‹ Histoire de la charité (volume 3)Chapitre 102 sur 149 · Fréron, Année littéraire, 1769, GUI, viii, p · texte numérisé non relu

Fréron, Année littéraire, 1769, GUI, viii, p

19. État cle l'Auvergne en 1765 présenté à M. de l'Averdy par M. de Ballanvilliers. In-8, 199 p. Clermont-Ferrand, 1846, p. 92-93, Coiffier, op. cit., p. 257.

20. « En 1767, Mme Ducoudray obtint un brevet du Roi pour former des élèves sages-femmes dans tout le royaume... Le jugement des auteurs de l’époque lui est assez favorable » (Dr Péry, Recherches historiques sur l'école d'accouchement de Bordeaux... In-8, 26 p. Bordeaux, 1894). « Madame Le Boursier du Coudray, ancienne maîtresse sage-femme de Paris, après avoir exei’cé son art pendant seize ans dans la capitale, fut attirée dans la province d’Auvergne. Sa répu-

l’Est, nous la trouvons à Ghâlons en 1772 « à l’effet d’y instruire pendant l’espace de deux mois les sages-femmes de la province, ainsi que les femmes qui voudroient se destiner à travailler dans cet art pour le devenir. » L'Intendant offre de faire loger gratuitement les femmes désignées par MM. les Curés comme susceptibles de recevoir avec profit cet enseignement, et promet à celles qui sont dans le besoin un subside de 12 livres par mois 21 .

Les cours et écoles d’accouchement se multiplient de tous côtés. Les municipalités en fondent à Lille, Douai, Dunkerque (1762-1763); à Béthune (1772) 22.

La Province accorde aux élèves de l’école de Moulins 12 sols par jour 23 . Toutes ces créations sont bonnes; les Lieutenants du premier chirurgien du Roi tiennent de plus en plus la main à ce

tation fit accourir auprès d'elle beaucoup de femmes infirmes qui dévoient leursmaladies à la maladresse des sages-femmes ou des chirurgiens de village qui les avoient accouchées. Pour prévenir de semblables malheurs elle offrit de donner des leçons gratuites. M. l’Intendant applaudit à ce projet généreux et elle ouvrit son école » (Fréron, Année littéraire, 1759, XXXIII, i, p. 351-352).

21. Circulaire del’Intendant de Champagne à MM. les Curés ( Arch . de la Marne . C. 355).

« Il y a chaque année dans la généralité de Soissons, des cours publics et gratuits sur l’art des accouchemens ; un établissement aussi utile à la population est dû à la bienfaisance de M. Le Pelletier de Mor-Fontaine, Intendant de cette province (on distribue gratuitement par ordre de Turgot, contrôleur général des finances, un catéchisme sur l'art des accouchemens, par M. Augier du Fol, docteur en médecine) (Fréron, Année littéraire, CXXIX, iv, 1775, p. 136-137).

22. A. Faidherbe, Les accouchements en Flandre , avant 1789. In-8, 51 pages,. Lille, 1891, p. 8. Notes sur la médecine a Béthune avant 1789. In-S, 41 pages, Roubaix, 1891, p. 14.

« C’est seulement en 1779 que Mme Ducoudray, maîtresse sage-femme de Paris, brevetée et pensionnée du roi, vint professer à Tours la pratique savante des accouchements. C’est une date bonne à noter dans l’histoire de l'enseignement medical en Touraine. La ville d’Amboise envoya à ces cours quelques sagesfemmes pour profiter des leçons de Mme Ducoudray. » (Abbé Chevalier, Tnv. analyt. Archiv. comm. d'Amboise (1421-1789). In-8, xli, 522 p. Tours, 1874. Introduction, p. xxxix.)

23. Arch. Nat., F15 277. En l’an IV, l'administration centrale de l’Ailier demande le rétablissement de cette école fermée au début de la Révolution. On avait ouvert également un cours à Bordeaux en 1785.

Necker écrit le 29 janvier 1788, au sujet du cours d’accouchements ouvert dans la Généralité de Champagne : « Les Assemblées provinciales étant chargées de tout ce qui intéresse l’utilité de leurs provinces et de pourvoir à toutes les dépenses qui s’acquittent sur les fonds remis à leur disposition, les cours d accouchements font nécessairement partie, sous ces deux points de vue, des objets d’administration qui leur sont confiés. » ( Inventaire des Arch. de la Marne, t. IL C, 2881).

LES SAGES-FEMMES

que les femmes désirant se consacrer à la pratique des accouchements, possèdent au moins les notions élémentaires de leur profession. Néanmoins le mal est encore profond, etGallot s’exprime ainsi en 178 7 24. « Malgré les cours gratuits d’accouchements établis dans les généralités depuis quelques années, cette partie de la chirurgie est bien mal exercée par de pauvres femmes ignorantes 25 et souvent par des chirurgiens qui ne sont pas instruits 26. » Il n’est donc pas surprenant de trouver dans de nombreux cahiers des Etats généraux les réclamations les plus vives à ce sujet, on demande des écoles 27, des examens sérieux. « C’est la témérité, dit le Clergé de Dax 28, qui fait les sages-femmes, puisqu’elles osent exercer un art dont elles ne connaissent pas même les principes 29. »

24. Vues générales sur l'art de guérir , suivies de l’extrait d’un mémoire sur les causes des maladies populaires, adressé le 20 décembre 1787 à la Société de médecine de Paris. In-8, 24 pages, Paris, Didot, 1790. Gallot devint plus tard secrétaire du comité de salubrité de l’Assemblée constituante, comité qui avait pour président le docteur Guillotin.

25. Le comité de salubrité avait adressé une circulaire à tous les lieutenants du premier chirurgien du roi établis dans les provinces, plusieurs réponses à cette circulaire sont éparses dans les liasses de la série F15, aux Archives nationales. Lettre de Fournel, lieutenant du premier chirurgien établi à Ham (Somme), décembre 1790. « Il y a deux sages-femmes dans notre ville qui, sans être reçu, pratique les accouchemens, je vous priroit la dessus de me donner votre avis. Si je peux les faire recevoir ou les interdire, n’ayant pas les connaissances suffisantes de l’art qu’elle professe, d’après les fautes qu’elle commette journellement, tant dans la ville que dans les villages voisins. » Lettre du lieutenant du premier chirurgien à Meulan (30 novembre 1790) : « 11 y a une sage-femme, deux matronnes dans l’arrondissement qui ne scavent ni lire ny écrire, encore moins l’art d’accoucher » (Arch. Nat., F15, 2282).

26. Lettre de Muteau-Rocquemont, lieutenant du premier chirurgien à Mortagne (2 décembre 1790) : « Les autres chirurgiens font aussi les fonctions d’ajccoucheurs lorsqu’ils sont appelés ; en sont-ils tous capables ? C'est un problème que je ne veux pas me permettre de résoudre. »

27. On lit dans le Recueil de mémoires sur les moyens de détruire la mendicité (in-8°, 512 pages, Chaalons-sur-Marne, 1780, p. 146) : « Pourquoi le Gouvernement n’instituerait-il pas dans presque toutes les villes, comme il y en a déjà dans plusieurs, des écoles publiques et gratuites où l’on feroit des cours d’anatomie et d’accouchemens ? Là toutes les femmes qui se destinent à remplir ce devoir important dans les campagnes seroient obligés de s’instruire des principes et de la pratique de leur art. Forcées de subir un examen avant d’exercer, elles ne feroient pas en tâtonnant des épreuves si funestes à l’humanité. »

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