‹ Histoire de la céramique grecque (volume 2)Chapitre 62 sur 187 · Klein, Vasen mit Meistersign., p. 2o · texte numérisé non relu

Klein, Vasen mit Meistersign., p. 2o

z. Catalogue of the greek and etruscan vases in Ihe Br. Mus. 11, n* 1264. — - Gerhard, Akad. Abhandl., pi. XIII, XIV.

252 Les vases à figures rouges du quatrième siècle.

tout le vase, et représentant Héraclès au jardin des Hespérides et des personnages héroïques. Midias est, à n'en pas douter, un maître de la nouvelle école; comme ses contemporains, il sait rendre, par des traits d'une extrême finesse, les plis légers des étoffes translucides, présenter les figures de trois quarts, et tirer habilement parti du champ offert à son pinceau pour multiplier les personnages. Les caractères des inscriptions, aussi bien que le style du dessin, permettent de placer son œuvre vers 55o. C'est le moment où, par ses qualités de délicatesse et de goût, la fabrication attique tient le premier rang et l'emporte sans peine sur les produits gréco-itah'ens.

La supériorité des ateliers d'Athènes apparaît surtout dans une série de délicates poteries ornées de dorures, qui semblent avoir été très recherchées dans les différentes parties du monde grec. On en a trouvé plusieurs dans les tombeaux de Corînthe, à Mégare, en Béotie, et les hasards du commerce les portaient jusqu'en Acarnanie. L'origine attique de ces vases n'est pas douteuse : les formes, le style du décor, la perfection du style, voilà autant de marques de fabrique. Un des types les plus fréquents est celui des petits vases à panse renflée, surmontée d'un goulot analogue à celui des lécythes, et décorée d'oves et de godrons; la figure gS en reproduit deux exemples. On trouve aussi, mais plus rarement, des lécythes à la panse allongée, reproduisant la forme d'un gland dans sa capsule. Quelquefois l'imitation est poussée plus loin, et la partie inférieure de la panse, couverte de points en relief, offre tout à fait l'aspect de la capsule du gland '-.

I. Voir par exemple un lécythe du musée de la Société archéologique d*Athènes, trouvé en 1854 au Piréepar les marins dVn navire de guerre français. [Catalogue des vases d'Athènes, n" 566.)

Vases à dorures et à couleurs

Des palmettes d'une élégance très raffinée décorent le revers de ces vases et achèvent de leur donner un caractère tout particulier. Lorsque M. de Witte, en i863, et Otto Jahn, en i865, dressaient la liste des vases à dorures', le chiffre en était fort restreint. Il est aujourd'hui plus considérable; encore faut-il tenir compte des exemplaires où la dorure a disparu, ce qui s'explique par l'extrême fragilité de cette décoration. Voici, en effet, comment

Fig. 9S. — Licythu ■ryballisquei et œnochot de fibriquc ittiquc.

le potier procédait : partout où devaient être posées les touches d'or, il en indiquait la place par des bossettes en relief, et figurait ainsi les accessoires, colliers, bijoux, diadèmes, fruits, pour lesquels ce genre de décoration était le plus souvent réservé; l'or, battu en feuilles très minces, était ensuite fixé sur ces saillies à l'aide d'une barbotine jaunâtre qui provoquait l'adhérence. Alors même que la dorure a disparu, ces points en relief montrent clairement qu'elle avait existé.

L'idée de rehausser la peinture par l'emploi de l'or n'était pas, à vrai dire, une nouveauté. Brygos, Euphronios, et l'auteur

I. De Witte, Reoue archéologique, nouv, sér., t. VII, i803, p. t-ii;Otto Jahn,

Ueber bemalte Vasen mît Goldschmuck, (S65.

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anonyme de la coupe de Nésidora, avaient déjà usé de ce procédé. Mais ce qui n'était qu'une exception devient la r^e pour les vases attiques qui nous occupent. Les plus beaux, ceux où le dessin a le plus de finesse et de charme, sont aussi ceux où la dorure est appliquée avec le plus de discrétion. Nous avons déjà cité i'aryballe de l'ancienne collection Sotiriadès; nous trouverons encore un spécimen accompli de ce style dans un lécjrthe en forme de gland du musée de Berlin, dont la peinture représente une scène d'amour, sujet favori des potiers du quatrième siècle ■. Au centre, une jeune femme, le buste nu, le bas du corps couvert d'une fine étoffe transparente, les cheveux serrés par un diadème, est assise sur un siège élégant. Cette demi-nudité suffirait à nous avertir que la jeune femme ne fait pas profession d'austérité; aussi bien la présence d'un Eros, figuré comme un jeune garçon muni de longues ailes, et qui échange avec elle un baiser, est tout à fait significative. Voici, en outre; deux suivantes apportant des cadeaux : l'une d'elles, une jolie jeune fille richement vêtue d'une tunique constellée de croix et d'un himadon, porte un calathos rempli de raisins et de poires; l'autre tient une lyre et un oiseau perché sur le bout de ses doigts. Cette charmante composition nous éclaire sur les goûts voluptueux et sensuels des contemporains de Praxitèle. Il n'y a pas à chercher ici d'allégorie mythologique : le peintre a simplement glorifié l'amour et la beauté sans prétendre donner une leçon de morale. La scène qui décore un lécythe à dorures de la collection Rampin, à Paris, est d'une nature un peu plus grave : c'est une offrande à une divinité, peut-être à Héra Téléia ^ ; mais la fantaisie reprend ses droits sur le charmant lécythe de l'ancienne collection Sabouroff montrant des jeunes filles au bain dans un lieu planté d'arbustes, et qui tient dignement sa place dans cette série d'œuvres du plus pur atticisme ^.

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