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Eschyle, Suppliantes, vers

2. Sur les plaques du Louvre, voir O. Rayet, Galette archéologique, 1880, p. 101-107 ; Max. Collignon, Monuments grecs, n®* ii-i3, 1882-1884. Sur les plaques de Berlin, voir P'urtwaengler : Vasensammlung im Antiquarium, sect. IX, 347-955. Cf. Antike Denkmœler hcr vom arch. Institut, t. I®', 1886, pl. 7 et 8.

Les plaques de terre cuite peintes.

petites ont o‘",o4 de largeur sur o'",o6 de hauteur; d’autres devaient mesurer, quand elles étaient intactes, jusqu’à o“,2o de largeur. Si l’on peut observer des différences pour la qualité de la terre, le plus souvent celle qui a été employée est cette argile d’un jaune clair, légèrement verdâtre, que la Corinthie fournissait en abondance, et dont les potiers corinthiens du sixième siècle ont fait grand usage; rarement le ton plus rouge de la terre indique une date plus récente. Quant aux sujets, ils sont tracés avec une couleur brune, un peu rougeâtre. Tantôt c’est une simple silhouette à contours pleins, sans retouches, dessinée avec une extrême négligence; tantôt des engobes rouges et blanches rehaussent la peinture ; d’autres fois certaines , parties sont seulement dessinées au trait, sans que le potier ait entièrement rempli les contours.

La plupart des tablettes portent des trous de suspension, et ce détail suffirait seul à en accuser le caractère votif. Au reste, les formules de dédicace à Poséidon, qu’on lit sur un grand nombre de fragments, ne laissent pas de doute sur ce point'. On s’explique moins facilement la présence de ces objets en un lieu où l’on n’observe ni traces de four à poteries, ni vestiges d’édifices antiques. Il n’est guère vraisemblable que ces tablettes soient des rebuts de fabrication ; il est plus légitime de supposer qu’elles ont été suspendues soit aux murs d’un temple de Poséidon, soit dans un bois sacré, et que plus tard elles ont été jetées hors du sanctuaire, comme des objets sans grande valeur, pour faire place à de nouveaux ex-voto.

Parmi les sujets figurés sur les plaques corinthiennes, le plus fréquent est la représentation de Poséidon, le dieu auquel étaient dédiés ces témoignages de la dévotion populaire. Nous reproduisons ici une des tablettes du Louvre, où l’on voit le dieu debout, tourné vers la droite, vêtu d’un chiton blanc et d’un himation

I. Ces inscriptions ont été réunies par M. Rœhl, Inscriptiones grcecce antiquissimœ prœter atticas in Attica repertas, III, 20, n°s i et suivants.

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rouge; il est armé du trident, et tient de la main droite une couronne (fig. 65). A gauche on lit, tracé verticalement, le nom du dieu, avec la forme dorienne : NAAiaTOT; de l’autre côté, c’est la formule de dédicace habituelle mentionnant le nom du donateur : 2fip]0NMANB©BKB « Igron m’a consacré»'. Ailleurs, le sujet se complique : à Poséidon est associée Amphitrite, qui

fait face à son époux, telle qu’on la voit sur un fragment du Louvre dessiné en tête de lettre au commencement de ce chapitre. Ailleurs encore, les deux divinités sont réunies sur un char dont Poséidon tient les rênes, et qu’accompagne quelquefois Hermès.

D’autres scènes, et non des moins intéressantes, ont trait aux occupations de la vie quotidienne; elles font directement allusion aux actes sur lesquels les dévots de Poséidon ont appelé la protection du dieu. Un grand nombre de peintures retracent des scènes empruntées à la vie industrielle, et surtout à la fabrication des vases, qui constituait , comme on l’a vu plus haut, une des sources de la richesse de Corinthe. Voici, par exemple, sur une tablette du Louvre, un potier travaillant dans son atelier. Assis sur un escabeau, en face d’une roue qu’il fait mouvoir de la main droite, il est fort occupé à tournasser, à l’aide d’un ébauchoir, un aryballe qu’il termine; d’autres vases sont accrochés au mur, et dans un coin sont entassées des mottes d’argile déjà pétries (fig. 66). C’est encore au Louvre qu’appartient une plaque où est représentée la cuisson des vases. Un potier, Sordis

I. Rayct, Ga:^ette archéologique, 1880, p. 104. Le même nom figure sur une talilelte du musée de Herlin : Furlwaengler, ^Besc/ir. der Vasensammlung, n" 3y3.

Fig. 65. — Poséidon.

Plaque corinthienne du musée du Louvre

Les plaques de terre cuite peintes.

se tient debout devant un four à poterie d’où s’échappe une longue flamme, tandis que du bois brûle devant l’entrée; avec le ringard terminé en forme de croc qu’il élève de la main droite, il s’apprête à activer le feu du fourneau; mais ce n’est pas trop de l’intervention de Poséidon pour que les vases sortent du four intacts et sans coups de feu. Une plaque de Berlin, que nous reproduisons à la fin de ce chapitre (fig. 67)', montre des ouvriers travaillant dans une carrière, et occupés sans doute à extraire l’argile destinée à la fabrication des vases. L’un d’eux attaque à coups de marteau la paroi de la tranchée, et un autre apporte une corbeille qu’il va remplir des mottes détachées par son camarade; un troisième soulève à deux mains une corbeille déjà pleine et la tend à un de ses compagnons penché sur le bord de la tranchée. La grande amphore fermée d’un couvercle qu’on voit suspendue dans le champ contient la boisson des travailleurs. Enfin, toute une série de plaques nous a conservé le témoignage de la dévotion superstitieuse des marins corinthiens. Sur ces petits tableaux, où sont peints des navires de guerre ou des bâtiments de commerce, quelques-uns portant leur cargaison de vases, on lit des inscriptions qui formulent des prières comme celle-ci : « Donne-nous un heureux retour! » D’autres fois, ce sont des actions de grâces poür une bonne traversée : « Nous arrivons du Pirée » (Il£pa£io6;v

Plusieurs de ces ex-voto sont d’une exécution assez soignée : il est naturel que les potiers qui les ont fabriqués aient été tentés de les signer. Ainsi une plaque du musée de Berlin porte le nom

I. Furtvvaengler, Beschr, der Vasensammliing, n° 871. J’en ai donné une description et un croquis, Annales de la Faculté de Bordeaux, n° i, 1882.

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d’un peintre céramiste déjà connu par un vase en forme de bouteille allongée trouvé à Cléones. Sur l’une des faces, montrant un chasseur accompagné de son chien, on lit la signature suivante : « Timonidas, fils de Bias, m’a peint » (Tip.wvi[^aç] sypatl^e Bia). Une plaque du Louvre a été à la fois peinte et consacrée par Milonidas : M2^0N2AAMB^ PA'KBKANB©KB (Mi'Xojvv^aç éypa-j^e x,(al) àvé6'/i'/-£) Mais le plus souvent ces tablettes sont d’une facture rapide et lâchée, qui les mettait à la portée des plus humbles bourses; aussi bien c’est parmi les classes populaires, marins, potiers, ouvriers et paysans, que paraît s’être recrutée la clientèle la plus assidue du sanctuaire de Poséidon.

Une autre série de plaques d’un style plus récent nous ramène à Athènes. La technique de ces tableaux suit en effet les progrès de la peinture de vases, et il n’est pas surprenant que les potiers athéniens du premier quart du cinquième siècle aient appliqué à ce genre de produits céramiques les procédés de la peinture noire de style sévère. Comme les plaques corinthiennes, celles d’Athènes n’ont été étudiées que depuis peu de temps. Quand M. Benndorf dressait pour la première fois le catalogue des plaques attiques à figures noires, il en comptait onze exemplaires ^ ; ce chiffre est aujourd’hui dépassé : il faut, en effet, joindre à la liste donnée par M. Benndorf seize plaques à l’état de fragments, de dimensions relativement considérables, puisqu’elles mesurent o™,37 de hauteur sur o™,43 de large. Trouvées en 1872 à Athènes, derrière l’Orphelinat, elles ont été acquises par le musée de Berlin Il est fort possible que ces tableaux aient servi à décorer les

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