jürhard, Apulische Vasenbilder, pl. D
fabriques de la Grèce propre.
figures que reproduit notre dessin, celles d’Hébé et d’Héra, occupent,' au premier plan, la partie gauche du tableau; viennent ensuite Hermès et Paris, ce dernier vêtu d’un costume oriental
très bigarré; enfin Athéna, et Aphrodite accompagnée d’Eros. S’il est difficile d’attribuer, avec M. Stephani, le cratère de l’Ermitage aux dernières années du troisième siècle, on ne peut guère le placer avant le début du miême siècle. L’abus des engobes
288 Les vases à figures rouges de l'époque macédonienne.
blanches, la surcharge des ornements dans les costumes, et surtout la négligence du dessin dans certaines parties, accusent d’inquiétants symptômes de décadence. Le pinceau des céramistes attiques a déjà perdu sa légèreté et sa finesse.
Parmi les débouchés ouverts au commerce athénien pendant la période qui nous occupe, il faut certainement compter les villes de la Pentapole cyrénaïque, Apollonie, Béréniké, Arsinoé, l’ancienne Teuchira, Ptolémaïs, autrefois appelée Barké, et la plus importante de toutes, Cyrène. L’ancienne colonie de Battos était devenue, sous l’aristocratie qui avait succédé aux Battiades, une ville riche et prospère. Malgré la fusion progressive de l’élément grec avec l’élément indigène, les mœurs helléniques n’avaient pas cessé d’y prédominer. Les Cyrénéens avaient un trésor à Olympie, et leurs offrandes comptaient parmi les ex-voto du sanctuaire de Delphes. Les nombreuses terres cuites trouvées dans la Cyrénaïque montrent bien que cette branche de l’industrie céramique y était florissante au temps des Ptolémées. Les nécropoles de Cyrène ont également livré une nombreuse série de vases peints, qui, pour la forme et le style du décor, sont étroitement apparentés à ceux des tombeaux de Panticapée, Comme en Crimée, les formes les plus fréquentes sont celles de la péliké et de l’hydrie.
.Le Louvre et le British Muséum ' sont les musées les plus riches en vases de cette provenance ; c’est là qu’on peut le mieux étudier une série d’autant plus intéressante qu’elle offre peu de lacunes et représente les différentes phases de la peinture céramique de la seconde moitié du quatrième siècle jusqu’à la déca-
1. Pour les vases de la Cyrénaïque du British Muséum, voir : Catalogue of the greek and ctr. vases in the British Muséum, t. II, p. 24g : Vases f rom the Cyrenaica. Ceux du Louvre proviennent en grande partie des fouilles de Vattier de Bourville; cf. Revue archéologique, G" année, 1849, p. ây.
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dence. Les exemplaires les plus soignés paraissent être contemporains d’Alexandre; on est en droit, avec M. Heuzey, de proposer cette date pour la péliké du Louvre reproduite en tête de ce chapitre (fig. 107) La peinture qui décore la panse représente une scène unique jusqu’ici. Dionysos, monté sur son char, courbé sur les rênes qu’il tient à deux mains en même temps que son thyrse, dirige un attelage très disparate, composé d’un taureau, d’un griffon et d'une panthère, association étrange qui fait peut-être allusion à la triple nature de sa divinité. Par l’élégance et la finesse du décor, par la fermeté et l’aisance du dessin, la péliké du Louvre se classe parmi les meilleurs spécimens des vases de la Cyrénaïque.
Au même style appartient une œnochoé du Louvre, provenant de Benghazi, et représentant en caricature l’apothéose d’Héraclès Le héros est debout sur un char conduit par une Victoire presque difforme, et traîné par quatre Centaures au type burlesque, qui galopent de leur mieux, le mors à la bouche, les mains ramenées sur les reins. Un Satyre, portant le costume des acteurs de comédie, danse avec un entrain amusant en avant du char. Les traits déformés du visage d’Héraclès, son œil énorme et saillant, son nez court et relevé, la raideur plaisante avec laquelle il tient sa massue, accusent bien franchement le caractère de charge que l’artiste a voulu donner à sa peinture. Le dessin est d’ailleurs d’une facture habile et souple, et le décor, une guirlande de feuilles de laurier à baies dorées, est d’une grande finesse.
Lorsque les défaillances de style deviennent sensibles, on constate aussi l’abus des engobes blanches et des couleurs claires, roses ou bleues, sans que les formes et le décor subissent d’ailleurs aucun changement. Dans cette série, les sujets qui reviennent le plus fréquemment sont des scènes d’amour, des échanges de
1. Heuzey, Monuments grecs de l'Association des études grecques, 1879, ?• 55-58, et pl. 3.