DE TERRE CUITE PEINTES
VEc les amphores panathénaïques, nous n’avons pas terminé l’étude des diverses applications de la peinture noire sur fond rouge. Il y a toute une classe de monuments céramiques où l’on peut suivre le développement de cette technique, depuis les plus anciens procédés usités dans les ateliers corinthiens jusqu’au grand style sévère du premier quart du cinquième siècle; ce sont les tablettes de terre cuite décorées de peintures, qui forment une série déjà longue Dès le sixième siècle, l’idée vint aux potiers grecs de faire servir les procédés de la peinture de vases à la décoration de petits tableaux (7a'va/.t;, xivot/ua) découpés dans des galettes d’argile.
I. Voir O. Beiindorf, Griechische und sicilische Vasenbilder, livraison I", p. y et suivantes, 1869. Cf. A. Dumont, Peintures céramiques de la Grèce propre, p. ey.
Les plaques de terre cuite peintes.
Percées de trous de suspension, ces tablettes pouvaient aisément être accrochées, en guise d’ex-voto, aux murs d’un temple, aux parois d’un tombeau ou aux branches des arbres d’un bois sacré. Les peintures de vases nous renseignent sur l’usage auquel elles étaient destinées. Sur une amphore de Munich, on voit un athlète vainqueur tenant une de ces tablettes, sur laquelle est représenté un coureur, et s’apprêtant à la consacrer en souvenir de sa victoire. Ailleurs, des tablettes votives sont suspendues aux branches du laurier sacré du sanctuaire de Delphes, ou placées près d’une ontaine, comme une offrande à la divinité de la source. C’est sans doute à des images votives de ce genre qu’Eschyle fait allusion dans un passage des Suppliantes : les filles de Danaos, qui implorent l’hospitalité du roi d’Argos, le menacent, s’il les repousse, de dénouer leurs larges ceintures et de se pendre aux statues des dieux, pour les « orner de tablettes d’un nouveau genre »,
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Les plus anciennes des plaques d’argile peintes aujourd’hui connues appartiennent au style corinthien du sixième siècle. En 1879, un paysan du petit village de Pendé-Skouphia, situé au sud-ouest de l’Acrocorinthe, découvrit plusieurs centaines de ces plaques, pour la plupart à l’état de fragments, et portant des peintures et des inscriptions en lettres corinthiennes du sixième siècle. Elles furent transportées à Néa-Korinthos, puis à Athènes, et les hasards de la vente les dispersèrent dans les principales collections européennes. Le Louvre en possède une douzaine, tandis que la série acquise par le musée de Berlin ne compte pas moins de six cents numéros^.
Les dimensions de ces tablettes sont très variables : les plus