Voir ch. XVI, p
2. Suivant M. Gamurrini, c'est surtout à Tarquinies et à Volaterrœ que les ateliers étrusques ont produit ces imitations (p. 46, art. cité),
La fin de la peinture de vases en Italie- Ssi)
milieu de rinceaux de style fleuri, est encore ménagée sur le fond de la terre; mais les touches blanches et le vernis noir y ont déjà une grande importance. Bientôt, on trouve plus simple de peindre directement les figures en blanc sur le fond noir, comme on le voit sur des lécythes du Louvre, de travail plus négligé, où des Eres et des Victoires s'encadrent entre des rinceaux très rapidement tracés. Enfin , les figures deviennent rares et cèdent la place à un décor ornemental, qui se marie aux cannelures imitées des vases en métal.
Les ornements consistent surtout en feuillages, pampres et guirlandes de lierre, auxquels sont souvent suspendus des masques scéniques ; des oiseaux, et plus rarement des Amours, s'envolent au
milieu de ces festons de Flg. ij3. — Œnocto* t peintures bmncho.
Proveaanl de GnatliU. [Mustc du Louvre.)
verdure. Nous choisissons
comme un bon spécimen de cette poterie une cenochoé du Louvre, à panse cannelée, provenant de Gnathia ' (fig. i23). Le masque de théâtre et la guirlande qui décorent le col sont rehaussés de touches jaunes, et des teintes rouges relèvent çà et là l'éclat des fleurs
[. Ancicnni; colkction Durand. Cï vase porrc le nuiiWro d'invtntain: N. iiii3.
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blanches qui ornent la zone unie ménagée sur la panse. Toute cette décoration est disposée avec un certain goût et çnlevée d'une main légère. Un autre vase du Louvre, un skyphos reproduit en couleurs sur notre planche XIII (fig. 2) offre une décoration assez gracieuse. Autour du vase, court la guirlande de feuilles de lierre alternativement blanches et jaunes, qui e^ comme la marque de fabrique de cette classe de vases; les anses imitent une corde nouée. Sur la zone supérieure, au milieu de fleurs des champs, deux colombes se font face; Tune d'elles bat des ailes, l'autre retourne la tête pour gratter ses plumes du bec, par un mouvement très Justement observé. C'est dans le même ordre de sujets que l'auteur d'une amphore de Fasano a trouvé la matière d'une scène humoristique, rendue avec une amusante fantaisie. Deux oiseaux de basse-cour, un coq et une oie, se rencontrent dans un champ, et des inscriptions traduisent le colloque naïf qui s'établit entre eux : « Tiens, c'est l'oie» (aî tov x^^*)> s'écrie le premier ; sa commère répond en se dandinant : « Tiens, c'est le coq » (w TOV è>.eTpuYova) '.
Ce genre de décor, d'un caractère rustique, n'est pas sans charme; il a une saveur agreste qui éveille Je ne sais quelle idée de bucolique. Chose curieuse : les pampres, les masques scéniques, les oiseaux, les Amours se retrouvent beaucoup plus tard dans la décoration campanienne; on sait quel usage en on fait les peintres pompéiens. Est-ce une pure coïncidence, ou bien faut-il admettre que, sous l'influence de la poésie pastorale alexandrine, les céramistes grecs de la fin du troisième siècle ont comme effleuré cette source d'inspiration à laquelle puisera si largement la peinture gréco-romaine? Cette dernière hypothèse n'a rien que de fort vraisemblable.
On a vu que l'imitation des formes métalliques est déjà sensible dans la poterie à décors blancs et à cannelures. Elle s'accuse