Consi. apost., II, xxviii
77. Saint Paul (I. Epist. ad Corinth., XI, 21-22) se plaint que parfois chacun se hâte de manger en particulier, si bien que les uns n’ont rien tandis que d’autres mangent avec excès. Mêmes reproches chez saint Jude {Epist. cath., 12). Clément d’Alexandrie montre les riches faisant dans ces repas étalage d’un luxe insolent en vue d’humilier les pauvres, Le Pédagogue, II, 1 (Migne, VIII, p. 383-386).
premiers chrétiens ont des occasions trop fréquentes de montrer leur dévouement ; il s’agit des temps d’épidémies.
Sous les Empereurs, les diverses provinces sont ravagées par des pestes terribles ; ces calamités ne font qu’accroître l’audace des malfaiteurs et ébranler les bases de l’ordre social Carthage est gravement atteinte à son tour en 232 ; son évêque trace le tableau suivant du fléau :
« Une dyssenterie cruelle déchire les intestins, et amène la prostration des forces ; un feu brûlant circule dans les veines, pénètre jusqu’à la moelle des os, ulcère la gorge et les organes de la respiration ; des vomissements réitérés fatiguent les entrailles, l’œil s’enflamme, injecté de sang ; chez quelques-uns, les pieds ou d’autres membres attaqués par une gangrène impure tombent sous le scalpel; chez d’autres, le poison se communique à tout le corps, et alors une langueur mortelle paralyse des organes tout à l’heure si vigoureux ; le pas devient chancelant, l’oreille s’obstrue, l’œil s’éteint. »
Chacun cherche à sauver sa vie et abandonne morts et mourants dans, les maisons, sur les places publiques. Saint Cyprien rassemble son troupeau, rappelle les devoirs de la miséricorde. A sa voix, les riches apportent de l’or, les pauvres offrent leurs bras ; les infortunés que délaisse l’égoïsme des idolâtres sont assistés
Quelques années après (268), sous Gallien, un typhus violent éclate à Alexandrie à la suite de séditions et de massacres; l’air devient si contagieux, disent les contemporains, « que la rosée du matin ressemble à du sang corrompu. » Au milieu de la lâcheté universelle, on voit des prêtres, des diacres, de simples laïques secourir les malades, ensevelir les morts, sans distinction de culte. Nombre d’entre eux succombent victimes de leur zèle infatigable. L’Eglise les met au rang des martyrs