‹ Histoire de la céramique; étude déscriptive et raisonnée des poteries de tous les temps et tous les peoplesChapitre 99 sur 145 · HOLLANDE · texte numérisé non relu

HOLLANDE

L'histoire céramique de cette contrée est encore à faire ; les exag< lions qu'on a publiées sur ses fabrications anciennes compliqi même singulièrement la tache des écrivains sérieux. On a été ju» prendre pour la date de 1480 des chiffres de série inscrits sui médiocres faïences de la fin du dix-huitième siècle.

Certes les Pays-Bas hollandais, comme ceux de la maison i "^^ ^^^

triche, ont dû avoir une poterie émaillée remontant peut-être aux cii^BQt'. nières années du seizième siècle ; mais ce sont des pièces sans ca/'iK^^uc» tère spécial qui se confondent avec les produits de la Flandre français^^H*^^ et d'une foule d'autres centres inconnus. La vraie faïence hollandaise, ^o^'^^> cette vaisselle sans rivale inspirée par la vue des vases de l'exlrtmci o^^^^ Orient, c'est ce que les fabricants eux-mêmes qualifiaient de porcelaine, '^

■ ^a première aulorisotion dont od trouvo In Iracc est celle accord<^, : --^ avril 1614, par les Ëtats-ricnûraux de Hollande, à Claes Janssen ^^^ •mans, qui avait inventé « toutes sortes de porrc/aiHCî décorées et :>Kii. décorées à peu près conformes aux porcelaines qui viennent des

i ■r-»uins pays. » I>e privilégié était d'ailleurs tenu de fabriquer dans -*. K~B. née un échantillon de son invention, qui devait avoir la finesse de la »»~«claine orientale.

<3r, pour qu'il soit bien établi qu'il s'agissait ici de faïence, et non

•.a ne poterie translucide, examinons des documents postérieurs. Dans ^ archives de Deift, lade A,n' 14, nous trouvons à la date de 1B80: «ae -^(lues inscrites sur les services à Ihc des fabricants de porcelaine. r» 1 7fi4. l'expression subsistait encore, car les magistrats de la ville de

Traîneau porUi-|>ipo9, dn Deift. {CollMlion ili: H. \e docteur HandI,

ïlelft l'emploient ainsi : « Ayant eu connaissance que certains maîtres "ïabricants et marchands de poterie de cette ville, renonçant it la marque ordinaire de leur fabrique, se sont permis de mettre ou de faire mettre sur leurs porcelaines des noms et marques d'autres maîtres potiers, etc. » Il n'y a donc pas d'équivoque : ce qu'on appelait en Hollande porcelaines, c'était la terre émailtce fine, les petites pièces à thé rovges, c'est-à-dire décorées dans le style japonais avec col inimitable rovge de fer si vif, si abondant, qu'il domine les autres couleurs et même l'or. Les usines d'où sortaient ces produits prenaient le titre de Porseleyn bakkery; les autres s'appelaient Plateel bahkery.

Écartons ici une autre cause d'erreur ; on a pretendu que les faïences (le Delfl ne pouvaient se confondre avec d'autres, A raison de la beauté de leur pâte et de leur email. Nous avons dit page 554 d'où provenait

510 lirSTOrRE DE LA CÊEtAHIQUF;.

l'at^ile employée à Delfl : c'est de Bmyelle, où s'approvisionna^. ^ i,, ..^fp., Bruxelles, Toumay, Lille et les autres fabriques françaises du Nc*».j

Quant à l'émail, sa beauté dépend de la qualité de l'étain qu'on y fait Jui) '

entrer, et ce minéral était tiré de l'Angleterre par les Hollan^zJ^- ^a

comme par les Français. ^jV4

Maintenant, pour élaguer tout ce qui n'est pas sérieux, nousall^^j^^ fil.

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«de \ wosoe

1^. {CoUectiDn de H. Paul Gasosull.

d'abord réunir ici les fabriques dont les archives conservent la mention et les marques, en leur appliquant l'ordre chronologique.

La Haïe, 1614. — Claes-lanssen Wytmans, produits inconnus.

Delft, 1G59. — Fabrique à l'enseigne du Pot métallique Me me(aa/c Pot). Cette enseigne même port« la date ci-conire; en 1678,1a Gazelle de Harlem annonçait que Lambertus ClefQus, propriétaire de l'usine, avait trouvé le secret de Vimitatton des porcelaines indiennes. Le 2 avril 1691, la fabrique était vendue par suite de la mort de Cleffius. En 1764, le Pot métallique ctnit devenu la propriété de

TEMPS MODERNES. 5ii

I>i^3terParee, qui marquait du chiffre ci-contre, simple contraction de «saigne : Meteaale Pot. Nous l'avons relevé sur une soupière mail légèrement teinte de bleu et à décor sino-hoUandais en ^Jimaîeu bleu ; le bouton du couvercle était une grenade ou- "^ 'MrlB avec ses feuilles.

d651. Au Paon {de Paauw). La marque primitive a été, très-ccrnement, Yemeifine ou sa contraction ; nous trouvons c^I ie-ci sur de magnifiques porcelaines rouges à comparti- ^J^A^ OBts où des iris se mêlent aux décors chinois. Plus tard, ^

lisons le nom entier sous une pièce couverte très-fine, à bouquets, ^û domine le manganèse ; avec ce nom figure la hache, ^^^^il^refaçon de la fabrique de Porceleiîi byl. Jacobus de lOicu/w^ ™i Idcî, propriétaire de l'usine en 1 764, faisait marquer IDM.

^ 675. Martinus Gouda, propriétaire de celte faïencerie, annonce que, inuant de fabriquer de la vaisselle à thé rouge , et désireux de se mettre à l'ordonnance des bourgmestres de Delft, qui exige qtie les )TS déposent la marque de leurs produits (1680), il s'emse de présenter la sienne pour qu'elle soit enregistrée. La

Nous ne l'avons jamais relevée sur aucune pièce. 1680. Q. Kleynoven, marque Q^ selon sa déclaration.

J1680. Cornelis Keyser, Jacobus Pynaker et Adrian Pynaker, déposent cette marque compliquée que nous n'avons jamais rencontrée; mais le docteur Mandl, amateur distingué des produits ollandais , fait observer que, très-probablement, pour rendre le monogramme plus pratique, on l'aura modifié, et qu'il j^ -jCLT- faut reconnaître des ouvrages de Keyser et des Pynaker ^2^^. dans les belles faïences longtemps indéterminées qui /^g brillent de l'éclat du bleu, du rouge et de l'or, à l'égal ^Gô les porcelaines orientales. Nous partageons cette opinion , qui peut seule expliquer l'abondance et la distinction de ce Del/Î doré^ devenu en Quelque soite le type des plus remarquables produits de la Hollande, ï^our se rendre compte de la souplesse de talent des artistes de cette Xisine, il faut voir les merveilleux bijoux conservés dans les collections ^u docteur Mandl, de M. Périllieux-Michelez et de M. Evcnepoel, de

Bruxelles; il y a là des objets qui peuvent rivaliser avec les plus ^t___J/^* émaux sur métal : nous donnons une buire en casque appartenaL^^^ ^^ M. Paul Gasnault, et qui est aussi parfaite au point de vue de la foyy que de la peinture. /

1680. Jan-Jans z Kuylick (Jan fils de Jan) marque, selon sa [il^^^r^ déclaration :

1680. Johannes Mesch met sur ses services à thé le chiffre *• ^*y ^

Nous ne l'avons jamais rencontré. i^

1691. Enseigne : A la Fortune (F Fortuyn). Peinte sur carreaux de faïence, Tenseigne de celte fabrique doribe la date d'établissement et de curieux détails; en haut, sous une couronne est le chiffre du propriétaire entre les armes des Provinces-Unies et celles de la ville ; des • vases divers sont mêlés à la guirlande de rinceaux et de fleurs qui environne la capricieuse déesse; un tourneur et un peintre en travail complètent le tableau. Nous avons lieu de croire que les anciens possesseurs ^

marquaient uniquement du nom de leur ensei-

^^c/ttuh/u S"^ ' ^^ ^^"* ^^*^ ^^^^^ ^^^^ "'^ P'^^ ^^ camaïeu ^ bleu d'un émail rival de la porcelaine. Nous

avons revu cette marque sous d'autres ouvrages recommandables. Pierre Vander Briel dirigeait l'usine vers la moitié du dix-huitième siècle ; en 1764, il n'était plus, et sa veuve, Elisabeth Elling, déclarait vouloii^^ ^ signer ses poteries WVDB : weduwe Vander Briel.

Ignorant la date exacte de fondation des autres usines, nous allons Ic::^

prendre dans l'ordre du registre dedéclaration de leur marque, en 1 764isi^^

1764. A rÉtoile Blanche [de witte Ster). A. Kiell, sa marque, devac:^ ^gj^

être A : K avec l'étoile en dessous. L'étoile blanche est l'un des sign^:::»Qes

que l'on a le plus imités ; des potiches assez communes à sujets chiner ^«^ois

nous l'ont montré avec les lettres I B, une assiette de ma- T Q riage entourée d'arabesques, portait le chiffre D B, d'autres pièces grossières n'avaient que l'étoile; celle-ci, avec un numéro ^130 » marquait un porte-huilier magnifique en maïeu bleu ; nous retrouvions la même délicatesse de pâle cl de déccr::^^

dans diverses faïences-porcelaines inscrites du chiffre^/ Ji\^ jPé\. qui, bien que privé de letoile, nous semble pouvoir être

attribué à Kiell. Ce même chiffre existait sous une fon^ laine de table imitant le décor rouennais.

i764. Au Bateau doré {in de vergulde Boot)^ Johannes Dcn Appel ; signature est IDA.

i764. A la Rose {de Roos)^ Dirk Vander Does; mar- ^. c]ijiOS déposées ; cette fabrique paraît ancienne et nous ^^xT -LJ VJU ne sairons si elle a eu plusieurs propriétaires ; un beau pot à eau décoré en hleu et rouge pâle, portait Roos : il semblait contemporain des pièces à l'A P K. Des assiettes lourdes, à émail tx&O^ bleLiâtre mais à sujets hollandais avec rehauts d'or, nous ont offert la rose surmontée d'un D ; celui-ci doit-il se lire Does? Les faïences signées Roos se rencontrent assez souvent; nous n'a- cr7\ vons jamais vu le monogramme DYDD. ^^^

l^^i. A la Griffe {de Klaauw), Lambertus Sanderus; la ^

ïiiarcjne déposée est une griffe ; nous avons vu de jolies pièces ^i sign^^s en même temps de l'enseigne et du monogramme de . ^ Saiid^r. La griffe a été imitée. •— . "

1 ^ 64. Aux Trois-Gloches {de dru Klokken) , VV. Vander ^ Uoe^ - marque déposée : WD. Nous ne l'avons jamais renconirée; mais noii^ avons trouvé les trois cloches sous une garniture commune, /v à ^'ol îefs, peinte en couleurs crues. Mal figurées, les cloches ont a^a elo décrites comme marque inconnue.

l 764. A TA grec {de Griekse 4), J.-T. Dextra (Dikstraat), marque ^^^posée : I T D surmontés de l'alpha. Un beau coq vivement coloré lious a montré les lettres sans TA grec {coll. MandL). Nous ^^""ons vu l'A grec sous un beau plat à égoutter, décoré en ^ ^^ ^^Hiaïeu bleu ; il était accompagné des initiales W VD B, que ' -^ ^^us ne pouvons expliquer, puisqu'elles sembleraient être la signature *c 1-4 veuve Vander Briel \ A la Fortune. Le fabricant marquant ainsi ^^rait d'ailleurs laissé son établissement à sa veuve, ce que sembleraient indiquer les lettres W. W. VD. B, qui figurent sur des assiettes ^^moriées et peintes en couleurs polychromes où le bleu domine.

Le mot Dex est inscrit sous un magnifique plateau, imitation par- ^'^^te de la porcelaine chinoise; enfin, nous l'avons trouvé ^^s un plat à égoutter, aussi de date ancienne, et sous ^

^^e pièce de la coll. Mandl, qui peut rivaliser avec les porcelaines de Saxe, pour la finesse du décor. 11 est donc pro- Z-DEXi baVile que l'A grec est resté dans une même famille, el ^ Q, (U^^* J.-T. Dexlra est le dernier du nom. En effel, le 5 miirs 27

1765, Fusine passait dans les mains de Jacqbus Halder Adriaei^ (Jacques Halder fils d'Adrien), qui marquait I H. A celui-ci succ^ en avril 1667, Cornelis Van Os, ainsi que le constate une annonce Journal de Harlem du 24 février de la même année.

L'A grec mentionné ci-dessus doit donc être une de ces contrefaçc contre lesquelles luttaient les autorités hollandaises.

1764. Aux Trois-Barils de porcelaine {de drie porceleyne Astome^ Hendrik Van Hoorn. L'enseigne devait servir de marque, d'après i^ déclaration enregistrée à Delft. Pourtant la seule pièce que nous pui^ sions citer de cette usine est un cartel rocaille derrière lequel esî écrit : Au tonneau Hendrik Van Hoorn : A$tonne HVH. - 1764. Au Romain {de Romeyn)^ Peirus van Marum, marqua ''^ déposée : PM réunis. Le 16 juillet 1764, l'établissement passait aux mains de Jan Vander Kloot Jans z, qui signait :V^ 1764. A la jeune Tête de Maure {Tjongiie Moriaam hoffl), l veuve Jan Vander Hagen; marque déposée : G : B : S.

1764. A la vieille Tête de Maure (m Fcmâe Moriaans hof/ï), Gee

truy Verstelle G.V.S. Deux remarquables pièces, à

^jS/zf^ sujets de style Watteau entourés d'arabesques rocaille, GVj

nous ont offert la signature de Geertruy Verstelle.

Évidemment les deux têtes de Maures ont une origine bien antériei

à 1764; la collection Evenepoel renferme une jolie pièce marquée

dessous de la tête de Maure, coiffée d'un tortil rouge surmontant

chiffre composé des lettres IRHS. Nous ne pourrions dire à !

j^^ quelle des deux fabriques appartient le spécimen; mais il est

date ancienne et annonce un établissement de premier ordi

1764. A la Hache de porcelaine {de porcelein Byl), Justus Brouwe

La hache est une des marques les plus répandues; on la trou

sur d'admirables pièces bleues copiées de la porcelaine i

point de faire illusion, et sur des faïences lourdes destiné

aux consommateurs vulgaires. Ces signes, relevés sur une pièce de

collection Leroy-Ladurie, peuvent être la marque de l'un des prédéce

seurs de Justus Brouwer. Au surplus, les ouvrages marqu

de la hache seule ne peuvent être tous attribués à Justi

Brouwer ; il y en a de toutes les époques : d'abord ce sont d

vaisselles imitées littéralement de la porcelaine chinoise et d'un émî

pur ù faire illusion ; puis les travaux des douze mois de Tannée encc

hi

en camaïeu bleu et d'une très-bonne exécution. Viennent ensuite des pièces polychromes en faïence épaisse, commune, peintes en émaux lourds et faux de ton, telles qu'une garniture à sujets hollandais, des corbeilles à grosses fleurs, des beurriers surmontés de moutons informes, etc. On serait tenté de croire que la marque de certains de ces objets a été imitée par des faussaires.

«^ 1764. Aux Trois Bouteilles de porcelaine {de drie fp^

•^ porceleyne Fleschjes)^ Hugo Brouwer. Belle faïence. 2, '

1764. Au Cerf {rhart), Hendrik van Middeldijk : fl.V.M.D. Une pièce en forme d'artichaut, dont le couvercle H V M D supportait deux poissons entrelacés, était marquée : ^ •

Une autre, de la coll. Patrice Salin, ornée de rocailles et guirlandes de fleurs bleues, et couverte d'une sole, -r-. , ^ «jl »

^ , p / TH/var et XKatt

porte : Au teri.

1764. Fabrique dite des Deux-Nacelles [de twee Scheepjes)^ Anth. Pennis, marque déposée : AP réunis. On rencontre beaucoup de jolies TO pièces en bleu signées : qui sortent de cette fabrique. Nous n'avons pas besoin de signaler l'absurdité qu'il y aurait à attribuer à la même usine des pièces antérieures de cent ans, et y^ marquées : '•V

1764. Au Plat de porcelaine [deporcelyne Schootel)^ Johannes van Buyn, marque de son nom. Nous avons rencontré cette signature sous

différentes formes appliquée à des produits généralement recommandables soit en bleu, soit en couleurs.

1764. Au Pot de fleur doré [de vergvlde Blompot), P. Verburg. Blompot est la forme ordinaire de la marque de ce fabricant.

1764. A la Bouteille de porcelaine [de poi^celyne Fies), ^r\ Pieter van Doorne ; marque déposée : ^^^

1764. Au double Broc [de dubbelde Schenkkan), Thomas Spaandonck.DSK.

1764. A l'Aiguière [de Lampetkan). La veuve Gerardus Brouwer déclare signer de Lampetkan. Nous n'avons jamais rencontré cette inscription ; mais, dans une garniture en porcelaine chinoise à godrons, tine pièce brisée avait été remplacée en faïence ; on y voyait^ outre un

signe oriental, ces lettres qui nous paraissent être la contraction du />P mot Lampetkan ; d'autres ouvrages remarquables por-

taient LPK : nous croyons aussi voir là une contraction plus grande encore, et, dans le dernier signe, inscrit sous une belle potiche côtelée décorée en camaïeu bleu de riches or- /r> i nements et de médaillons à personnages genre Wat- ^ teau, l'intention d'imiter la griffe. Ces diverses signatures sont d'ailleurs antérieures à la veuve Brouwer.

1764. Aux deux Sauvages {de twe Wildemam)^ veuf Willem van Beek, W : V : B.

Voilà les établissements ofûciellement connus ; est-ce à dire qu'il n'y en ait pas eu d'autres? Évidemment non; d'abord, les archives de Delft ont été détruites par deux incendies et ce qu'on y rencontre de documents n'est probablement qu'une faible part de ce que le temps aurait dû y accumuler; d'un autre côté, la tradition se perd vite, dans les pays de grande production ; lorsque nous visitions la Hollande en 1852, nous ne rencontrions nulle collection de faïence, et le nom de Delft prononcé par nous suscitait plus d'étonnement que d'enthousiasme. C'est la curiosité moderne qui a fait remettre en lumière les monuments oubliés et, comme il arrive toujours, les fables ont fait disparaître la vérité sous leurs oripeaux éclatants. Ainsi, dans le Musée de la Haye, où existe le plus beau tableau sur faïence, nous le trouvions catalogué : une plaque de porcelaine. Aujourd'hui, tout est changé, la moindre barbouillade en bleu sur émail ou en couleurs criardes a la prétention de sortir du pinceau de Berghem, de Jeai^ Steen, de Willem van de Velde, de van der Meer de Delft, Asselyn ç^^ Wouwermans. Que ces maîtres aient, par exception, jeté quelque co« position rapide sur la terre émaillée, nous ne voulons pas le nier; nous protestons, au nom du bon sens et du goût, contre les calomi^ teurs qui ont osé placer dans une exposition publique des œuvres r ^ mes affublées de ces grands noms.

Le véritable peintre céramiste hollandais, c'est Terhimpel, ou ' ^ himpelen, qui a laissé dans son pays une réputation méritée ; et c^^-ç^ prouverait d'ailleurs qu'il n'avait pas de concurrents sérieux, c'est y^;;^ jugeait inutile de signer ses œuvres, faisant fond suffisant de son tafenc pour aider à les reconnaître. Quant à la masse des décorateurs secon, claires qui ont couvert les potiches, les assiettes ou les plaques, de su.

jels, de pajsages ou de marines, il faudra de longues recherches pour en compléter la liste; on possède, de 1650, des plaques à bordures polychromes encadrant des sujets dans le style de Teniers, esécutés en camaïeu violet; elles portent le nom : C. Zachtleien fa. Nous trouvons dans la collection Evenepoel un petit buste héroïque couronné signé Jean Decker. 1698. Une plaque représentant en bleu le buste de saint Pierre est inscrite ainsi en caractères allemands : Johann Deobalt J^rantz. 1724. Nous ne serions pas étonné que ce spécimen, conservé ^Li Musée de Kensington, dût être restitué à l'Allemagne.

En 1760 I. Baan signait une pièce de mariage assez remarquable;

^ï. y. Kuik mettait, en 1765, son nom sur une plaque représentant le *^elour de l'enfant prodigue. A. Ziere0iansserévèle,àla date de 1761, ^ar une assiette armoriée oà les tons bruns et violets rehaussent des émaux vifs.

Piet Viseer,quia peint en 1769 une plaque représentant un Coq, est encore un artiste à nommer.

Sa Majesté la reine de Hollande possède une pièce historique du plus haut intérêt, portant la date du 15 novembre 1775, et représentant l'inondation qui envahit à cette date Schevening et les environs. Elle a été exécutée par / Kuwzl. 1 775, ainsi que l'indique son revers.

Quant à Samuel Piet Roerdef, dont on cite des faïences anciennes à

fond noir orné de corbeilles et bouquets de fleurs polychromes, nc^ ne savons si son existence est un rêve; mais ce qu'il y a de cerlaî c'est que les pièces qu'on lui attribue et sous lesquelles devraient se trouver les lettres SPR en chiffres, sont simplement signées : c'est-à-dire : APK.

Suter VanderEven, céramisle distingué du commencement du septième siècle, possédait un émail jouant la transi ucidi lé; sur ce veilleux subjectile, il peignait, en bleu pâle rehaussé d'un coaL foncé, des sujets et des ornements de style chinois. Nous avons vu de lui une magniûque boîte à épices dont le couvercle avait pour poignée des serpents entrelacés, et ^Q des jardinières monumentales à trous, marquées :

Nous ne savons s'il faut lui attribuer également des bouteilles à daillons ovales en relief dont la signature est modifiée ainsi : Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il a fait des buires élégantes à anses torses et déversoir découpé, qui ont été attribuées à Nevei's.

OvERTOOM. — Les artistes que nous venons de nommer sont prc blement tous de Delft ; pouitant il a dû exister d'autres centres peu point connus; ainsi Overtoom, tout près d'Amsterdam, a eu, dit sa fabrique de 1754 à 1764. Les ouvrages, introuvables et sans m-^ ques, auraient été des vases, des flambeaux, des groupes d'oiseaux,

Amsterdam. — Cette ville importante ne pouvait manquer de fa une sorte de concurrence aux usines de Delft. En 1767, Jean Besoe fabriquait une faïence à feu du même genre que celle des Halder.

1780 à 1783, Hartog van Laun et Brandeis établira

une autre fabrique au Flacke-Feld, près la porte

Wesp. Des pièces remarquables en sont sorties, no

tamment une belle fontaine à fleurs, guirlandes e

sujets, qui fait aujourd'hui partie de la collection de

M. Paul Dalloz ; la marque est un coq.

Cette marque se retrouve sur une charmante pièce à joui-s peinte en

couleurs vives, de corbeilles de fleurs et bouquets, qui figure dans la

riche suite du D' Mandl. M. Fétis pense que le siège de la fabrique

n'était pas à Amsterdam, mais à Arnheim, en Gueldres.

AiiMiEiM. — En effet, il existe à Bruxelles, dans la belle colleclion de M. Evenepoel, une plaque qui a dû servir d'enseigne à cette fabrique. Découpée par le haut, elle est ornée on bleu doux d'un groupe

LS

"ne-

'e personnages dans le style de Walieau ; ils dansent sous les ombrages la. droite du tableau, tandis que la gauche montre, sur l'autre bord 'liime rivière coulant au second plan, des maisons parmi lesquelles on irque un grand établissement qui doit être l'usine. En haut, sur bandelette, on lit : Arniieim's fabrique ; un coq surmonte la ban- -te, et ce signe, appuyé des énonciations de quelques écrits belges, M. Fétis à placera Arnheim le siège de l'usine dite d'Amsterdam. /0)TTEBDAM. — Cette belle ville a eu aussi sa faïencerie ou au moins l)rique de carreaux; nous avons vu, parmi les merveilles classées M. Ollin, de grands tableaux formés de malons réunis et décorés c^s^maïeu bleu de sujets dans le style de Watteau et représentant les ms. Les figures sont d'un dessin hardi, sinon châtié, les arbres et >nds indiquent une habileté manuelle merveilleuse et une expécomplète du procédé. Aussi l'artiste a-t-il tenu à livrer son nom ' ï^cîmiration des connaisseurs; il a signé chaque tableau et sur l'un re eux on lit : Aalmis à Rotterdam. Ainsi le peintre et le lieu d'exé- ^n nous sont connus, il ne manque qu'une date à laquelle le style - 1 ^ peinture permet déjà de suppléer. Un plat de la collection de la ^V^tstreux, orné d'une Scène bachique allemande, portait, avec la ^ ^xrie signature, le chronogramme 1731.

^TRECHT. — On y a fait des carreaux de revêtement dans le genre ^ ceux de Delft. La fabrique fondée en 1760 par Albertus Prince ^^^sa, en 1798, entre les mains de Jacob Kraane-Pook et Gerrit Bruyn; ''^ V^ a été exploitée plus récemment par divers propriétaires.

Bouda, dans le nord de la Hollande, a eu aussi son usine ; M. Chaf-

^Ts possède quelques assiettes grossièrement peintes de cartouches

^îolets et imprimées en dessous de cette marque : Gaberil Vengobechea.

ÏÏOUDA.

Nous donnons maintenant les marques non déterminées relevées sur des poteries de style hollandais.

jQ Salières en faïence très-fine, décorée en bleu de bouquets au ^ trait.

^ Faïence assez grossière ; pièces surmontées de figures de Si-

• Faïences h figures grossières en relief; autres avec

y/\ AK peintures bleues représentant des Artisans.

7^ Pièce en forme de caille.

/^p Faïence figurative : un Singe assis portant un fruit ^ ses ^TJ- lèvres.

St^ Belle faïence légère à personnages délicatement peints. ^*

3 Potiches côtelées d'un email remarquable, décor camat ^^ • bleu très-vif.

B Boîtes à thé en magnifique faïence, semblable à celle m& ^"«lar- ;•, ' quée APK. Dans certaines, le B est remplacé par un R.

•n Surtout décoré en camaïeu bleu genre chinois : bouquets, fei»:-^ tnu- •*^ lages, oiseaux et œils de perdrix.

Grandes plaques à paysages et figures d'après Bergher ^■"^ -^^' •oxTjQ Ce décorateur serait-il un Vander Does? Son travail im: ^^

rien de commun avec ceux marqués de la rose.

(5c Ëcuelle couverte, en magnifique faïence de style rouenn; ^^ bleu très-vif, rouge de fer et vert de cuivre.

•tit

Flambeaux et bol décorés en bleu.

O Pièce figurative ayant la forme d'un fruit cucurbitacé mil

iV/<. sa tige chargée de fleurs et feuilles.

Pot pourri carré à moulures, pieds, et couvercle bombS^ ter- T7I>H miné par un fleuron. Sur les côtés des médaillons à sujets polychromes.

•VJ Belle faïence, décor bleu.

H^ Plat à égoutler ; décor bleu de style chinois.

Belles potiches et bouteilles, décor en camaïeu bleu,

f^ avec bouquets, ornements et sujets chinois du dix-hui- '^ tième siècle.

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