I. Von Duhn, Areh. Zeitung, i885, p. îo, pi. HI
234 Les vases à fond blanc.
un mois, soit au jour anniversaire de la mort, les parents se réunissaient, ornaient la stèle, apportaient des offrandes qui devaient encore réjouir celui auquel elles s'adressaient. Ces scènes, qui se passaient dans des nécropoles ouvertes, sous les yeux des passants, étaient familières à tous; mais est-ce à dire que les peintres de lécythes n'aient eu qu'à les regarder pour les reproduire? En aucune façon. Il est bien rare qu'ils recherchent le côté épisodique, comme dans un curieux lécythe du British Muséum, où un éphèbe poursuit à coups de pierres un lièvre passant devant une stèle. Presque toujours les scènes sont conçues dans le sens le plus général : les personnages, éphèbes, hommes âgés, jeunes femmes, ont le même caractère typique, et nullement individuel, que ceux des stèles funéraires attiques. Sur le lécythe du Louvre, encore inédit, que reproduit notre figure 86, ces trois catégories de personnages se trouvent réunies, et l'exemple que nous choisissons nous dispensera d'insister sur les autres. Au centre est la stèle, couronnée d'une palmette et posant sur trois degrés. Est-ce à la même sépulture qu'appartient le tertre ovale figuré à droite, et sur lequel sont déposées des bandelettes? On serait tenté de le croire et de chercher ici le commentaire des textes qui distinguent, pour un même tombeau, la stèle (<mfX7)) et le tertre (x^f^)-
C'est d'ailleurs autour de la stèle que s'empressent les assistants. Une jeune femme, vêtue du costume des femmes athéniennes, les cheveux serrés dans une coiffe d'étoffe, tient la corbeille (xovoOv) contenant les offrandes destinées au mort : une guirlande de feuillage et des bandelettes rouges. En face d'elle, un jeune homme, s'appuyant sur les deux lances qui constituent l'armement habituel des éphèbes athéniens, l'himation rejeté sur le bras, ramène sa main droite vers son visage, pour faire le geste