CHAPITRE IX
LES AMPHORES PANATHÉNAÎQUES
- ES Athéniens célébraient la fête de leur grande déesse, Athéna Polias, dans la dernière décade du mois Hécatombœon, c'est-à-dire un peu après la mi-juillet. Une procession solennelle, dont les magistrats et les prêtres prenaient la tête et à laquelle se joignait la population tout entière, se formait au Céramique, et, traversant l'Agora, gravissant la rue des Êponymes, allait porter à l'Érechthéion le nouveau péplos que les Errhéphorcs avaient passé toute l'année à broder. Cette parure était destinée à revêtir la vieille idote de bois que la tradition disait être tombée du cîel, et, k cette occasion, on sacrifiait à la déesse une hécatombe, aux frais de laquelle
i3o Les amphores panathénaïques.
devaient participer, avec la cité elle-même, toutes ses colonies et toutes les villes soumises à son hégémonie; la prudence politique faisait niême à ses alliés un devoir d'apporter eux aussi quelque offrande.
Telle était la fête des Panathénées. L'institution en était attribuée à Thésée même, c'est-à-dire que l'origine s'en perdait dans la nuit des temps. Dès une époque très reculée, des luttes gympiques avaient été adjointes à cette fête comme à beaucoup d'autres. Au milieu du sixième siècle, sous le gouvernement de Pisistrate, un concours de rhapsodes y fut ajouté, et, sans doute pour rivaliser avec les jeux d'Olympie, de Delphes, de Némée et de l'Isthme, on décida de donner plus d'éclat aux quatrièmes Panathénées, c'est-à-dire à celles qui tombaient la troisième année de l'olympiade. Ce furent les Grandes Panathénées, IlavaWvaia ri (iLeya^a, dont la composition, dans ce qu'elle avait d'essentiel, ne différait pas de celle des Panathénées ordinaires, mais où le sacrifice était plus somptueux, la pompe plus belle et les jeux donnés avec plus d'appareil. Enfin, en 456, après les premiers succès de sa politique conquérante, Périclès fît compléter l'ensemble des concours musicaux, puaixoç «ywv, par l'introduction de citharistes, de joueurs de flûte et de chœurs, pour les auditions desquels fut construit TOdéion.
Les prix donnés aux vainqueurs des divers concours n'étaient pas de même nature. Pour les concours gymniques et pour ceux de l'hippodrome, ils consistaient en une certaine quantité d'huile extraite des olives des oliviers sacrés de l'Académie (ppiai), arbres qui passaient pour provenir de boutures prises sur l'olivier sacré de l'Érechthéion , celui-là même qu'Athéna avait fait surgir du sol lors de sa querelle avec Poséidon au sujet de la possession de l'Attique. Hôtes du peuple athénien, les athlètes étrangers jouissaient du privilège, qui n'était pas de mince valeur, d'exporter sans payer de droits de sortie l'huile reçue par eux en prix. Cette huile était renfermée dans^ des amphores décorées. Pindare fait
Les amphores panathénaïques.
mention de ces vases dans sa dixième Némêenne lorsque, rappelant une victoire panathénaïque de son héros, l'Argien Théïeos, il dit que, grâce à lui, « le fruit de l'olive fut porté chez le vaillant
Fig. 6a. — Amphores panathénftqucl.
peuple de Héra dans des vases de terre cuite enrichis de peintures variées ' » ,
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Une inscription athénienne mutilée, que la forme des lettres indique comme étant de la seconde moitié du quatrième siècle, [lous fait connaître le nombre des amphores d'huile sacrée don-