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Gerhard, Auserlesene Vasenbilder, II, pl

L’influence orientale

nique, à égale distance d’Athènes et de Corinthe, en communication facile avec toutes les autres îles de la mer Égée, pour s’attendre à trouver dans la céramique éginétique des traces de l’influence des trois fabriques entre lesquelles elle s’est développée. Moins célèbres

Fig. 44. — Crater trouve Chiusi, dit vase Alessandro François. (Florence, Musée étrusque.)

que ceux de Corinthe, les vases d’Égine étaient pourtant fort estimés. La fabrication a dû en être active, favorisée comme elle l’était par l’extension d’un commerce maritime avec lequel celui de Corinthe et de Samos pouvaient seuls rivaliser. Peut-être possédons-nous, sans le savoir, dans nos musées un assez grand nombre de produits des ateliers de l’île. Mais ceux dont l’origine est connue avec certitude sont fort rares, et jusqu’à présent le monument le plus remarquable

dans le reste de la Grèce.

de la poterie éginétique consiste en quelques fragments qui ont été trouvés au sud de la capitale de l’île et qui ont été acquis par le musée de Berlin. Le vase d’où ils proviennent était une sorte de chytra à panse évasée, munie de deux grandes anses Au bas de la panse règne

Fig. 45. — Vue latérale du vase Alessandro François. (Florence, Musée étrusque.)

une bande d’entrelacs. Au-dessus de celle-ci, au-dessous de l’attache des anses, une seconde bande circulaire est décorée d’animaux, parmi lesquels des chevaux paissant. Plus haut, entre les anses, sont deux tableaux, un de chaque côté. Sur l’un est figuré Persée, qui, encouragé par Athéna, s’élance à travers les airs; sur l’autre, les deux Harpyes

I. Furtwængler, Schüssel von Ægina{Arch. Zeit., 1882, p. 198, pl. 9 et 10).

L’ injliænce orientale

qu’il poursuit s’enfuient en s’aidant de leurs ailes'. Des bandes de méandres disposés en diagonale délimitent ces deux tableaux, et, avec les chevrons, les étoiles, et les éléments de méandre disséminés dans le champ, rappellent la poterie géométrique. Les torsades qui décorent les anses évoquent au contraire le souvenir de la céramique des îles, tandis que les entrelacs du registre inférieur sont empruntés à l’ornementation corinthienne.

Le musée de Berlin a acquis dernièrement, comme provenant de Corinthe, un tout petit aryballiscos sur lequel est représentée la lutte d’Héraclès et des Centaures L’anse de ce vase, large et plate, est décorée de torsades ; sur le haut de la panse s’étalent des entrelacs. Aucun des vases trouvés certainement en Corinthie ne nous montre rien de semblable, tandis que l’analogie est frappante avec la décoration du vase précédent. Je serais donc fort tenté de ranger ce petit aryballiscos parmi les produits de la fabrique d’Égine. En revanche, je retirerais à cette fabrique une coupe qui a été, dit-on, trouvée dans l’île et qui appartient aujourd’hui à la collection Fontana, à Trieste^; à l’intérieur on y voit Héraclès luttant contre le lion de Némée; à l’extérieur, d’un côté. Silène et un personnage drapé, de l’autre un joueur de flûte et deux danseurs. Les noms des personnages, ainsi que la signature, ’EpyoTi[j.o; eTCoiecev, sont en lettres attiques, et indiquent que, si ce vase a été vraiment trouvé à Égine, c’est qu’il y avait été apporté par le commerce.

Le nom d’Ergotimos se lit encore, associé à celui d’un autre artiste, Clitias, sur un des monuments les plus importants de la céramique grecque au sixième siècle, un grand vase trouvé en 1844 à Fonte Rotella, près de Chiusi, par un fouilleur dont la sagacité, la persévérance et, on peut le dire, le courage, ont rendu à l’archéologie les plus grands services, Alessandro François^. La tombe où il était

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