Gerhard, même ouvrage, pl. 3o
La fabrique d’Athènes au sixième siècle.
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d’animaux, et forme sur le dallage une nappe dans laquelle leurs jambes plongent jusqu’au milieu du mollet. Il faut voir avec quel plaisir elles tendent leurs épaules, leurs dos et leurs mains à cette ondée rafraîchissante. L’esprit de la composition, la souplesse déjà remarquable du dessin et une certaine élégance de formes qüi transparaît sous les exagérations conventionnelles de l’art archaïque, reportent ici encore notre souvenir vers les Athéniens. Mais il serait téméraire de s’arrêter à cette idée. Aussi bien l’esprit n’était pas en Grèce le monopole d’Athènes, et peut-être ce joli vase sort-il d’un des ateliers des colonies chalcidiennes de la Campanie, voire même d’une des fabriques de quelque cité dorienne de la Sicile ou de la grande Grèce. Au sixième siècle, l’industrie céramique a certainement été florissante à Tarente, à Métaponte, à Sybaris, à Crotone et à Locres, aussi bien qu’à Syracuse, à Sélinonte, à Agrigente et à Cumes. Quelques-uns des vases du style que nous étudions portent d’ailleurs des inscriptions doriennes.
Une fois à la mode, ce style ami des chaudes couleurs ne céda point sans résistance la place au style plus sévère qu’inventa le commencement du cinquième siècle. Il était riche, d’eftet varié, gai à l’œil, et longtemps il conserva des amateurs dont les potiers n’eurent garde de dédaigner les préférences. La puissance de l’habitude chez les ignorants, et, chez les gens instruits, l’admiration systématique pour les histoires, les mœurs et les œuvres de l’antiquité, devaient encourager certains artistes à rester volontairement en retard sur leur époque et à demeurer autant que cela leur était possible fidèles aux traditions techniques des âges précédents. Dans la céramique comme dans la sculpture, le pastiche de l’archaïsme n’a pas cessé d’avoir ses fauteurs et ses adeptes. Je ne puis par exemple regarder comme appartenant à l’époque dont elle paraît être l’œnochoé
U unification des styles
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de Vulci, aujourd’hui à Berlin, qui porte la signature de Colchos, +0U+0$MEP0IE$EN Au dessus d’une étroite bande d’animaux est représenté le combat d’Héraclès et d’Arès sur le cadavre du fils de ce dernier dieu, Cycnos (écrit hVhTO^), qu’Héraclès vient de tuer. Héraclès est, comme d’ordinaire, assisté d’Athéna, et Zeus se tient auprès d’Arès, dans une attitude où se révèle le désir de réconcilier ses deux fils. Cependant les chars des deux adversaires s’éloignent pour les laisser combattre à pied, celui d’Héraclès conduit par lolaos , celui d’Arès par Phobos. Au second plan , derrière les chars, et formant avec leur direction générale une de ces oppositions de lignes contrariées pour lesquelles les artistes grecs ont toujours eu tant de goût, on aperçoit Apollon et Poséidon, qui se précipitent vers l’endroit de la lutte. Enfin, à l’une des extrémités de la scène, est Dionysos, à l’autre Nérée, le vieillard de la mer, HAL105AEP0N. Le dessin pousse la précision jusqu’à l’extrême sécheresse et trahit dans certaines parties, les chars par exemple , une souplesse de main que la recherche systématique de la raideur ne parvient pas à dissimuler, et une habileté de combinaison de lignes qui contraste avec la naïveté voulue du geste de certains personnages. Ce vase ne peut pas être plus ancien que le milieu du cinquième siècle.
Je ne crois pas davantage à la réalité de l’archaïsme de toute une série de coupes profondes, à formes anguleuses, à pied élevé, dont le Vatican, et surtout le musée d’Athènes, possèdent de belles suites, et parmi lesquelles celles dont l’origine est grecque proviennent toutes de la Corinthie. Ces dernières surtout forment un groupe bien caractérisé et auquel on n’a pas jusqu’à présent accordé assez d’attention : la terre, mêlée d’une forte proportion d’ocre et de silice, paraît aux fouilleurs et aux marchands d’antiquités de Corinthe provenir des environs de Cléones; elle est rêche, un peu spongieuse malgré le soin avec lequel on l’a triturée; elle a pris à la cuisson une grande dureté, et rend quand on