‹ Histoire de la charité (volume 2)Chapitre 44 sur 89 · L^ÉTAT DES PERSONNES · texte numérisé non relu

L^ÉTAT DES PERSONNES

favorable aux esclaves ; toutefois la législation reste dure envers les fugitifs, la thèse de Dioclétien qui considère que ces esclaves volent leur maître et qu’aucune prescription ne peut couvrir cette faute, subsiste encore 'h Nous voyons Constantin ordonner l’amputation d’un pied ou l’envoi aux mines et carrières des fugitifs surpris se réfugiant chez les peuples barbares.

Quiconque cache ces déserteurs est tenu de les restituer et de fournir un autre esclave à titre d’amende'^-.

La peine du dernier supplice ordonnée par le sénatus consulte Silanianum, eoniiime à frapper tous les esclaves dont le maître est assassiné ; mais selon la jurisprudence des Antonins, elle n’est appliquée qu’à ceux qui ne viennent pas à son secours alors qu’ils peuvent le faire

Les Empereurs maintiennent aussi, avec certaines restrictions, la torture appliquée aux serviteurs, au cours d’une procédure même civile"^.

Voilà tout ce que font les souverains d’Occident et d’Orient pour la cause de ces multitudes d’infortunés. Ils sont, il est vrai, tenus, eux aussi, comme l’Eglise, à une grande prudence, et il faut savoir gré à Justinien de proclamer hautement, dans une constitution, l’égalité de tous les hommes, au point de vue religieux. (( Il est certain, écrit-il (nov. V, cap. II), que la grâce divine considère également tous les hommes, qu’elle ne fait pour son culte aucune différence entre l’homme et la femme, le libre et l’esclave, et que tous reçoivent la même récompense en Jésus- Christ. » « Neque liber, neque servus, omnes enim in Christo uùam mercedem percipere. »

Ces consolantes paroles tombées du haut du trône prouvent que, si l’esclavage subsiste, il est frappé à mort. L’Eglise, on ne

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