‹ Histoire de la céramique grecque (volume 2)Chapitre 34 sur 187 · Gerhard, Auserlesene griechischeVasenbildery I, pi · texte numérisé non relu

Gerhard, Auserlesene griechischeVasenbildery I, pi

Les vases à Jîf(ures noires. i23

Dionysos et des Tyrrhéniens. Le dieu est à demi couché au milieu d*un navire dont la proue est décorée d'une tête de poisson et dont le mât se couvre de pampres; les pirates tyrrhéniens ont déjà sauté à la mer et, métamorphosés en dauphins, escortent à travers les flots le dieu dont ils avaient voulu s'emparer.

Cet amour immodéré de la délicatesse, cette propension à la maigreur, défauts contre lesquels les sculpteurs athéniens de second ordre ne savent pas non plus toujours se défendre, se retrouvent pareillement dans les œuvres du potier Amasis. On ne sait si Ton a devant soi les productions d'un art qui n'ose point encore ou d'un art dont la sève est, au contraire, épuisée.

Le nom, vraisemblablement sémitique, d'Ahmès, Amasis en grec, a été porté par deux pharaons égyptiens, Tun de la XVIIP dynastie, l'autre de la XX VP. Ce dernier mérita d'être appelé le philhellène '. Il épousa une Grecque de Cy rêne, Ladiké, contribua par un don de i ooo talents d'alun aux frais de reconstruction du temple de Delphes, après l'incendie de 548, consacra de riches offrandes dans THéraeon de Samos et dans le temple d'Athéna à Lindos, s'entoura de mercenaires ioniens, et enfin concéda aux marchands grecs, sur une des bouches du Nil, un emplacement pour s'y construire une ville qui, sous le nom de Naucratis, fut une cité entièrement grecque et devint un centre d'industrie et un marché très considérable. Le potier Amasis était-il un affranchi ou un métèque d'origine égyptienne, ou un de ces Grecs de Naucratis revenu dans son pays après la conquête de TÉgypte par Cambyse, ou encore quelque Cyrénéen qui aura reçu de ses parents le nom du roi du pays voisin? Mais est-il impossible qu'en Grèce même un enfant ait alors reçu le nom si célèbre du pharaon? L'origine de notre artiste reste donc pour nous un mystère impénétrable; nous ne savons non plus en quelle ville il travaillait : les inscriptions de ses vases sont en écriture attiquc, et pourtant une des formes qu'il affectionne est la forme dorienne de Volpé.

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