Julien V Apostat, t. P% liv. P'’, chap. II, § 6, p
LES SECOURS AUX MALHEUREUX
Les petits métiers reviennent prog-ressivement aux mains de personnes libres. Les évêques, à la suite des apôtres, ne cessent de sanctifier le labeur le plus humble. Il suffit de citer saint Jean Chrysostome : « De quoi faut-il rougir ? dit-il ; du péché seul, de ce qui offense Dieu, de ce qui est défendu, mais il faut se glorifier du travail. En travaillant nous chassons de nos cœurs les mauvaises pensées ; nous pouvons venir en aide aux indigents, nous cessons de frapper avec importunité à la porte d autrui et nous accomplissons cette parole du Seigneur : il vaut mieux donner que recevoir... Si nous possédons des membres c’est pour satisfaire à nos propres besoins et fournir ensuite ce qui est nécessaire aux infirmes »
Le quatrième concile de Carthage (ann. 436, can. LI-LIII) ordonne aux clercs qui en ont la force d’exercer une profession et de gagner leur vie, quelque instruits qu’ils soient dans la parole de Dieu et cela sans préjudicier à leurs fonctions. (( Clericus quantumlibet verbo Dei eruditus artificio victum quærat. »
Les moines habitant des solitudes égyptiennes donnent l’exemple. Au milieu des populations abâtardies par le joug impérial, ils représentent la liberté et la dignité, l’activité et le labeur. Ce sont avant tout des hommes libres qui, après s’être dépouillés de leurs biens patrimoniaux, vivent moins de subsides que du produit de leur industrie et ennoblissent les plus durs travaux de la terre.
Près d’Arsinoé, l’abbé Sérapion gouverne dix mille religieux qui, au temps de la moisson, se répandent dans les campagnes pour scier les blés et gagner de quoi vivre et faire des aumônes. Chaque monastère est une véritable école de charité
Tel est, du iv® au vi® siècle, l’ensemble des efforts accomplis en vue du soulagement à domicile des classes déshéritées. Ainsi que le dit Villemain [Tableau de Véloq. chrétien.^ op. cit.^ p. 281),
(( de nombreuses basiliques sont ouvertes au peuple ; les mai-
59. Sur ce texte : Saluez Priscille et Aquila, hom. I, § 5 (Migne, LI, p. 194-196).