‹ Histoire de la céramique grecqueChapitre 120 sur 144 · I. Athénée, I · texte numérisé non relu

I. Athénée, I

L’imitation du métal et la poterie moulée.

la Société archéologique d’Athènes n’en possède qu’un d’origine thasienne, mesurant 78 centimètres de hauteur. Par contre, c’est par milliers que l’on compte dans les musées, en particulier dans celui d’Athènes, les fragments d’anses portant l’empreinte de sceaux appliqués à l’aide d’un moule.

L’étude de ces timbres nous apprend quelles précautions minutieuses étaient prises pour assurer la régularité des transactions commerciales. Ils portent, tantôt isolés, tantôt réunis, des emblèmes très

Fig. 134. — Timbres amphoriques de Guide, de Thasos et de Rhodes.

variés et des inscriptions relatant les noms des magistrats éponymes de la cité. Le timbre de Cnide reproduit ci-joint (fîg. iSq-i) porte le nom de deux magistrats, dont le premier, Eukratès, est sans doute le phrourarque ou le démiurge en fonctions pendant l’année où l’amphore a reçu sa marque. Au-dessous, on lit le mot ; Kvt^iov. A Thasos, le magistrat éponyme est l’archonte; notre spécimen (fig. 134-2) offre le nom de l’archonte Alkeidès accompagné de la mention ©aGiwv; l’emblème est un vase en forme de cratère. Sur les sceaux de Rhodes, l’emblème le plus fréquent est la rose (po^ov), qui, par un jeu de mots facile à comprendre, figure dans les « armes parlantes » de la cité. On la retrouve sur le timbre rhodien dont nous donnons le dessin (fig. iSq-S); autour de la fleur, dans l’empreinte circulaire du sceau, on lit le nom du mois rhodien Sminthios. Quand les timbres de Rhodes portent un nom propre, c’est le plus souvent celui du magistrat éponyme, à savoir celui du prêtre d’Héiios. Quel était le rôle de ces timbres, dont les variantes multiples sont encore loin d’être

L’ imitation du métal et la poterie moulée.

expliquées dans le détail ? Il est permis de croire qu’ils servaient surtout à garantir la contenance légale des amphores; c’étaient, en outre, de véritables marques, certifiant à l’acheteur la provenance du vin, et au besoin sa date, le nom du magistrat éponyme équivalant à la désignation de l’année.

Nous n’insisterons pas sur un autre genre de produits céramiques dont l’étude détaillée nous ferait dépasser les limites chronologiques où nous nous enfermons; nous voulons parler des lampes de terre cuite. A vrai dire, la majeure partie des lampes trouvées dans les pays grecs ne sont pas antérieures à l’époque impériale. Celles qui remontent à une date plus ancienne sont fort simples et sans ornement. Ainsi le musée de Berlin possède une lampe attique du cinquième siècle, analogue pour le type aux lampes votives qu’on a trouvées en grand nombre à l’Acropole d’Athènes Le corps de la lampe est très sobrement décoré de cercles concentriques, et sur le pourtour dix becs (p>cTŸipe;^ forment autant de saillies très accusées.

Au temps de l’Empire, l’influence romaine impose à la civilisation antique un caractère d’uniformité qui se fait sentir jusque dans les moindres productions industrielles. Qu’elles soient grecques ou romaines, les lampes de cette époque offrent le même type 2. Le procédé technique est partout le même. Les potiers se servent de moules à deux pièces dont il n’est pas rare de retrouver des exemplaires; l’un des moules donne le corps de la lampe, l’autre le couvercle avec son anse; les deux pièces sont ensuite rajustées et soumises à la cuisson.

Les lampes d’origine grecque ont été peu étudiées jusqu’ici

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