‹ Histoire de la céramique grecque (volume 2)Chapitre 66 sur 187 · LES VASES EN FORME DE FIGURINES · texte numérisé non relu

LES VASES EN FORME DE FIGURINES

u cours du quatrième siècle, les produits céramique de l'Attique sont recherchés dans tout le monde grec comme un véritable article de luxe. Athènes exporte partout ces poteries qui n'ont pas de rivales pour leur légèreté, leur délicate ornementation, et pour la belle qualité de ia terre. Mais c'est surtout au nord du Pont-Euxin qu'elle trouve, à partir de SgS, une clientèle assidue. Sur la côte orientale de la Chersonèse Taurique et sur les bords du canal qui donne accès au lac Maeotide, s'élevaient des villes prospères, fondées par d'an-

202 Les vases ornés de reliefs

ciens colons ioniens; c'étaient Panticapée, construite à la pointe orientale de la presqu'île des Taures; plus au Sud, Théodosia; en face de Panticapée, sur l'autre rive du Bosphore Cimmérien, Phanagoria, ancienne colonie de Téos. Ces villes, grecques d'origine, avaient fini par perdre leur indépendance, et reconnaissaient l'au^ torité de dynastes indigènes, qui, pour leurs sujets barbares. Taures ou Maïtes, prenaient le titre de rois de Bosporos, et pour leurs protégés grecs s'intitulaient « archontes de Bosporos et de Théodosia ». Athènes avait tout intérêt à entretenir des rapports de bonne amitié avec ces princes, maîtres des régions méridionales de la Scythîe d'où elle tirait pour une bonne part ses approvisionnements de blé ' ; elle n'y manqua pas. Déjà sous Satyros, le fils de Spartocos I", l'influence athénienne est prépondérante dans le royaume du Bosphore. Sous Leucon (393-353), sous ses fils Spartocos et Pairisadès, qui lui succédèrent en 353, sous Eumélos et Spartocos IV, les Athéniens sont à peu près les maîtres du marché de la Scythie et de la Chersonèse Taurique; leurs vaisseaux ont le privilège de charger le blé avant tous les autres, et sont exemptés des droits de sortie. Par contre, les Athéniens comblent d'égards les rois du Bosphore, et pour reconnaître de tels avantages, ils décernent à ces utiles amis des honneurs publics qui ne leur coûtent pas grand'chose *.

En échange des céréales et des pelleteries qu'ils achetaient dans les ports du Bosphore Cimmérien, les Athéniens y importaient les produits de leurs manufactures. Les vases, en particulier, constituaient un élément important du fret de leurs vaisseaux de commerce. A en juger par le grand nombre de vases attiques découverts dans les tombeaux de Kertch, l'industrie attique trouva là, entre 35o et 3oo, un de ses plus précieux débouchés. Peut-être même, à l'exemple des négociants athéniens qui avaient ouvert des comp-

Page 1