‹ Histoire de la charité (volume 2)Chapitre 83 sur 89 · Morichini, Istituti di carità in Roma, op. cit., p · texte numérisé non relu

Morichini, Istituti di carità in Roma, op. cit., p

nullamparteiTidetrimentum aiit diminutionem aliquem patiatur. » Veillant, en prévision de la récompense éternelle (intuitu retributionis æternæ), à ce que, selon le but de la fondation, le soin et le nombre des malades, la réception des pèlerins y subsistent perpétuellement sans aucune atteinte : « Et cura ægrotantium ac numerus, vel exceptio peregrinorum, secundum inditam institutionem, inviolabili semper stabilitate permaneat. »

Que si jamais quelqu’un essaye de contrevenir à notre présente constitution ou retranche quoi que ce soit aux usages ou aux biens dudit Xenodochium, de telle sorte qu’il cesse d’exister, qu’il se trouve frappé comme meurtrier des pauvres d’un irrévocable anathème 22.

Cet établissement affecté aux malades et aux étrangers est bien le type de ces asiles occidentaux.

Sur la fin du sixième siècle, Brunehaut, réfugiée près de son petit'fils Thierry II, roi de Bourgogne, institue des fondations charitables, et fonde à Autun, une maison hospitalière (Xenodochium), sous le vocable de saint Andoche. Elle affecte aussi, à Avallon, des biens à une œuvre de distribution journalière d’aumônes. Cette dernière donation subsiste jusqu’à la réforme protestante 23.

Citons encore :

L’asile créé à Athis, près Paris, par sainte Radegonde (Montalembert, op. cit., t. II, p. 339-342).

Le Xenodochium et les autres œuvres de saint Denis, dus à

22. On a cru longtemps que cette fondation avait donné naissance au grand Hôtel-Dieu de Lyon ; M. Guigue a démontré dans un savant mémoire qu’il était fort probable, sinon certain, que le petit asile Saint-Eloy, détruit à la fin du XV® siècle, occupait l’emplacement même du Xenodochium de Childebert sur la rive droite de la Saône {Mém. Société arch., de Lyon, années 1874-1875, in-8, p. 183 à 328).

23. Dom Pitra, Vie de saint Léger^ op. cit., chap. IX, p. 162 ; Baudouin, Maison-Dieu et maladière d' Avallon, in-8, 1890, chap. I®'', § 2, p. 15 à 17 : « Il est certain qu’entre l’établissement central de charité établi à Saint- Andoche et la matricule de saint Nazaire il y avait quatre petits établissements hospitaliers ou diaconies, situés aux quatre portes principales de la ville » (Dom Pitra, note de la page 194). Les œuvres du pape saint Grégoire (liv. XIII, epist., VI et VIII), op. cit., t. II, p. 1222-1223, renferment des lettres confirmatives du Xenodochium d’Autun, mais, selon certains auteurs, elles sont fausses ; nous n’en ferons donc pas état. Nous aurons d’ailleurs l’occasion fréquente, dans le troisième volume de cette histoire, de citer des bulles pontificales authentiques concernant des Maisons- Dieu.

LES XENODOCHIA

Dagobert I {Gesta, §29, scrip. rerum meroving,^ op. cit.^ t. III, p. 411),

La maison que la tradition attribue à saint Sulpice, archevêque de Bourges, ce pontife si aimé des pauvres, qui, à sa mort, en 637 ? font éclater leur immense douleur -^.

L’asile ouvert par saint Lanfrey, diacre d’Evreux [Act. sanct. Bolland., XXV, p. 96).

L’hospice auquel Hincmar, évêque de Reims, assigne des ressources importantes, que confirment les évêques de la Province et Charles le Chauve (Thomassin, op. ,t. II, p. 4S4).

Les nombreux établissements qu’ouvre saint Auschaire (vin® siècle) : «Ad curam autem pauperum et susceptionem peregrinorum. » Il y en a un à Brême où il aime à recueillir et soigner les infirmes

N’oublions pas le refuge du Mont-Cenis construit, suivant l’opinion commune, par les ordres de Charlemagne, à la place d’un ancien temple de Jupiter.

Le Concile de Meaux (ann. 845) s’occupe des asiles fondés sur le continent par les Scoths (hospitalia scothorum) et tombés en ruine, il demande leur relèvement

Tous ces établissements sont unis à des monastères et placés alors le long des routes ou situés dans le voisinage immédiat des églises 28. '

24. « Illotus in sepulchrum, pauperes illi non sustinebant absentiam Pastoris, jacebant ut cadavera in ecclesiâ tanta multitudo, ut nec ministri ecclesiæ libéré possunt officium suum implere » [Acta, sanct. Bolland.., II, p. 539).

25. « Unum vel præcipium habuisse Bremæ quo veniens quotidie infirmis non erubuit ministrare, plurimos verbo vel tactu sanavit » [Act. sanct. Bolland., IV, p. 409).

26. Même recommandation dans une lettre d’Hincmar, datée de l’an 858 (Boretius, op. cit., t. II, p. 408). Voir aussi dans Boretius divers capitulaires qui s’occupent d’une manière générale de la restauration des Xenodochia, t. I, p. 191-195- 210. « Plusieurs lieux en Galles portent le nom de Spytty ou Yspytty, dont le premier terme vient de hospitium, ces hospices étaient des especes d’hôtels tenus habituellement par des moines, et placés dans les lieux écartés des villes à l’intention des voyageurs » [Cours de littérature celtique, t. IV. Les Mahinogion, par J. Loth, note de la page 42).

27. « On raconte qu’un soir saint Aile, après avoir reçu des hôtes de marque, fit, selon sa coutume, sa visite au Xenodochium, qui était situé sur le bord de la route » (Vacandard, Vie de saint Ouen, in-8, 1902, p. 68).

28. « Aux Églises cathédrales étaient joints de grands bâtiments, de vastes cloîtres, où demeuraient avec l'Évêque tous les clercs attachés à sa personne et à

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