Avignon de leurs congénères italiens.

Ce que nous nous demandons aujourd'hui, c'est si les potiers avignonais sont restés étrangers au mouvement général et n'ont point cherché, eux aussi, à recouvrir la terre d'émail blanc. Nous avions douté déjà en présence d'un plateau à galerie ajourée sorti du même moule que ceux en terre brune, et décoré en bleu ; un second exemplaire, exposé à Cluny, nous fait presque résoudre la question par l'affirmative. L'émail de ce spécimen est bien celui du Midi; le décor en bleu, inspiré de Rouen, a des libertés étrangères aux fabriques du Nord ; le bleu a coulé dans une couverte trop fluide ; enfin, dans un coin et avec un cobalt plus doux, rappelant les habitudes de Moustiers, figure l'armoirie d'un archevêque de la famille de Bouillon.

Nous appelons sur ce curieux problème l'attention des amateurs du Midi.

Apt. — Ici, nous le savons, on n'a jamais fait de faïence ; mais les poteries à vernis jaune, produites d'abord au Castellet, dans le Luberon, puis à Apt, sont tellement fines de relief et d'un goût si recherché, que nous devions les mentionner. M. Moulin fut l'initiateur de ce genre, perfectionné par un abbé Moulin, son frère ou son neveu. Une seconde fabrique s'éleva vers 1785 ou 1788, par les soins de M. Bonnet, aïeul de celui qui dirige aujourd'hui l'importante production d'Apt.

GouLT. — M. de Doni, seigneur de Goult, canton de Gordes, arron* dissement d'Apt, fut le fondateur, vers 1740, d'une manufacture établie dans son château même; passionné pour l'art céramique, il appelait immédiatement les ouvriers qui se faisaient remarquer dans les

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:«L<^-l<ci's du Midi, ul c'est ainsi qu'il parvint à perleutionnci' ses ouvrisses- En 1788, l'usine avait acquis tous ses dévelopiieinenls; elle t-x«:?iïa jusqu'en 1805.

f^ genre du décor, déterminé par les premiers peintres venus de iVIonslieiî, est purement méridional; M. Deman-e, possesseur du chât€is» u, et qui y a trouvé quelques faïences anciennes, assure qu'il n'y a pas eu de marque courante à Goult ; les Provençaux mettaient parfois u n«î croix sur leurs ouvrages, par suite d'un usage local , mais beaucoup de pièces sont privées de signes particuliers; un monogramme, corr» j>osé d'un U et d'un C, existe sur quelques spécimens blancs d'é- "~i£kil , et qui portent en outre des numéros d'ordre.

Ëcucllu i bouillon d'Api. (Collvclioii de M. Edouard Pucal.)

■-•A. Tour d'àigues. — C'est aussi dans le cbàleau, et par les soins du

^*-*"<^n de la Tour d'Âigucs, M. de Bruni, que cette usine fui créée. A

"'-^■^•■le date? Nous l'ignorons; mais c'est antérieurement à 1775,

t***>Stju'à cette époque on réclamait l'autorisation de joindre la fabri-

^^ t-»on de la porcelaine à celle de la faïence. La pièce la plus curieuse

*^*''-'e de ce centre appartient à M. Péchin; on y voit des personnages

Un paysage exécutés en camaïeu vert et parfaitement dessinés ; en

^^Sous on lit : Fait à la Tour d'Aigue$. M. Ed. Pascal possède un

*^ï"niant porte-huilier, un peu bis d'éhiail, mais élégamment ^' ^ vê d'arabesques dans le genre de Moustiers ; au fond est cette ffif ^•"que, que nous retrouvons sur un grand plat à fleurs et bon- ■/ ■=<■ ""eis en camaïeu violet, et sur une autre pièce plus intéres- ^^ te encore, appartenant à M. Jules Canonge, de Nîmes. C'est un plat ™*Ong^ à pourtour découpé et à reliefs imitant des eaux bouillonnan- ^^^ > au centre, une couronne de roseaux verts délimite une cavité où vi^m s'insérer une pièce en forme de canard. La tour est dans le milieu

du plat. L'oiseau porte à l'intérieur de ses deux pièces (coupe et coa. vercle) la date de 1770. M. Bonnet, d'Apt, possède un autre spécimen donné par M. le marquis Saqui de Tourrès, allié à la famille de Bruni et provenant directement de la Tour d'Aiguës. De forme cylindriqu à deux anses composées de branches de \ignes, ce pot à fleurs est de coré de bouquets de jonquilles, pensées et œillets Irès-flnement peiots!: On voit au Musée de Sèvres un magnifique plat découpé au pourlo dans le style de l'argenterie, et décoré en camaïeu vert, d'un paysa à personnages rustiques d'un fort bon dessin. Nous ne savons si la t brique a duré autant que le château, ruiné en 1793.

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