‹ Histoire de la céramique grecqueChapitre 84 sur 144 · Mon. inediti, vol. IX, pl. 6. — Annali, i86g, p. i · texte numérisé non relu

Mon. inediti, vol. IX, pl. 6. — Annali, i86g, p. i

2. Compterendu delà Commission archéologique de Saint-Pétersbourg pour i86o. iHGi, pl, I.

Fabriques de la Grèce propre.

autour des personnages, et leur présence donne à ces compositions une sorte de caractère idéal. C’est une série de scènes de toilette que le peintre a représentées sur le couvercle du vase, en se bornant à décorer le pourtour d’une rangée de palmettes. Là

Fig. log. — Scènes de toilette.

Lékané trouvée à Kertch. (Musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg.)

composition, moins chargée de figures que dans une autre lékané de même provenance et de même style est encore d’un goût très pur, et les groupes y sont heureusement agencés. Ici, une femme déjà parée, vêtue de l’himation de sortie qui lui couvre le

I. Compte rendu de laCommission archéologique de Saint-Pétersbourg pour i86r. 1862, pl. I.

286 Les vases à figures rouges de l'époque macédonienne.

bas du visage, comme dans les figurines de Tanagra et de la Cyrénaïque, attend sa compagne, fort occupée à étudier dans un miroir l’effet de sa coiffure. Plus loin ce sont des femmes sortant du bain, groupées avec des suivantes et des Bros. Ailleurs, une jeune femme accroupie prend plaisir à recevoir sur sa chevelure flottante l’eau parfumée contenue dans une œnochoé. Une autre, assise sur un diphros, les mains croisées sur les genoux, dans une attitude résignée, a livré sa chevelure aux mains d’une suivante, tandis que sa voisine a pris le parti d’ajuster elle-même ses longues boucles soigneusement peignées. Enfin deux autres femmes, debout près d’un pilier, assistent paisiblement à ces scènes, où la coquetterie féminine se révèle sous des aspects si variés. La lékané de l’Ermitage peut être datée des dernières années du quatrième siècle; cette date semble confirmée par l’analogie que présentent les types de certains personnages avec ceux de la sculpture hellénistique. Ainsi dans la figure de la jeune femme accroupie, on reconnaît facilement une attitude que les sculpteurs du troisième siècle se plaisent à répéter, et dont l’invention dut suivre de près le coup d’audace de Praxitèle, représentant nue l’Aphrodite de Cnide : c’est l’attitude de l’Aphrodite de Vienne conservée au Louvre.

Le dessin est déjà plus lourd dans un grand cratère de l’Ermitage représentant le Jugement de Pâris, et auquel nous empruntons la figure iio '. La scène est presque identique à celle qui décore un vase du musée de Carlsruhe ^ : les potiers se sont inspirés d’un original commun. Comme toujours, le lieu de la scène est le morlt Ida, dont la silhouette se découpe dans le champ du vase, cachant en partie le char d’Athéna et celui de Héra, ainsi que trois personnages : Eris, la déesse des luttes et des discordes, Thémis et Zeus, les arbitres du jugement. Les deux

1. Compte rendu de la Commission archéologique dé Saint-Pétersbourg pour i86i. 1862, pi. III.

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