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Histoire de la céramique grecque

De douloureux événements ont retardé la publication de ce livre. Depuis plusieurs années déjà, Olivier Ray et en avait conçu le plan, et préparé l’ illustration avec le concours d’un habile dessinateur, M. P. Laurent. Il y travaillait encore, quand un mal qui ne devait pas pardonner est venu l’enlever à ses études , et à cette chaire de la Bibliothèque nationale qu’il occupait avec toute l’autorité de son savoir et de son talent. Le ig février i88j, une mort prématurée terminait sa trop courte carriè?'e, le frappait en pleine jeunesse, et mettait à néayit toutes les espérances qu'on était en droit de fonder sur son brillant passé.

/,’Histoire de la Céramique grecque était, pour Olivier Rayet, une œuvre de prédilection. Dans sa pensée., ce livre devait s'adresser à cette même élite d’amateurs éclairés à laquelle il songeait en publiayit son beau recueil des Monuments de l’Art antique ; il voidait qu’un ouvrage clair et substantiel initiât un public moins restreint que celui des érudits aux récentes découvertes d’une science où il était lui-même passé maître. Les pages écrites par lui montrent bien quelle idée les avait inspirées., en même temps qu’elles témoignent une fois de plus des rares qualités de ce pénétrant et vigoureux esprit. On y retrouvera le savoir précis et sur., le goût délicat., le sentiment profond de l’art, et le style très personnel qui l’avaient de bonne heure placé au premier rang parmi les historiens de l’art antique.

AvJint- Propos.

La famille d’Olivier Rayet a exprimé le désir que ce travail ne restât point ùiachevé. Elle a bien voulu me confier le soin de le terminer, et j’ai accepté la tâche qu’une longue et ancienne amitié me faisait considérer comme un pieux devoir. En présentant au public un ouvrage qui est ainsi devenu le fruit d’une collaboration imprévue je tiens, par un sentiment facile à comprendre, à ne laisser aucun doute sur la part que j’y ai prise. N’ayant eu -entre les mains ni manuscrit ni notes de l'auteur, et n'ayant trouvé dans le dossier de l’illustration que des indications très so7nmaires.^ j’ai dû poursuivre l’œuvre comnmicée en m'aidant de mes propres rechej'ches , tout en m' efforçant de lui cofiserver son unité. C’est dajis ces conditions que j’ai écrit, outre l’ Introduction et le chapitre X, la partie du volume qui commence au chapitre XI V. Je crois donc devoir revendiquer, devant la critique., l’entière resporisabilité d’une part de collaboration où Von verra surtout un hommage rendu â la mémoire d'un savant distingué et d'un ami.

Paris., y novembre i88/.

Fig. 1. — Une école de peintres de vases. (Peinture d’un vase de la collection Caputi, à Ruvo.)

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