VoirFrœhner, Musées de France, pl, XIV, i-3; pl. XV-XVI
2. Le travail le. plus complet sur cette question est [celui de M. Albert Dumont , Inscriptions céramiques de Grèce {Archives des Missions scientifiques, II» sér., t. VI, 1871). Nous en extrayons la plupart de nos renseignements. M. Holleaux, ancien membre de l’École française d’Athènes, a, dans un mémoire encore inédit, étudié à l’aide de ces documents l’histoire du commerce des Rhodiens.
L’imitation du métal et la poterie moulée.
Euxin, les navires de Thasos échangeaient, contre des cargaisons de blé, des amphores pleines d’un vin blanc qui, au dire d’Athénée, acquérait toutes ses qualités en vieillissant*. Rhodes exportait son vin et son huile. Cnide, dont le territoire rocheux se prête mal à la culture de la vigne, était, en revanche, admirablement placée pour accaparer le commerce des îles voisines et des villes de la côte; elle expédiait partout les produits de Cos, de Lesbos, de Myndos et d’Halicarnasse, et surtout ces vins marinés (xeGa'X'XaTWfjLsvoi)
qu’on additionnait d’une certaine quantité d’eau de mer pour leur permettre de subir de longs transports.
Les amphores propres à chacun de ces trois grands centres commerciaux se reconnaissent à certaines particularités de forme et de technique. Celles de Cnide sont faites d’une terre rouge foncé, à gros grains et mal travaillée; la forme est allongée et très effilée à la partie inférieure. Les amphores de Thasos, dont la terre est également d’un rouge vif, affectent une forme plus arrondie : de chaque côté du col les anses s’attachent avec une courbe très accusée. Enfin, celles de Rhodes sont reconnaissables à l’aspect gris et poudreux de la terre, à leur panse ventrue et renflée par le bas, à l’angle droit que forme avec la partie longue de l’anse celle qui rejoint l’embouchure du col (fig. i33). Il est très rare de rencontrer des exemplaires intacts de ces amphores; le musée de