‹ Histoire de la céramique grecqueChapitre 128 sur 144 · I. Cf. Mazard, pl. IX, fig. i · texte numérisé non relu

I. Cf. Mazard, pl. IX, fig. i

Les poteries vernissées et émaillées.

encore une solution définitive. Des analyses minutieuses et répétées pourraient seules nous apprendre comment s’est fait le passage de la glaçure silico-alcaline à la glaçure métallique. D’autre part, nous ne savons guère mieux à quel centre industriel il convient d’attribuer la vulgarisation de cette technique. Des indices certains nous permettent toutefois d’affirmer que les ateliers grecs d’Asie Mineure en ont fait usage, et qu’elle y a joui d’une vogue réelle. En i853, V. Langlois a recueilli à Tarse, parmi les fragments de terres cuites accumulées au Gueuslu-Kalah, des débris de poteries vernissées dont le Louvre s’est enrichi; l’élégance du décor en relief, l’éclat et la transparence du vernis plombeux, où dominent le vert et le jaune, attestent une fabrication soignée, et la nature des fragments montre que Tarse produisait surtout des vases de petites dimensions. Mais la fabrique de Tarse, qui n’a pas un passé bien ancien, et dont la période d’activité ne remonte pas au delà du premier siècle avant notre ère, n’a pas eu le monopole de cette technique; elle l’a sans doute empruntée à d’autres ateliers grecs. Sur la côte occidentale de l’Asie Mineure, les fabricants de terres cuites en ont fait usage pour revêtir leurs figurines d’une couverte jaune ou verte, à base métallique, témoin les spécimens trouvés près de Smyrne, sur le Pagus, et acquis par M. S. Reinach pour le musée du Louvre'; une autre figurine émaillée à couverte jaune, au même musée, provient de Cymé.

Il faut donc reconnaître que la fabrication des terres vernissées comptait, en Asie Mineure, plusieurs centres importants. Nous croyons volontiers, avec M. Mazard, que l’exportation de ces produits a été très active dans les pays méditerranéens, et qu’on peut attribuer une origine grecque aux élégantes poteries

I. s. Reinach, Mélanges Graux, p. 148. L’analyse chimique y a fait reconnaître la présence de l’oxyde de plomb (S. Rc\na.ch, BuUetm de corresp. hellénique, i883, p. 78). J’en ai vu à Isbarta, en Asie Mineure, d’autres spécimens trouvés à Cibyra. On sait que des terres cuites de Pompéi offrent aussi une couverte analogue. — Cf. Von Rohden, Die Terracotten von Pompeji, p. 29. M. Heuzey a signalé également une statuette vernissée d’Hermès, signée du nom de P. Fabius Nicias, et trouvée à Angers [Mémoires de la Soc. des Antiquaires de France, t. XXXVII, 1876, p. 99).

Les poteries vernissées et émaillées.

vernissées à décor végétal dont le musée de Naples, le British Muséum, le musée Borély, à Marseille, possèdent de beaux spécimens Elles accusent, en effet, une très grande unité de style, et le caractère du décor constitue une sorte de marque de fabrique. Mais cette industrie est-elle restée le privilège de l’Orient grec? Nous avons peine à l’admettre. La poterie vernissée semble avoir eu la même fortune que la poterie moulée, dont elle est contemporaine; tout porte à croire qu’elle a reçu droit de cité dans les principaux centres industriels du monde ancien. Des spécimens de cette technique, trouvés en France, dans l’Ailier, prouvent que les potiers gallo-romains s’y sont exercés, d’ailleurs sans grand succès, et il serait difficile d’expliquer par des exportations grecques le grand nombre de poteries vulgaires vernissées qu’on rencontre un peu partout, jusque sur les bords du Rhin.

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