‹ Histoire de la charité (volume 2)Chapitre 81 sur 89 · Petits Bollandistes, t. XIV, p · texte numérisé non relu

Petits Bollandistes, t. XIV, p

fait, vient pour lui donner à mang-er. Malgré son courage habituel elle recule à l’aspect de ce misérable. La sainte surmonte ce premier mouvement de la nature, et embrasse le mendiant ! Levant les yeux au ciel elle prie le Seigneur de rendre la santé à ce malheureux ou au moins de lui inspirer la patience. Cet homme quitte le couvent délivré de son horrible maL b

Les Pères du VI® concile d’Orléans chargent les évêques du soulagement des pauvres contaminés par la lèpre ils doivent se trouver nourris et entretenus aux dépens de l’Eglise^^.

Par mesure d’hygiène on les sépare des autres habitants Ils peuvent toutefois être admis à la communion, mais à l’écart des fidèles

De ce que les lépreux reçoivent certains secours s’ensuit-il que les établissements hospitaliers de l’Occident sont des nosocomia où l’on traite les malades? 11 n'en est rien, la forme ordinaire est celle du Xenodochium, affecté aux pèlerins et aux pauvres, par extension aux vieillards. Cependant, si les malades ne sont pas admis dans des asiles distincts cela ne veut point dire qu’ils se

11. Sainte Odile, morte en 690 {Petits Bollandistes, t. XIV, p. 259). Saint Martin guérit également un lépreux en l’embrassant : « Eo quod ibi lepram maculosi hominis osculo depulisset » (S. Greg. Turon., VIII, xxiii, Migne, LXXI, p. 473). Bertuffe, disciple de Golomban, rend la santé à un infortuné atteint de cernai; « Quidam leprosus valida lepra perfusus » {Scrip. rerum Merovingic., t. II, Hannoveræ, 1888, n° 23, p. 147). Sainte Radegonde s’occupe aussi de ces malheureux. L’abbé Riquier, aux temps de Dagobert, agit de même : « Nec leprosos vel elephantiacos exhorruit » (Montalembert, op. cit., t. II, p. 609).

12. Concil. Aurelianum V (ann, 549), can. XXI (Mansi, IX, p. 134).

13. Concil. Lugdunense lll {ann. 583), can. VI; « Placuit etiam universo concilie, ut unius cujus que civitatis leprosi, qui intra territorium civitatis ipsius aut nascentur, aut videnturconsistere, ab episcopo ecclesiæ ipsius sufficientia alimenta et necesseria vestimenta accipiant, ut illis per alios civitates vagandi licentia denegetur » (Mansi, IX, p. 943).

14. Dup. légat, edictum (ann. 789), § 36, De leprosis : ut se non intermisceant alio populo (Boretius, op. cit., t. I, n“ 23, p. 64). — Concil. Wormatiense (ann. 868), can. XXXI (Mansi, XV, p. 875). Le pape Zacharie (viiie siècle), consulté à ce sujet, distingue entre les lépreux de naissance et ceux auxquels la maladie est arrivée par accident ; « Si autem contigerit, magnum vel parvum non nativitate sed superveniente egritudine vexari, non est proiciendus, sed, si possibile, est curandus » {Epist. Meroving., et Karoli ævi, t. I, Berolini, 1892, n° 87, p. 370-371).

15. Le decretuin compendiense (ann. 757), § 19, permet au conjoint d’un lépreux de se marier avec le consentement de celui-ci ; « Si quis leprosus mulierem habeat sanam, si vult ei donare comiatum ut accipiat virum, ipsafemina, si vult, accipiat Similiter et vir » (Boretius, op. cit., n° 15, p. 39).

LES XENODOCHIA

trouvent exclus des maisons charitables ; jusqu’au ix® siècle environ elles abritent plus ou moins toutes les misères^®.

A Rome, le pape Symmaque (ann. 498-514) organise de petites habitations affectées aux indigents ; Bélisaire, sous le pontificat de Virgile (ann. 537-555), fonde un Xenodochium dans la via lata

Le pape Pélage II (ann. 578-590) transforme sa demeure en une ptochium (maison des pauvres âgés)

Étienne II (ann. 752-757) restaure les Xenodochia existants et en construit trois autres, dont l’un peut renfermer cent administrés

En 728, Ina, roi des Saxons occidentaux, établit, dans cette même ville de Rome, un refuge pour les pèlerins de sa nation

Le cinquième Concile d’Orléans (ann. 549), can. XV, nous fait connaître le Xenodochium ouvert à Lyon « sous l’inspiration divine, par le très pieux roi Childebert et son épouse Ultrogothe. » Nous confirmons à leur demande (petentibus ipsis), disent les Pères, les statuts de cet asile et l’affectation des ressources : « Gujus institutionis ordinem vel expensæ rationem manuum nostrarum suscriptione firmavimus. «

Que jamais aucun prélat de l’Eglise de Lyon ne retienne par devers lui, ou transfère à sa propre église, les dons provenant de l’offrande des souverains susnommés et delà charité des fidèles. Que les Pontifes appelés à se succéder n’enlèvent rien aux possessions, aux coutumes et aux constitutions de ce Xenodochium, mais au contraire qu’ils fassent en sorte que cette fondation ne souffre, dans son maintien, ni détriment, ni diminution : « In

16. Dans les capitulaires, on trouve constamment ces mots similaires : senodochium; senedochium ; sinodochium ; synodochium ; xenodochium ; exenodochium ; cenodochium et, par une exception rare, le mot nosocomium, et encore fîgure-t-il au nombre de ces énumérations vagues empruntées à la législation romaine,

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