‹ Histoire de la charité (volume 2)Chapitre 23 sur 89 · S. Cyprian., ad Demetrianum, XI (Aligne, IV, p · texte numérisé non relu

S. Cyprian., ad Demetrianum, XI (Aligne, IV, p

79. S. Cyprian., de mortaliiate, XIV (Aligne, IV, p. 591-593). Traduction de l’abbé Freppel, Cours d’éloquence sacrée, 1863-1864, in-8, 1865, 13^ leçon, p. 3'Jl.

80. S. Cypriani vita, auctore. S. Pontio, illius diacono, cap. II, n<>* 17-18 (Acta sanct. Bolland., XLIV, p. 328).

81. « De sanctis martyribus Alexandrinis, presbyteris, diaconis, laicis, qui peste laborantibus ministrantes eadem et ipsi extincti sunt » (Act. sanct. Bolland., VI, p. 726 et seqq.). Voir aussi Eusèbe, Hist. ecclés., VII, xxii (Aligne, XX, p. 685- 692).

l‘ére des persécutions

Indépendamment de cette manière d’ag’ir en temps d’épidémie, on compte des chrétiens à la fois médecins des corps et des âmes, comme Diomède, de Nicée en Bithynie, mis à mort sous Dioclétien. « Erat medicus bonus Diomedus non corporùm duntaxat sed etiam animarum »

Si l’Église défend en effet de recourir aux incantations, aux sortilèges [Const. apost.^ VII, ni et vi); si elle se moque d’Esculape et de ses songes (Tertul., Apolog.^ XIV), elle ne réprouve nullement l’exercice régulier de l’art médical qui fournit mille occasions de se dévouer. Combien de conversions amène l’heureuse influence de praticiens-esclaves, disciples eux-mêmes de la loi nouvelle !

Les chrétiens visitent aussi les prisonniers, soulagent les confesseurs condamnés aux mines, rachètent les captifs.

Les prisons sont en général obscures, sans air^^, « æterna nox illic latet », dit le poète Prudence En Afrique, elles deviennent brûlantes.

Les fidèles qui refusent de sacrifier s’y trouvent entassés, étendus sur le sol, les pieds engagés dans les trous d’une pièce de bois l’écartement des trous permet d’augmenter ou d’atténuer le supplice

82. Sous le règne de Dioclétien et de Maximien, Lysias étant assis sur son tribunal dans une ville de Cilicie, ses officiers lui dirent ; « Il y a ici certains chrétiens fort habiles en Fart de la médecine. Ils parcourent les villes et les bourgades, guérissant divers malades et délivrant ceux qui sont possédés des esprits immondes au nom de Celui qu’on appelle Christ. Mais ils ne permettent pas qu’on se rende dans les temples pour honorer les dieux et pour sacrifier » (S. S. Cosmae et Damiani vita. Act. sanct. Bolland., XLVII, p. 441).

83. Tertul., Ad scapulam, IV (Migne, I, p. 703), parle de l’esclave chrétien Proculus Torpacion qui guérit Septime Sévère au moyen d’onctions et que l’Empereur garda ensuite près de lui.

84. Article Carcer, Dict. ant. grecq. et rom., t. I", 1*^® partie, p. 916 et suiv. Voir (p. 917) l’énumération des supplices et (p. 219) les adoucissements apportés par les empereurs chrétiens.

85. Prudentius, Liber peristephanon, hymn. V, vers., 245 (Migne, LX, p. 393).

86. Eusèb., Hist. ecclésiast., V, i ; VI, xxxix (Migne, XX, p. 407 et seqq., 599- 602).

87. Nombre d’auteurs parlent de ces ceps. « Le supplice du nerf jusqu’au cinquième trou : cet instrument de torture était ainsi nommé parce qu’à l’aide de nerfs on étirait violemment et on engageait dans des trous de plus en plus espacés les pieds du patient renversé sur son dos, et jusqu’à ce que cette tension amenât la mort par la rupture du ventre. On a trouvé à Pompéi un nervus propre à recevoir dix condamnés à la fois » (Martigny, Dict. ant. chrét., in-4, 1877. Article Martyre, p. 453).

Un confesseur, dont parle Lactance^^, passe jusqu’à six années en prison, après avoir été soumis neuf fois à la torture ! Ce n’est pas un fait isolé.

Le devoir des chrétiens est de visiter ces frères si éprouvés, d’adoucir leurs peines, de fortifier leur âme que la continuité de la douleur peut abattre. Ce devoir enseigné par saint Paul [ad HebræoSi XIII, 3), que prescrivent les Constitutions apostoliques s’accomplit avec un courage admirable; des femmes elles-mêmes n’hésitent point à se glisser auprès des confesseurs de la foi, à baiser leurs chaînes

La caisse commune, les largesses individuelles fournissent aux dépenses 91, on achète à prix d’argent le droit de pénétrer dans ces obscurs cachots; les prêtres, les diacres portent aux condamnés le saint Viatique 92. Le tout au péril de leur vie, car ces témoignages d’affection sont prohibés 93 et la présence des fidèles en ces lieux de douleur peut servir de base à leur propre condamnation. Saint Cyprien est obligé de recommander à son peuple la prudence et la circonspection.

Le sceptique Lucien ne manque pas de railler ce pieux usage et il en confirme par cela même l’universalité 9^.

Les mines, les carrières de marbre, dont les auteurs païens font une si effrayante peinture93, sont, ainsi que les prisons, remplies de chrétiens condamnés à cette peine. On les flagelle cruellement avant leur départ 99; d’autre fois on leur crève un œil, ou ils ont les nerfs de la jambe coupés, brûlés.

Page 1