De la mort de Peregrinus, § 12 (édit. Didot, p
95. Histoire de la charité, t. P’’, chap. VI, p. 115; S. Cyprian., Epist., LXXVIl (Migne, IV, p. 414-419).
96. G. -B. Rossi Bulletino di arch. christ., marzo-aprile, 1868, VI, n“ 2, p. 19.
l’êré des persécutions
Il est évident que le travail de ces vieillards, de ces enfants, de ces femmes, de ces mutilés, est presque nul, cela importe peu ; leurs bourreaux veulent avant tout deux choses : qu’ils souffrent et qu’ils meurent
La pitié des chrétiens ne fait pas défaut à ces nombreuses misères. Les églises envoient des subsides destinés à alléger la situation de ces innocentes victimes. Des diacres, des acolytes se chargent ordinairement de se rendre auprès des condamnés mission dangereuse et à laquelle se peuvent appliquer les paroles de saint Paul : Je me suis souvent trouvé dans les voyages, exposé aux périls sur les fleuves, sur la mer; aux périls de la part des voleurs, des païens; aux périls au milieu des villes, des déserts; aux périls entre les faux frères (IL Epist. ad Corinth., XI, 26).
L’Eglise de Rome se signale entre toutes par son inépuisable bienfaisance ; au plus fort de la dernière persécution elle adresse ses offrandes aux prisonniers, relégués dans les mines de l’Egypte et de l’Asie et c’est à juste titre que saint Ignace d’Antioche lui décerne ce beau titre de : « Présidente de la charité ^0®. »
Aux II® et ITT® siècles, on ne connaît pas encore les véritables invasions ; il existe néanmoins des peuples hostiles sur les frontières ; la dépouille de Valérien, teinte en rouge et suspendue à la voûte d’un temple persan, prouve que l’Empire commence à essuyer de cruelles défaites.
Il y a des chrétiens, des vierges, des enfants, emmenés captifs, privés de tout secours religieux, exposés à la perte de la foi, aux plus sanglants outrages. Les communautés savent encore réunir des ressources pour racheter ces infortunés ; nous voyons saint Gyprien, le premier sur la brèche. A la suite d’une collecte
97. Eusèbe, Des martyrs de Palestine (Migne, XX, p. 1457 et suivantes).
98. Ceux que vous nous avez envoyés ont heureusement accompli leur mission. Nous étions dans le plus grand dénûment, écrivent les confesseurs à l’évêque de Carthage, ils nous ont remis ce que vous leur aviez donné pour nos besoins corporels (S. Cyprian., Epist., LXXVIII; Migne, IV, p. 420-422).
99. Eusèbe, Hist. ecclés., IV, xxiii (Migne, XX, p. 387-388); G. -B. de Rossi, Bulletino di arch. christ., 1868, op. cit., p. 21.
100. Saint Ignace, évêque d’Antioche, Épître aux Romains (prologue) (Migne, V, p. 685-686).
faite à Carthage, il envoie 100.000 sesterces à ses collègues de Numidie et rend à la liberté de nombreux fidèles razziés par des tribus nomades qu’enhardit la faiblesse croissante des garnisons romaines
Toutes ces œuvres présentent un caractère plus ou moins exceptionnel ; elles naissent d’un fait déterminé : une persécution, une guerre malheureuse. Il existe à côté toute une autre série d’œuvres, locales, permanentes, en faveur des veuves, des orphelins, des malades et des nécessiteux ; il faut les examiner.
(( La religion et la piété pure et sans tache aux yeux de Dieu notre Père, consiste, dit saint Jacques [Epist. cathoL, I, 27), à visiter les orphelins, les veuves dans leur affliction, et à se garder de la corruption du siècle. »
En raison de leur état d’abandon, les enfants privés de famille et les femmes ayant perdu leur mari, sont l’objet de toute la sollicitude de l’Eglise.
Les Constitutions apostoliques prescrivent de marier l’orpheline nubile, d’apprendre à l’orphelin un métier afin de le mettre à même de se suffire par le travail en exerçant une profession.
La primitive Eglise a horreur de l’oisiveté et du pauvre restant à la charge de la communauté au détriment de plus méritants que lui. Les secours distribués doivent être acceptés avec reconnaissance (IV, v).
Tous ceux qui ont besoin d’assistance reçoivent des subsides. Nous ne repoussons pas vos pauvres, affirme Tertullien, s’adressant aux païens. Vous faites moins de sacrifices dans vos temples (templatim) que nous ne faisons d’aumônes dans les rues [vicatim) [Apoloff., XLII).
On va visiter à domicile les malades, les infirmes Des femmes pieuses se rendent d’un quartier à un autre; les réduits les plus misérables ne les rebutent point
Les pauvres sont inscrits sur les contrôles de l’Eglise, les