APHRODITE
Peinture d'une coupe trouvée a Camiros
Les vases à fond blanc.
verts d’un ton brun, que rehausse l’or des bordures; tandis que les figures sont dessinées au trait noir, les détails sont repris à l’aide d’une couleur d’un jaune doré, qui a aussi servi à peindre les dessous de la chevelure dans les deux personnages. De cet assemblage de tons, empruntés à la même gamme, résulte une harmonie sévère; mais d’autre part le style, plus libre que dans la majeure partie des coupes d’Euphronios, permet de reconnaître ici une des dernières œuvres de l’artiste.
Nous serions bien tenté de rattacher au cycle d’Euphronios la coupe du British Muséum trouvée à Camiros, que reproduit notre planche X'; tout au moins il est fort possible que l’acclamation (c Glaucon est beau » (AI^AYKON KAU02), qui se lit à la fois sur la coupe de Camiros et sur la partie extérieure de celle du musée de Berlin, se rapporte au même personnage. Le vase qui nous fait ainsi connaître un nouvel hommage rendu à la beauté de Glaucon est une merveille de goût et de délicatesse. Sur un fond d’un blanc jaunâtre se détache la figure d’Aphrodite enlevée par un cygne. La déesse, désignée par l’inscription A0POAITE2, tient de la main droite une tige fleurie, transformée en un rinceau de forme conventionnelle; assise sur sa monture ailée, le buste droit, les jambes rassemblées, Aphrodite accomplit son voyage aérien. Aucun détail accessoire ne précise le sens de la scène, et c’est seulement par hypothèse qu’on peut reconnaître ici Aphrodite nouvellement née, et portée par le cygne au-dessus des flots de' la mer qui lui a donné naissance Aussi bien le type de la déesse est tout juvénile. Les traits fins et purs de son visage, les contours délicats de son bras et de sa gorge naissante, lui donnent l’aspect d’une jeune fille, presque d’une adolescente, et la timidité na'ive de l’attitude ajoute encore à la grâce chaste et réservée dont toute la figure est empreinte. Le peintre s’est