‹ Histoire de la céramique grecque (volume 2)Chapitre 33 sur 187 · Brunn, BulL deW insU Arch, i865, p · texte numérisé non relu

Brunn, BulL deW insU Arch, i865, p

2. Gerhard , Etruskische und kampanische Vasenbilder d, k. Muséums Jf m Berlin, pi. 12.

120 Les vases à figures noires.

répoque archaïque. Sur le pourtour de Teinbouchure est Tinscrip-

tion :

E+$EI<IA$EAPA<t>^EI<AnOE$EEME

« Exékiâs m^a peint et m^a fait. »

Ces mots sont écrits en dialecte et en lettres attiqucs. L'une des légendes représentée est aussi purement athénienne : Démophon et Acamas sont deux fils de Thésée; le premier a été roi d'Athènes, le second a donné son nom à une des tribus instituées par Clisthènes, l'Acamantide, Tout concourt donc à rendre fort probable que Tatelier d'Exékias était établi à Athènes.

Les engobes sont déjà plus rares et le style du dessin plus sévère sur une amphore de Vulci longtemps conservée dans la collection Roger et acquise il y a quelques mois par le Louvre '. Sur Tun des côtés, Exékias a peint le combat d'Héraclès contre Géryon. Le héros, vêtu d'une tunique sur laquelle la peau de lion est jetée comme un manteau, a un carquois sur l'épaule et une courte épée à la main. Géryon est figuré, comme toujours, sous la forme de trois hoplites placés côte à côte; tous trois ont »le bouclier rond, le casque argien, les cnémides et, à la main, la lance. L'un, grièvement blessé, détourne la tête et renonce au combat; les deux autres luttent encore. Au milieu, le berger Eurytion tombe à terre et, s'appuyant sur le coude gauche, va rendre le dernier soupir. La scène est bien composée, équilibrée suivant les exigences du goût archaïque, et le dessin des personnages pousse la précision jusqu'à la sécheresse. A gauche, derrière le dos d'Héraclès, est la signature du peintre; à droite, le nom du beau Stésias. Enfin, de l'autre côté du vase, est un char monté par le guerrier Archippos et traîné par les chevaux Calliphora, Callicomé, Pyrocomé et Sémos. Par une liberté d'orthographe dont on trouve à cette époque des exemples jusque sur les inscriptions en niarbre, le peintre a écrit WAUqOME avec un coppa et PVPOKOME avec un cappa.

I. Gerhard, Auserlescne griechische VaseubiUer, t. II, pi. 107.

Les vases à figures nôtres.

L'emploi des engobes est encore plus sobre et restreint à quelques détails sur le plus beau des vases d'Exékias, une amphore de galbe très ferme et très simple qui est un des joyaux

du musée Grégorien '. Le fond du vase est noir et n'a d'autres ornements qu'un' collier de palmettes doubles, au bas du cou, et, au bas de la panse, une rangée de dents de loup, ressortant en noir d'une bande h fond rouge. Les anses, à section rectangulaire, ont sur les tranches des guirlandes de lierre. L'un des deux tableaux qui occupent la partie la plus convexe de la panse

I, Panofka, '^nitii/i Vil, p. 2ï«; Momimenti, II, pi, ii.

122 Les îfascs à figures noires.

représente les Dioscures : à gauche, Polydeucès joue avec un chien; à droite, Castor, tenant par la bride son cheval Kyllaros et portant la lance sur Tépaule, s'apprête à partir. Sa mère, Léda, lui fait un geste d'adieu, tandis que Tyndare caresse de la main les naseaux du cheval; devant Tyndare est un petit garçon portant sur la tête un tabouret. Sur Tautre tableau sont deux héros, assis en face Tun de l'autre sur des pierres carrées et jouant à un jeu installé entre eux sur une troisième pierre Leurs noms sont écrits à côté de leurs têtes, au génitif, ^03^1+A, AIANT05. Leur position penchée en avant marque l'application que le jeu exige, et leurs mains aux doigts allongés semblent pousser des pièces trop petites pour qu'on ait jugé utile de les figurer. Près de la figure d'Achille est écrit le mot « quatre » TE5APA, près de celui d'Ajax le mot « trois » AHT. Ni ces inscriptions, ni le geste ne conviennent à aucun jeu d'osselets ou de dés. La partie engagée est sans doute une des variétés de la petite, sorte de mérelle que l'on jouait avec neuf pierres et dans laquelle on pouvait se prendre des pions; la partie n'était gagnée que quand un des deux joueurs était réduit à deux pièces <. Dans le champ est la signature du potier et le nom du bel Onétoridès (fig.58). Il n y a certainement aucun autre vase à figures noires où le dessin soit aussi soigné. Chaque broderie des manteaux d'Ajax et d'Achille, chaque ornement de leurs boucliers, chaque boucle de

leurs cheveux, sont indiqués avec une attention que rien ne lasse et une finesse de gravure qui ne recule devant aucun tour de force de minutie. L'excès de précision des contours et de scrupule à n'omettre aucun détail insignifiant produit même une maigreur et une sécheresse désagréables au regard. Et ce n'est cependant pas encore là l'œuvre d'Exékias où ces défauts sont le plus accusés. Ils sont encore plus choquants dans une coupe du musée de Munich^, à l'intérieur de laquelle est représenté le mythe de

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