‹ Histoire de la céramique; étude déscriptive et raisonnée des poteries de tous les temps et tous les peoplesChapitre 97 sur 145 · BELGIQUE · texte numérisé non relu

BELGIQUE

out en suivant aussi exactement que possible Tordre géographique,

ne pouvons perdre de vue, ni les anciennes divisions des pays

t les produits passent sous nos yeux, ni Timportance relative de

ins centres. Ainsi Anvers, cette ville du luxe et des arts, fut, sans

n doute, le foyer céramique d'où les majoliques, inaugurées par

îclo di Savino, devaient rayonner dans les Flandres. C'est en effet des

Va y s— Bas espagnols que sont sorties les terres émaillées de forme ita-

"^ïiiïe déviée, qui, décorées en bleu et jaune citron, à peine relevées

P^^ï*fois de quelques rares émaux verts et violets, ont servi de type aux

iers essais de l'ouest de la France et aux matamores de l'Espagne;

ctude attentive de certains grands plats en camaïeu bleu un peu

t>^^i lionne, mais tendre, toujours inspirés du décor des porcelaines

p^iï^i^itives déjà citées p. 69, semble indiquer un centre important d'une

dupcSc assez prolongée, et tout à fait él ranger aux pratiques de la Hol-

land^. Ce centre eut des relations directes avec la France, comme le

j)ro vivent deux pièces du Musée de Sèvres, Tune aux armes de France

et Aîilée de 1664, l'autre aux armes de Colbert. Des bouteilles, des

ce

policlies nombreuses, des coupes plus nombreuses encore divisées en compartiments bombés et portées sur un pied assez haut, c'est-à-dire de la même forme que les ballate^ à rinceaux bleus et fleurs jaune citrin , forment le principal contingent de cette belle fabrique, dont l'influence s'est fait sentir même sur la verrerie, puisque notre ami M. Vuillot, de Bruxelles, possède une coupe de verre à deux anses gravée de 1î^^ môme guirlande de feuillages animée par de grosses tulipes.

MM. Fétis et Pinchart ont déjà recueilli de nombreux documents à c:r^ sujet et le travail qu'ils préparent jettera un jour nouveau sur cel»^^ ^^ partie de l'histoire œramique.

Tournât. — Mais parlons plus spécialement et d'abord d'une vil longtemps française et où la fabrication a été établie par des Françai contrairement à ce que l'on avance habitueHement. Louis XIV s'e para de Tournay en 1667 et en resta maître jusqu'en 1709, époque laquelle le prince Eugène et Marlborough la reprirent et en demeu rent possesseurs jusqu'en 1745. Or lorsque Fénelon fut chargé clc

l'éducation du duc de Bourgogne, on réclama des intendants une sé:^ r^rie de mémoires destinés à faire connaître au prince l'organisation co^^^^mplète du royaume ; l'intendant de Hainaut s'exprime ainsi à propos— de

la céramique : « ... Mais les faïences ne sont pas recherchées qi^^ ^oîqu'elles soient faites de la même terre que celles que font les Holl ^^^^mndais, et que l'on tire du village de Bruyelle à une lieue de Tourna ;^'.

« La commodité que les fayanciers de Tournay ont d'avoir c^^w^te terre est très-grande et devrait les exciter à perfectionner leurs ou^rw^ages. Cependant les Hollandais viennent chercher cette terre pour- ^n fabriquer leurs fayances qu'ils envoient ensuite vendre dans tous -# es pays conquis. »

Quel était donc le manufacturier qui motivait ces reproches? M. jeal nous l'a appris; c'était Pierre-Joseph Fauquez, déjà établi à Sain Amand et qui, après sa mort en 1741, fut enterré dans l'église Noire- Dame de Tournay, sa ville natale, où il avait eu aussi une manufacture dont hérita son fils Pierre-FrançoisJoseph. Au moment de la conclusion de la paix à Aix-la-Chapelle, Fauquez fils vint se fixer à Sainl- Amand et céda l'usine toumaisienne à Peterynck, de Lille, qui l'élcva au premier rang des établissements céramiques.

Malheureusement on manque de documents touchant les signes appliqués à la faïence faite à Tournay par les Fauquez et Peterynck,

et îl est Irès-diflîcile de la distinguer des fabrications françaises ou liol landaises.

pourtant quelques caractères de fabrication peuvent aider les curieux dsàns la rechercbe de cette faïence ; beaucoup, parmi les grands plais flsiiTiands, ont en dessous deux et quelquefois trois cercles en relief qui ser^^ent sans doute comme supports et empêchent les pièces de gauchir. Presque toujours le premier de ces cercles, ou le pied proprement dit, est percé d'un trou indiquant l'usage habituel de suspendre ces grandes pîècM^s autour du dressoir. A ces caractères, combinés avec ceux fournis par le décor, nous estimons qu'on peut donner à Tournaj les trois pièo^s suivantes :

Grand plat en belle faïence décoré en camaïeu bleu vif ^ d'une bordure à lambrequins et d'un sujet milieu à figures et ornements de style flamand. Tournay.

^^ A Porte-huilier en faïence à mascarons ; décor fin de style

'^^ ^/ rouennais à bordure losangéc verte et paysages chinois en

couleurs vives. Tournay, Peterynck?

Compotiers de même décor et de même provenance, la

Vt* marque mieux déterminée.

w^uxELLEs. — On devait s'attendre à voir celte ville occuper un rang

^^^^îngué dans la céramique des Pays-Bas, voici ce que dit le Journal

^I^Qmmerce du mois de mars 1761 ; « Philippe Mombaers, manu-

^^^^^Jrier de fayence de S. A. Royale, fabrique à Bruxelles toutes sorlas

^^ *^nyences consistant en plats d'épargne, terrines ovales et rondes,

*^**ines en forme de choux, melons, arlichots^ asperges, pigeons, din-

^^•^^, coqs, poules, anguilles, pots à beurre, saucières, cafetières, fon-

**^cîs, bassins, moutardiers, poivriers, saladiers petits et grands,

^^*î^irs, pots à fleurs, plats ovales et ronds, assiettes, paniers à fruits

^^^ïcs et ronds, de toutes sortes de couleurs, service de table tout com-

^*^t. grand et petit, lustres h huit et six bras, etc. Le tout à l'épreuve

^^ feu.

^^ Celte manufacture est préférable à celles de Delft et de Rouen, ^ ^st point chère et est parfaitement bien assortie. »

\oilà certes des affirmations contemporaines bien audacieuses, et des définitions assez nettes pour prouver qu'on a donné à Delft la plupart des vases figuratifs de Bruxelles, et entre autres ceux du château

Indépendamment de Philippe Mombaers, il y avait à Bruxelles une euve Mombaers et une veuve d'Artoisonnez. Le Musée de Sèvres posedc un charmant surlout, genre Rouen, fabriqué chez d'Ârtoionnez.

Tervueren, près de Bruxelles. — Il y a eu là un établissement élevé ar le gouverneur des Pays-Bas, Charles IV de Lorraine ; une pièce -— existant au musée de la porte de Hall, peut être considérée comme caractéristique du genre ; elle est décorée

C • 1> en relief d'élégantes guirlandes de fleurs coloriées, et einte des armes du duc, ainsi que de bouquets et d'ornements du tyle des fabriques de la Lorraine ; sous le pied est celte singulière larque, donnée ici sous toutes réserves, car nous ne l'avons pas vue. [ne autre pièce du Musée de Sèvres est non moins remarquable : 'est une urne couverte dont le sommet et les anses se composent de roupes de fruits; une guirlande de fleurs en relief se rattache aux uses et divise le corps de l'urne en un médaillon supérieur peint de ouquets qui se répètent plus bas au-dessus d'une bordure rouge à essins blancs enlevés. Ces procédés rappellent ceux employés à Belleue ; mais, les couleurs de Tervueren sont moins pures, plus sombres, n général, que celles de l'usine française.

Malines. — Une burette en faïence bien travaillée, un peu bise d'élail, et décorée en bleu de deux tons, de baldaquins et rinceaux sinofrançais, nous a été montrée comme provenant de Malines; nous ne l'affirmons pas. La marque est figurée ci-contre.

Liège. — Gournay mentionne, en 1788, les produits de cette ville, t dit : « Le vernis de cette faïence est beau, blanc, et peu sujet à 'écailler. Entrepreneur, M. Bousmar. » Voilà encore des pièces à hercher.

Bruges. — Le Journal de commerce s'exprime ainsi : « il y a une manufacture de fayance à Tournay et une à Bruges, qui égalent au noins en beauté et en assortiment les manufactures de ce genre les ilus renommées. Le sieur Peterynck, à qui appartient celle de Tournay, t le sieur Pulincx, qui a celle de Bruges, ont porté ces manufactures u plus haut point de perfection. »

9 Celte marque nous a été montrée sur une pièce de Bruges recueillie dans la ville.

Nous avons rencontré des pièces de slylc flamand dont l'origine nous

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