Furtwaengler, CoUection Sabouroff, pi. LVIII, LIX
2. Voir par exemple 3/oni/mfn/i inediti, X, 34, 2; Catalogue des vases d* Athènes, n* 5o8; C. Robert, Arch, ZeUung, 1882, p. i5i, pi. VII; Antiquités du Bosphore Cim* mérien, pi. XLIX.
Vases à dorures et à couleurs.
Une pyxis du Britîsh Muséum, dont notre figure 93 ne reproduit qu'une partie, nous offre un exemple charmant de ces compositions'. Des femmes sont réunies dans le gynécée; à gauche est la porte qui donne accès au thalamos, et deux grands vases de la forme que nous venons de signaler sont posés sur le seuil. Près de là, deux jeunes femmes, Pontomedeia et Doso, conversent ensemble, tandis que plus loin Thaleia, assise, les cheveux épars
Fig. 93. — SciD« de toilette. PeiDiun d'anc pyxis aitique. (Britith Muuun
sur les épaules, procède à sa toilette : Glaucé lui apporte un collier, et Cymodocé lui présente un alabastron et un coffret à bijoux. Plus loin encore, Cymodea, assise sur un escabeau, la joue appuyée sur sa main, dans une attitude nonchalante, tend son pied à une petite fillette qui y ajuste une sandale; une grande amphore, un vase muni de son couvercle, un coffret, sont placés derrière elle, et les accessoires de la toilette sont complétés par le coffret que tient Galéné. Ces noms bien connus éveillent l'idée des Néréides; mais l'artiste a-t-il prétendu retracer une scène mythologique? A la vérité, les jeunes femmes ainsi occupées de
I. Dumont at ChapUin, Les Ciramiifues de la Oréte propre, pi. IX,
2So Les vases à Jîgures rouges du quatrième siècle.
leur toilette n'ont de commun que le nom avec les filles de Nérée. En leur donnant ces noms gracieux, le peintre n'a pas eu d'autre objet que de prêter un caractère poétique à cette scène d'une simplicité exquise. Par la pureté du style et le charme sévère de la composition, la pyxis de Londres accuse une date très rapprochée des premières années du quatrième siècle; c'est ce que confirment l'alphabet des inscriptions aussi bien que le rendu des draperies; on y retrouve encore la largeur et la sobriété qui caractérisent le style céramique de la fin du cinquième siècle.
La peinture d'une œnochoé appartenant à une coUeaion particulière d'Athènes relève de la même inspiration familière; elle nous fait pénétrer dans l'intimité de la vie grecque, et place sous nos yeux une scène d'intérieur au gynécée '. Le milieu de la composition est occupé par une sorte de tablette munie de pieds, peut-être tout simplement un tabouret, suspendue au plafond de la chambre à l'aide de trois cordelettes. Une femme, tenant un petit objet rond qui ressemble à un vase à parfums, est occupée à y empiler des vêtements soigneusement plies; près de là, d'autres vêtements, jetés à la hâte sur un siège à dossier, attendent leur tour. De l'autre côté, une femme vêtue d'une robe de fine étoffe et d'une courte tunique, sans manches, couverte de broderies, est absorbée dans une opération qui provoque au plus haut point la curiosité d'un jeune garçon; elle verse le contenu d'une œnochoé sur des objets réunis en tas et où il faut peut-être reconnaître des pièces d'étoffe. Rien de plus terre à terre, en apparence, que ce sujet; et pourtant voyez comme le peintre en a rehaussé l'intérêt par la grâce et la noblesse du dessin. Le style est des plus fins, et montre quelle merveilleuse dextérité de main ont acquise les céramistes athéniens.
Nous savons malheureusement fort peu de chose sur les maîtres potiers qui maintiennent ainsi au quatrième siècle les brillantes traditions de l'industrie attique. Pour cette période, les signatures
I. Dumont 6t Chaplain, Les Céramiques de là Grèce proprey pi. VlII.
Vases à dorures et à couleurs.
d'artistes nous font presque complètement défaut. On ne peut guère relever que les noms de Mégaclès, l'auteur d'une pyxîs de l'ancienne collection Barre', de Xénophantos, dont il sera question dans le chapitre suivant, et de Midias, qui a signé une belle hydrie du British Muséum (MEIAlAI ; ErOIHIHN)». Le sujet principal, l'enlèvement des filles de Leukippos par les Dioscures, se développe sur la face antérieure de la panse. C'est une com-
position savamment conçue, où la recherche de la symétrie s'allie au procédé plus libre qui consiste à disposer les figures sur plusieurs plans. De chaque côté d'une idole archaïque sont les chars des Dioscures : PoUux a déjà pris place sur le sien avec une des Leukippides, Hilaîra. Au premier plan, Castor entraine Ériphyle, en présence de Zeus et d'Aphrodite qui paraissent s'émouvoir fort peu de cet acte de violence, tandis qu'Agave» Peitho et Chryséis manifestent, par leur attitude, les sentiments divers qui les agitent. Au-dessous court une frise enveloppant