‹ Histoire de la céramique grecqueChapitre 5 sur 144 · I. Antike Denkmaeler, I, 1886, pl. 8, n° 3 a · texte numérisé non relu

I. Antike Denkmaeler, I, 1886, pl. 8, n° 3 a

Fig. 6. — Navire marchand avec une cargaison de poteries.

Fragment d’une plaque corinthienne.

(Musée de Berlin.)

ntrodiiction.

formule âypalev (a peint). Un des grands maîtres de la céramique attique, Euphronios, emploie tour à tour ces deux formules, comme pour témoigner qu’aucune partie de la technique ne lui est étrangère, et dans une inscription qui nous a été conservée en partie, le titre qu’il joint à son nom est celui de potier (Eùcppovioç xepaijieuç)

Néanmoins, c’est encore la décoration peinte qui exigeait le plus long apprentissage; c’est là que les artistes déployaient les qualités de l’ordre le plus élevé : l’invention, le style, l’art délicat de la composition. Pour arriver jusqu’à la maîtrise, pour être capable de combiner savamment des scènes compliquées et acquérir l’habileté de main nécessaire, il fallait que le peintre s’essayât d’abord à des besognes plus modestes. La peinture d’une hydrie de la collection Caputi, à Ruvo nous apprend quelle importance avait, aux yeux des Grecs, cette éducation professionnelle (fig. i). Elle nous montre de jeunes apprentis travaillant dans l’atelier. Assis sur des chaises ou sur des escabeaux très bas, leurs pots de couleurs posés près d’eux, ils sont fort occupés à décorer des vases; l’un d’eux vient de tracer sur le col d’une amphore des postes et des oves; un autre, plus âgé, tient sur ses genoux un canthare et le peint avec une extrême application; un troisième dessine des palmettes sur un cratère; enfin, un peu à l’écart, sur une petite estrade, une jeune fille couvre de peinture l’anse d’une amphore. A voir le zèle avec lequel ils s’acquittent de leur tâche, on devine quel sentiment d’émulation les stimule ; mais voici, par surcroît, d’autres figures qui donnent à la scène un sens fort net : deux Victoires ailées s’apprêtent à couronner deux de ces jeunes peintres, tandis qu’Athéna, debout au milieu de la composition, tient une couronne d’olivier destinée au laborieux artiste qui lui fait face. En exaltant ainsi, avec une sorte d’orgueil, la dignité de sa profes-

1. Corpus inscr. atticarum, I, n® 362. Cf. Studniczka, Jahrbuch des arch. Instituts, II, 1887, P- H4-

2. G. Jatta, Una scuola di pittiira vasaria (Annali dell" Instituto, 1876, p. 20-23, pl. DE.)

Introduction.

sion, en la plaçant sous les auspices d’une puissante déesse, l’auteur inconnu de cette peinture nous a laissé un témoignage précieux à recueillir; il a dit bien clairement quelle ardeur de bien faire, quel désir de perfection, animaient tous ses confrères, depuis les plus obscurs jusqu’à ceux qui ont signé les plus belles productions de la céramique antique.

Fig. 7. — Potier polissant un vase.

Fond d’une coupe de Corneto. (Musée de Berlin.)

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Fig. 8. — Vases de la Troade. (Berlin, Antiquarium.)'

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