‹ Histoire de la céramique grecqueChapitre 94 sur 144 · Musée de Naples; Cf. Annali, i865, pl. O · texte numérisé non relu

Musée de Naples; Cf. Annali, i865, pl. O

Les vases de V Italie méridionale.

Pæstum, exécutées au cours du quatrième siècle, et qui montrent un si curieux mélange de style grec et d’éléments purement lucaniens Les guerriers y portent également les casques à panaches [galeæ cristatæ), que Tite-Live signale comme une des pièces de l’armure des Samnites^.

Ces vases de style mixte appartiennent aux derniers temps de la domination lucanienne, qui a duré un siècle et demi. Dans la seconde moitié du cinquième siècle, les Lucaniens s’étaient emparés de Posidonia; Grecs et Osques s’y étaient mêlés pacifiquement, sans que le caractère hellénique de la cité fût modifié par cette invasion de nouveaux habitants. Si les peintures murales que nous venons de signaler portent déjà l’empreinte du goût lucanien, elles n’en relèvent pas moins de l’art grec par l’inspiration et la technique. Bien plus, les monnaies posidoniates conservent les mêmes types et les mêmes légendes qu’au temps de l’autonomie, signe évident de la prépondérance que l’influence grecque n’a pas cessé de garder. C’est seulement à la fin du quatrième siècle que l’élément lucanien finit par prédominer, et que Posidonia échange son nom grec pour celui de Pæstum. Les vases postérieurs à cette date montrent bien toute la portée de l’évolution qui s’est accomplie : les mœurs et les habitudes lucaniennes prévalent désormais dans l’ancienne ville hellénique.

Devons-nous reconnaître dans les poteries de la Basilicate des produits de l’industrie indigène? Sont-elles l’œuvre de potiers lucaniens qui auraient adopté la technique des Grecs? L’hypothèse n’a rien que de plausible, si l’on songe que les peintures de Pæstum dénotent, de la part de leurs auteurs, une étonnante aptitude à s’assimiler le style et la manière des artistes grecs. En tout cas, cette industrie locale n’a pu survivre bien longtemps à la colonisation de Pæstum par les Romains. En 278, la ville devient

1. Moniimenti inediti, vol. VIII) pl. 21. Cf. Helbig, Annali, i865, p. 262-295. Héron de Villefosse, Gtzf. Arch. i683, p. 335.

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