Monumenti inediti, t. VI, pl. 35, i
Les vases de l’Italie méridionale.
trahit une frayeur comique, justifiée par l’étrange tableau qu’il a sous les yeux : Héraclès juché sur la table des offrandes, tenant sa massue d’une main, la corbeille de l’autre, le regard plein de convoitise, la bouche largement ouverte, et laissant voir des dents formidables, prêtes à tout broyer avec un bruit terrible de mâchoires, suivant l’énergique expression d’Épicharme : àpaêeî S’ à yvaôoç, éotpei d ^ . Un troisième acteur, sans doute l’auteur
de l’offrande volée par Héraclès , interpelle Apollon avec des gestes désespérés.
Le second vase dont nous donnons le dessin (fig. 119), un cratère du Louvre, représente, suivant toute vraisemblance, une scène de la légende d’Ulysse Le fils de Laërte vient d’aborder à l’île des Phéaciens ; on le reconnaît pour un voyageur à son bonnet de marin. En homme qui connaît les belles manières, il se présente d’un air avantageux, avec l’attitude chère aux jeunes élégants, le pied gauche ramené en arrière, le manteau savamment drapé sur l’épaule. A sa rencontre s’avance une puissante matrone, coiffée d’une stéphané : c’est Arété, la reine des Phéaciens; ses gestes et l’empressement avec lequel elle accourt à grandes enjambées, sans aucun souci de sa dignité royale, témoignent du bon accueil réservé à l’étranger. Un troisième personnage, qui n’a pu trouver place dans notre gravure, est sans doute Alkinoos, le mari d’ Arété , couronné comme elle d’une stéphané radiée. Si le sujet ne semble pas douteux, il est plus difficile de dire à quelle pièce la scène est empruntée. Peut-être, comme l’a conjecturé M. Heydemann, est-ce à V Ulysse naufragé (vauayoç ’o^uacsuç (7rAoi/.rC«v ) d’un poète de la Grande-Grèce, Oinonas ou Oinopas.
Dans les représentations des phlyaques empruntés à la vie quotidienne , on retrouve la même gaieté un peu grosse ; scènes de galanterie, de bombance et de plaisir, tels sont les sujets les plus fréquents. Ici, c’est un amant montant par la fenêtre chez sa