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uns qui, par l'adresse du tournassage et la délicatesse de la peinture, rivalisent avec les vases d'origine corinthienne authentique, et que rien n'empêcherait de regarder comme importés de la métropole : par exemple, une coupe en forme de sein (mastos) du musée du Louvre, qui représente, d'un côté des cavaliers, de l'autre une danse grotesque, comme celle de la coupe de la figure 33. Mais c'est là une exception rare. La plupart des vases de Cœré et de Tarquinies se distinguent de ceux de Corinthe par leurs dimensions beaucoup plus considérables, qu'explique la grandeur des tombeaux pour lesquels ils étaient fabriqués, par la nature de la terre, plus riche en éléments calcaires, moins cohérente par suite et exigeant une plus forte épaisseur de parois, enfin par la plus grande lourdeur du dessin. Une particularité caractéristique de leur technique est l'habitude de cerner par un trait brun assez épais les contours des personnages. Lorsque, ce qui est rare, des traits de ce genre se voient sur des vases de Corinthe, ils sont toujours tracés d'une main beaucoup plus légère. Les engobes rouges et blanches sont aussi employées avec plus de prodigalité , et l'effet d'ensemble des peintures est plus sombre. Évidemment les ouvriers des ateliers corinthiens de l'Etrurie étaient moins habiles que ceux de la métropole. Ils n'avaient pas à lutter contre une concurrence aussi active, et parfois ils se négligeaient.
Un des plus beaux exemples de cette fabrication corinthienne transplantée en Italie est la petite amphore du Louvre sur laquelle est reproduite la légende de Tydée et d'Ismène '. La jeune Thcbaine est couchée sur un lit au pied duquel est un chien. Son nom (A^A3^AMVB) est écrit à côté d'elle. Son amant Périclyménos (MOVk3NAV1?^<l3n) s'enfuit, tandis que Tydée (MV3AVT), la saisissant à l'épaule, s'apprête à la percer de son épée. Pour indiquer la lâcheté de Périclyménos, l'artiste a peint son corps de la couleur réservée au corps des femmes, le blanc.
La forme la plus fréquente parmi les vases de style corinthien trouvés en Élrurie est celle de la kélébé^ sorte de cratère à panse
I* Welckcr, Annalif i858, p. 35; Monumenti, t. VI, pi. 14.
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arrondie et dont l'embouchure se termine brusquement par un rebord plat. Le spécimen que donne de cette forme la figure îy appartient au Musée Grégorien, au Vatican. L'ornementation est divisée en deux bandes, l'inférieure occupée par des animaux, la supérieure par des personnages, dieux ou rois, montés sur des chars et entourés d'une foule à pied.
Fig. 37. — Kél£btjde:<t)rle corinlliien trouvée t Caire. (Rame, Muiée Grégorien.)
Le Louvre possède deux vases de la même lorme, aussi beaux, et plus intéressants pour les archéologues à cause des nombreuses inscriptions qu'ils portent. Sur le premier, la zone inférieure est de même décorée d'animaux, tandis que, sur la zone supérieure, est peint le départ d'Hector. Le héros, au moment de monter sur son char, que guide le cocher Kébrionas et que traînent les deux chevaux Corax et Kianis, prend congé de sa famille*. Autour de lui se pressent son père, le vieux Priam, sa mère Hécube, ses sœurs Polyxène et Cassandre.
I. Braun, Monumenli ed Annali, i855, pi. îo e( p. 67. — De Witte, Éludes sur les vases peints, p. 12.
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Plusieurs guerriers s'apprêtent à raccompagner. La scène est bien composée, et les personnages dessinés avec beaucoup de soin et d'habileté. — Le second vase est de même divisé en deux bandes; sur l'inférieure sont des cavaliers lancés au galop; sur celle du haut est représenté le festin donné à Héraclès par le roi d'Œchalie, Eurytios ou Eurytos*. La planche VI reproduit un morceau de cette scène. Eurytios, ses quatre fils Toxos, Klytios, Didseon et Iphitos, enfin Héraclès, sont couchés sur de petits lits, ayant chacun devant lui une table chargée de mets. Sous les tables sont attachés les chiens, Tpaire^^eç xuveç, dont Tofiice était d'entretenir la propreté de la salle en dévorant les débris jetés par les convives. La fille du roi, lola, ou, suivant la prononciation corinthienne. Viola , qui ne peut, d'après les usages , manger avec les hommes, vient se montrer dans la salle; Héraclès se dresse pour la regarder, tandis qu' Iphitos (ou Viphitos), qui seul, tout à l'heure, appuiera la demande en mariage faite par l'étranger, se tourne vers lui et lui adresse la parole. Enfin, sous une. des anses du vase sont des serviteurs occupés à dépecer les viandes; sous l'autre, un sujet qui n'a aucun rapport avec la scène principale : Diomède et Ulysse assistant au suicide d'Ajax (fig. 36).
Agylla resta une cité grecque jusqu'aux dernières années du sixième siècle, et Tarquinies demeura sous la domination des descendants de Démaratos quelques années encore après la révolution qui les avait chassés de Rome. Jusque-là, la fabrication corinthienne continua dans ces deux villes, produisant encore quelquefois des vases fort soignés; par exemple Volpé dont la figure 38 reproduit la peinture : Persée délivre Andromède, non, suivant la tradition ordinaire, en tuant le monstre marin qui la menace, mais en détournant son attention et apaisant sa faim au moyen de petits gâteaux qu'il lui jette. Le monstre marin (x^toç) a ici une physionomie inattendue : sa tête est intermédiaire entre celle du chien et du sanglier. Le mouvement de Persée est fort naïf, mais souple, et les proportions de la figure sont
I. Welcker, Annali, iSSq, p. 243. — Monumentij VI et VII, pi. 33. — De Longpérier, Musée Napoléon III, pi. 66, 71, 72.
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bonnes : le contour épais qui cerne le visage et les bras d'Andromède est le seul défaut qui trahisse rinfériorité de ta fabrique expatriée '. Mais il s'en faut que tous les produits des dernières années de prospérité des fabriques d'Agylla et de Tarquînies soient aussi beaux que celui-là. Les traditions se perdaient peu à peu; les ateliers se remplissaient d'ouvriers étrangers, qui n'avaient ni le même goût ni la même adresse que les Grecs ; les maîtres potiers ne croyaient pas les
mêmes soins nécessaires pour des objets qui étaient en grande partie achetés par des barbares; enfin dans les villes voisines, à Vulci,à Veies, en d'autres points encore, les produits des fabriques grecques étaient contrefaits tant bien que mal. De là le grand nombre de vases qui conservent à peu près les formes et les éléments de décor des vases corinthiens, mais où la facture devient de plus en plus maladroite, le galbe de plus en plus lourd, la peinture de plus en plus gauche et incorrecte, à mesure qu'on descend dans la suite du temps, ou que l'on s'éloigne des deux cités centres de l'industrie corinthienne. Peu à peu les mythes représentés se confondent les uns avec I. Lœsehke, Annali, 1878, p. 3oi ; Monwnenti, X, pi. Si, n" i.
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les autres; les inscriptions, copiées par des gens qui ne savent plus le grec, deviennent inintelligibles, et insensiblement les derniers souvenirs de l'art hellénique vont s'évanouissant.
Les signes de cette altération du style sont faciles à apercevoir sur une hydrie du Louvre : sur la zone unique dont la panse est entourée, on voit le cadavre d'Achille couché sur un lit de parade, entre les pieds duquel est une énorme tête de Gorgone, hideuse et tirant la langue; autour du lit se pressent les Néréides, les cheveux dénoués, en proie à la plus violente douleur ', La scène n'est point mal conçue, et on sent que le potier avait de bons modèles ; mais les proportions des figures sont lourdes, les corps gauchement dessinés, les contours cernés d'un gros trait; il n'y a point d'air entre les personnages; enfin le fond est d'un jaune trop intense sur lequel les dessins, d'une coloration brun rougeâtre, ne se détachent pas assez.
L'empreinte grecque est encore plus effacée dans une autre kélébé du Louvre qui représente Apollon faisant marcher devant lui Hermès les mains liées derrière le dos, et ramenant les bœufs que le jeune dieu lui avait volés. La forme du vase, le sujet, sont bien helléniques; mais les mains qui ont copié la scène sont des mains tyrrhéniennes.
Dans le vase dessiné figure Sg, et qui provient d'une tombe ouverte près de la Badia di Cervetri, il ne reste absolument de grec que la donnée première =*. La forme, sa laideur l'indique suffisamment, est purement indigène. C'est une sorte de grosse marmite, montée sur quatre petits pieds, et dont la surface n'a reçu qu'une simple glaçure qui laisse transparaître, en l'avivant seulement un peu, le ton rouge de la terre. Les figures qui occupent toute la hauteur de ce pot vulgaire ont leur surface badigeonnée d'une teinte d'un blanc jaunâtre ; elles sont de plus cernées, à peu de distance du bord extrême du contour, par un trait assez épais d'un brun rouge pareil à celui qui couvre les fonds; les détails intérieurs sont indiqués par des