‹ Histoire de la céramique grecque (volume 2)Chapitre 136 sur 187 · Koerte, Annali, 1877, p · texte numérisé non relu

Koerte, Annali, 1877, p

2. Voir Galette archéologique y 1879, pi. 6, et l'article de M. Gamurrini, Les vases étrusco-campaniens, ibid., p. 38-5o.

L'imitation du métal et la poterie moulée. 345

enfin la saillie et la courbure des anses sont si énergiquement accusées, qu'on y reconnaît sans peine des imitations de modèles de bronze ou d'argent. La panse est tantôt lisse, tantôt cannelée, et des figures en relief masquent le point d'attache des anses. Le décor est très simple : outre les cannelures, il comporte des rangées d'oves aux lèvres du vase, quelquefois, sur la panse, des guirlandes de feuillage imprimées à l'aide d'un timbre, plus rarement une légère décoration végétale peinte en couleur sombre. En dépit de leur provenance étrusque, ces vases accusent le style hellénique le plus pur, et sont étroitement apparentés aux vases à vernis noir brillant et à dorures qu'on trouve à Gumes et à Capoue*. Nul doute que ce genre de fabrication ait son origine en Campanie. Le terme de vases étrusco-campaniens^ sous lequel on désigne ces poteries, signifie simplement que les potiers étrusques les ont imitées 3 quand leur ancienne industrie nationale, celle du bucchero nero^ tombe en discrédit et ne peut plus lutter contre l'importation campanienne.

A quelle date les vases noirs de la Campanie ont-ils ainsi conquis la vogue? Les fouilles de M. Mancini à Orvieto et à Bolsena nous l'apprennent. On sait qu 'Orvieto occupe l'emplacement de l'ancienne cité des Volsiniens, détruite en 264 par les Romains, qui transportèrent les habitants à Bolsinium novum^ aujourd'hui Bolsena. Or, les vases étrusco-campaniens ne se trouvent à Orvieto que par exception, dans quelques tombes contemporaines des dernières années d'existence de la ville; ils abondent, au contraire, dans les nécropoles de Bolsena, évidemment postérieures à 264. C'est donc au cours de la première moitié du troisième siècle que la fabrication campanienne prend une grande extension; elle coïncide, on le voit, avec la période où l'industrie des vases peints donne les premiers symptômes de la décadence.

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